Journal d’expatriation #4 : 3 mois à Montréal

Voilà 3 mois que l’on a pris l’avion, le 30 octobre 2018 et que l’on vit désormais à Montréal, au Québec. Si ces semaines sont passées à une vitesse folle, il s’est également passé beaucoup de choses et pourtant, j’ai la sensation que l’on vit ici depuis bien plus que trois mois. Est-ce le froid de l’hiver qui suspend le temps ? Avant de passer à des articles plus informatifs vous racontant point par point toutes les étapes par lesquelles nous sommes passées Flavien et moi, j’avais envie de revenir un peu sur ces trois mois et de commencer à répondre aux questions que vous vous posez. J’ai comme d’habitude utilisé la fonction Questions d’Instagram pour que vous puissiez me questionner sur des choses auxquelles je n’aurais peut-être pas pensé. Si je ne réponds pas à tout ici et que vous ne voyez pas de réponse à votre question, pas d’inquiétude, cela veut dire que votre question correspondait plutôt aux prochains articles dans lesquels j’y répondrai en détails !

Pourquoi le Canada ? Pour combien de temps ?

C’est un pays que j’ai toujours beaucoup aimé, même si pour l’instant je ne connais qu’un bout de la province du Québec et que j’ai hâte de découvrir les autres ! J’ai la chance d’être allée deux fois au Québec lorsque j’étais toute petite puis d’y être retournée en 2017 avec Flavien. Même si ce n’était que des voyages et que mes souvenirs de quand j’étais enfant sont vagues, ce n’était donc pas un terrain complètement inconnu pour moi. Je suis retombée sur un vieux journal intime quelques semaines avant de déménager et j’y avais écrit en 2010 rêver d’avoir une maison au Canada. Alors visiblement, cette envie était déjà présente depuis un bout de temps ! Pour mon copain c’était pareil, on y est allé ensemble en 2017 et on a eu un vrai coup de cœur pour Montréal mais plus particulièrement pour la région et le pays dans son ensemble. On adore les grands espaces, les coins silencieux et vides et le Canada c’est tout ça : des forêts qui s’étendent à perte de vue, des lacs si grands que l’on se croirait au bord d’une mer ou d’un océan, des reliefs, une faune et une flore riches… tout ici nous plait et le choix n’a pas été difficile lorsque l’on s’est dit : allez, on part vivre à l’étranger ça y est ! Je n’ai jamais eu en tête ce fameux « rêve américain » qui est plutôt associé aux États-Unis qu’au Canada alors ce n’est pas le fait de vivre en Amérique (du Nord) qui m’a donné envie de déménager mais vraiment de vivre dans la partie Canadienne de l’Amérique du Nord.

Et puis, je parle pour moi ici — mais je sais que c’est aussi le cas pour Flavien — j’avais envie de voir comment c’était ailleurs. J’adore la France : on a la chance d’avoir un pays incroyablement riche culturellement comme géographiquement (et il est tellement important de réussir à le préserver ! L’herbe n’est vraiment pas plus verte ailleurs, on est vraiment très, très chanceux d’être Français malgré tous les défauts que notre pays peut avoir, comme tous les autres) mais j’aime aussi l’ailleurs et immigrer dans un pays c’est s’imprégner d’autre chose, s’enrichir intellectuellement et grandir aussi, peu importe l’âge que l’on a.

Pour ce qui est de la durée de notre expatriation : je ne sais pas. C’est une question que vous me posez souvent et à ce jour, je ne peux pas y répondre. C’est un si gros projet que je n’ai pas envie de me projeter, de la même façon qu’au début de l’année 2018 jamais je n’aurais pensé que l’on vivrait actuellement au Canada (en 2018, on pensait acheter une maison à Rennes !).

Comment vit-on le froid et la neige ? Et Newton ça va ?

Puisque l’on est en janvier, ce qui revient le plus souvent dans vos questions concerne le froid : est-ce qu’il est supportable, est-ce que la neige c’est si chouette que ça ? Je fais partie de ces personnes qui préfèrent le froid à la chaleur alors automatiquement, mon jugement est biaisé. Cela remonte à des années en arrière mais je viens des Alpes et suis littéralement née 2 pieds dans la neige, alors quand j’ai su qu’on allait vraiment s’installer ici ma première pensée a été « ENFIN, DE LA NEIGE ! » plutôt que de m’inquiéter de ma tolérance au froid. Et finalement, cette tolérance en froid, qu’en est-elle ? Je réponds à chaque fois la même chose : la clef, c’est les vêtements. Bien couvert, le froid ne passe pas au travers des couches. Bien sûr cela dépend aussi totalement de la résistance au froid de chaque personne : on a tous et toutes nos préférences et notre façon de réagir aux températures et les personnes frileuses auront sans doute plus de mal, comme les personnes ne supportant pas la chaleur auront plus de mal l’été. Avant de partir j’avais profité du fait qu’un magasin Uniqlo avait ouvert à Rennes pour faire le plein : je portais leur gamme Heattech depuis 2 ans déjà (celle en collaboration avec Princesse Tam Tam) et même si le froid en Bretagne n’est pas du tout le même qu’ici j’en étais déjà très satisfaite. Ici, je fais pareil : la technique de l’oignon. Une paire de collants (heattech ou non) lorsqu’il commence à faire vraiment froid (au dessus de -10°C je n’en ressens pas le besoin, en dessous je commence à faire plus attention) et surtout, tous les jours peu importe la température : un vêtement à manches longues toujours de leur gamme Heattech (il existe 3 gammes chez eux selon le degré de chaleur que vous souhaitez avoir, pour l’instant je suis toujours sur la première gamme et la seconde gamme mais j’ai aussi la troisième en stock). J’ai l’air d’être sponsorisée mais pas du tout : l’avantage de la gamme est que vous aurez chaud à l’extérieur mais pas à l’intérieur, pas besoin donc de prévoir de vous déshabiller complètement pour retirer votre première couche, la matière retient la chaleur corporelle mais ne vous surchauffe pas pour autant. Par dessus : vos vêtements habituels. Je mets très souvent une chemise puis un pull et ça me va parfaitement ! En gros, je ne change pas ma façon de m’habiller, je rajoute juste de fines couches dédiées à avoir chaud. Côté manteau, je n’ai pas enfilé mon manteau d’hiver avant qu’il ne fasse un ressenti -30°C et ce encore grâce à Uniqlo (toujours pas sponsorisée), juste avant de partir j’ai acheté l’une de leurs doudounes Ultra Light : toute fine, elle me permet de la mettre en dessous de mon manteau classique et avec ça plus une grosse écharpe, des gants et un bonnet je ne ressens plus du tout le froid ! Et pour mon manteau d’hiver ? Encore Uniqlo, j’ai opté pour le plus simple : tout prendre au même endroit plutôt que perdre du temps à comparer dans plein d’enseignes différentes.

 On récapitule :

Une paire de collants si il commence à vraiment faire froid (j’aime bien mettre un leggings en dessous et une bonne paire de chaussettes pour être bien au chaud au niveau des pieds)
Un pantalon (ou bien une jupe/une robe, les collants peuvent suffire aussi !)
Un t-shirt à manche longue Heattech Uniqlo
Une chemise, un pull (en bref vos vêtements habituels)
Une doudoune Ultra Light Uniqlo
Votre manteau habituel
Un bonnet, une grosse écharpe et des gants

Le premier hiver ici est souvent décrit par toutes les personnes que l’on croise comme un hiver un peu magique : c’est tout nouveau, on ne sait pas encore comment on vivra la fin (qui peut durer jusqu’à avril/mai, bye bye le printemps !) et on est encore dans cet état de découverte de la nouveauté. Mais avec la neige vient le verglas et ça, ici ou ailleurs, ce n’est jamais quelque chose de très agréable. Mes chaussures accrochent plutôt bien pour l’instant mais je fais tout de même très attention dès qu’il y a des épisodes de pluie verglaçante, qui comme leur nom l’indique sont des pluies qui se transforment ensuite en une très agréable couche de glace sur les trottoirs. Plutôt que de me retrouver avec les deux genoux cassés, je prends mon temps et veille à faire attention aux endroits où je pose mes semelles. Au delà du froid, le plus compliqué à gérer est le vent qui pique rapidement le visage lorsque celui-ci n’est pas suffisamment couvert, jusqu’à -10°C/-15°C ça reste supportable (même si la peau de mon visage un peu sensible picote). À partir de -30°C, c’est là qu’il faut vraiment bien se couvrir et c’est aussi là que je mets mon gros manteau d’hiver plutôt que mon manteau habituel. Je sens l’air dans ma gorge se sécher instantanément et mon nez geler : pas question de laisser trop de peau dehors.

Par contre, et ce n’est pas lié là au froid mais à l’hiver en lui-même : ce qui semble difficile à vivre ici ce n’est pas la neige ou le froid mais la luminosité. Et je comprends pourquoi l’hiver est long et visiblement difficile à vivre à la fin : on est vite fatigués par le manque de lumière.

Pour ce qui est de Newton, il adore la neige. Et je pèse mes mots : il est surexcité quand il y a de la poudreuse et ne veut qu’une seule chose : courir et sauter dedans ! Par contre à l’inverse il n’aime pas le froid et rechigne souvent quand les températures sont trop basses. Et puis il déteste la pluie aussi. On a la chance d’avoir un jardin et quand on ouvre la porte qui y mène, il passe de la surexcitation au dépit en 2 secondes quand il voit qu’il fait froid ET qu’il pleut. À l’extérieur en balade, son poil est suffisamment dru pour bien le protéger et on ne reste pas statique avec lui donc il ne semble pas en souffrir, il est juste frileux et aime bien le confort de son panier (et on le comprend !). Pour les trottoirs on lui tartine les coussinets de wax quand on sort dehors ou bien on lui met des sortes de petits ballons aux pattes (très pénibles à mettre, pour l’instant on préfère vraiment la wax qui le protège bien du sel et du gel !). On aimerait pouvoir lui mettre des chaussons mais (préparez-vous à rire), on n’en trouve pas qui protègent suffisamment sans être trop longs : ses micro-pattes de Corgi sont trop courtes et les chaussons habituels ne lui vont pas car trop longs. Par contre, depuis qu’il fait vraiment froid il se met à manger de la neige et c’est plutôt casse-tête : bien qu’ayant toujours beaucoup à boire à sa disposition, c’est mauvais et il oublie même d’en faire ses besoins tant il est occupé à tenter d’attraper un bout de neige sans qu’on ne le voit.

Et tes chats ?

Puisqu’une expatriation au Canada ne suffisait pas, on a emmené avec nous Newton, notre chien, ainsi que Brume et Plume nos deux chats. Rien que ça ! Je vous parlerai en détails de tout ce qu’il faut faire pour les emmener avec vous mais pour ce qui est de leur bien-être actuel, Newton va très bien, même s’il a quand même eu une petite période d’adaptation où on le sentait un peu angoissé, à présent ça va beaucoup mieux il a l’air de se sentir super bien et d’adorer son nouvel environnement. Pour les chats, Plume s’est très vite adaptée, elle est du genre plutôt très chill et tant qu’elle a de quoi manger et des coins confortables où dormir, tout va bien pour elle ! C’est pour Brume que c’est plus compliqué : elle me ressemble un peu finalement et a besoin de temps pour se sentir à l’aise. Elle semble encore un peu angoissée et se fait ses petits coins pour se sentir bien mais on lui laisse du temps, on l’incite à venir dormir avec nous la nuit pour qu’elle soit rassurée et peu à peu, on voit bien qu’elle commence à prendre un peu plus ses aises. En tout cas, avec l’hiver d’ici et même si elles ne sortent pas, elles sont devenues toutes les deux encore plus fluffy que les années passées et n’ont jamais été aussi belles avec leur gros poil d’hiver !

 

Ai-je des amis québécois ? Comment connaître du monde ? Ta famille te manque ?

J’en avais vaguement parlé mais nous avons déjà des amis qui vivent à Montréal et d’autres très bons amis arriveront également très prochainement ici à Montréal. C’est un gros avantage et une expérience différente d’arriver dans un pays sans connaître personne. Puisque je n’ai jamais été dans l’optique de partir pour tout reconstruire à zéro ailleurs, je suis très contente de cette situation, d’autant plus quand ce sont des amis que l’on aime vraiment beaucoup ! Avec Flavien nous n’avons chacun qu’une toute petite famille (pas de grands parents, d’oncles, de tantes, de cousins…) alors nos ami·e·s sont aussi un peu notre famille. Et quoi de mieux que d’avoir un bout de sa famille avec soi ? Pour ce qui est des québécois, les gens sont très accueillants, vraiment adorables pour la plupart (on rencontre évidemment des exceptions comme partout !) cependant, et je parle là de mon expérience personnelle et ça n’a pour moi pas de lien avec le fait d’être québécois ou autre : on arrive dans des âges où l’on a nos vies, nos amitiés, à 20 ans c’est plus simple de se faire de nouvelles amitiés qu’en approchant la trentaine. Je pense qu’il est plus facile de se faire des amitiés ici (et dans n’importe quel pays je le répète) lorsque l’on est par exemple étudiant·e ou que l’on travaille dans une entreprise québécoise plutôt que dans un contexte de quotidien classique, à faire ses courses au supermarché du coin. Je ne suis pas absolument dans l’optique de me lier d’amitié à tout prix avec des québécois (ou en tout cas je ne vais pas les harceler) : ce que je veux dire par là c’est que si ça arrive tant mieux, c’est trop cool ! Mais si ça n’arrive pas ce n’est pas grave, je ne serai pas non plus déçue.

Pour ce qui est de connaître du monde, je n’ai pas encore de réponse parfaite. Je suis assez solitaire et très anxieuse lorsqu’il s’agit de rencontrer de nouvelles personnes et ce n’est pas évident pour moi, ici comme en France, d’aller découvrir de nouveaux endroits seules. (Vous allez peut-être vous dire : pourquoi être partie de France alors ? Et… pourquoi pas ?) Donc pour moi, rencontrer du monde, ici ou ailleurs, n’est pas une priorité absolue. J’aime bien être parfois au contact des gens comme dans les cafés mais ce n’est pas quelque chose qui est vital à mon quotidien. Il y a comme partout la possibilité d’aller dans des cafés ou bien dans des coworkings, de participer à des rencontres, des meetups, des conférences… un peu comme en France finalement ! Le fait de changer de pays ne change pas les modes d’interactions sociales, en tout cas pas au sein d’une société occidentale qui a je trouve des codes très similaires d’un pays à un autre. En tout cas, pour ce qui de mon propre ressenti, je n’ai pas envie de me forcer à rencontrer des gens « parce que je suis au Canada ». J’ai envie de m’écouter et de prendre soin de moi avant tout et de ne surtout pas m’enfermer dans des situations anxiogènes. En tout cas, je ne considère pas mon expérience de l’expatriation comme étant ratée si je ne rencontre pas à tout prix de nouvelles personnes :)

Te sens-tu chez toi ? Est-ce comme être en vacances ?

Je me suis sentie chez moi dès l’instant où l’on est arrivé. Déménager à deux est un gros plus également : si ça ne va pas, Flavien est là et inversement. Et puis il y a internet, même si je me sens physiquement très loin de la France, je sais que je peux avoir des nouvelles facilement de ma famille ou des proches qui y sont ! Pour ce qui est d’être comme en vacances : oui. J’ai l’impression de vivre dans un film américain h/24 et le fait de vivre dans un autre pays/sur un autre continent accentue cette impression de ne pas se sentir tout à fait dans un vrai quotidien. C’est probablement lié au fait que l’on est ici que depuis peu de temps et j’imagine que la sensation s’atténuera avec le temps mais c’est tellement chouette d’être dans cette sensation un peu en suspend alors que notre quotidien a repris !

Ressens-tu le mal du pays ? Qu’est-ce qui te manque ?

Pour l’instant non, mais il est trop tôt encore. 3 mois c’est finalement très court et pour l’instant je vais bien. Les seuls moments où j’ai des coups de mou sont uniquement liés au manque de lumière, mais c’est des coups de mou que l’on ressent tous et toutes régulièrement après les fêtes et que j’avais déjà lorsque je vivais en France. J’attends de voir après plus de mois la façon dont je ressentirai cette distance. Par contre, et ce n’est pas forcément le mal du pays, je ressens très fortement le fait de vivre sur un autre fuseau horaire. Cela donne la vraie sensation de vivre complètement en décalage par rapport à la France et de vivre un peu à retardement certaines choses. Côté travail c’est plutôt chouette puisque l’après-midi en France il est déjà plus de 18h alors je suis plus tranquille et peux vraiment me concentrer sur mon activité au lieu de répondre constamment à des mails, mais côté blog et Instagram par exemple, aussi futile que cela puisse paraître, ce n’est pas forcément évident de savoir quand et à quel moment poster. Poster à 8h ici équivaut à poster en milieu de journée pour la France.

Pour ce qui est des choses qui me manquent, je répondrais pareil : pour l’instant rien car je ne suis pas partie depuis suffisamment de temps pour ressentir un quelconque manque. Par contre, profitez en Europe de n’avoir aucun frais de douane lorsque vous commandez à l’étranger (en Europe). Quel bonheur ! J’ai l’impression que le Canada est une île coupée du monde quand je vois les frais de douanes appliquées aux quelques commandes que j’ai pu passer jusqu’à maintenant.

Comment t’habitues-tu à la nourriture ?

J’aime beaucoup manger et on entend souvent dire que la nourriture en Amérique n’est pas idéale. C’est vrai… et faux. Effectivement, il est très facile de manger « à l’américaine » : à savoir gras et à base de fast-foods. Mais si vous cuisinez, il est aussi tout à fait possible de manger exactement comme en Europe ! Pour nous, rien n’a changé : je ne suis pas une férue d’aliments gras et lourds (à part le mac’n’cheese, le grilled cheese et la Poutine évidemment que j’aimerais consommer si possible matin, midi et soir) — et plus je vieillis plus je constate que je digère de plus de moins en moins bien ce type de plat — mais depuis qu’on est ici on mange la même chose qu’en France : on trouve les mêmes ingrédients pour faire les mêmes plats. Je suis végétarienne et c’est très facile de manger végéta*ien ici. Par contre, étant la seule de mon entourage à l’être, je regrette souvent de ne pas voir suffisamment d’options végétales quand on va dans des bars. Il y a beaucoup plus de restaurants/cafés à tendance végéta*ienne mais dans les endroits plus populaires les options sont un peu moins répandues sur les cartes. On m’a également demandé si j’avais pris du poids et… non. Mais je suis un cas particulier, si je me réfère à ma taille j’ai toujours été considérée comme en étant en sous-poids et j’essaie depuis des années de prendre quelques kilos sans y parvenir. Je ne suis donc pas forcément un exemple, j’ai même perdu du poids (je perds très facilement malheureusement) depuis qu’on est arrivé. Je ne pourrai donc pas vous donner une vraie réponse à cette question, cependant c’est comme partout : le poids change selon ce que vous faites, vous pouvez bien sûr manger à l’américaine, gras et lourd tous les jours, mais vous pouvez également manger sain sans pour autant y mettre une fortune !

À quoi ne t’habitues toujours pas au Québec ?

Pour l’instant encore, rien de spécial. Par contre la seule chose qui me « pose problème » (c’est un très très grand mot !) est le fait de ne jamais savoir si je dois tutoyer ou vouvoyer mon interlocuteur·trice. Je pensais que cela avait un lien avec la situation et l’âge des personnes et que les personnes les plus âgées vouvoyaient forcément et inversement, les personnes plus jeunes tutoyaient forcément et au final pas du tout. Alors j’attends souvent de voir quel pronom utilise la personne en face de moi pour m’adapter mais cela m’arrive souvent de vouvoyer puis de tutoyer et inversement, de tutoyer et de repasser sur le vouvoiement. Le tutoiement/vouvoiement a toujours été un souci pour moi en France, j’ai énormément de mal à tutoyer les gens que je ne connais pas (hormis les gens plus jeunes que moi ou bien jusqu’à un peu plus de trente ans lors de situations détendues) et ici je trouve que c’est très aléatoire alors je ne sais jamais pour l’instant sur quel pied danser. Pour vous donner un exemple : notre banquier nous tutoie tandis qu’une serveuse dans un bar m’a récemment vouvoyée après que je l’ai tutoyée lors de notre première interaction. Bref, c’est vraiment un point étrange : je ne suis pas hyper douée en interactions sociales alors choisir entre le tutoiement ou le vouvoiement c’est une vraie plaie pour moi, je ne sais jamais et me rate à chaque fois. Bon, ce n’est pas non plus très grave : j’adapte ensuite quand je vois ce pour quoi opte la personne en face :)

Et les pourboires ?

C’est quelque chose qui pourrait à l’inverse sembler beaucoup plus compliqué mais pas du tout : on s’y fait vite. Ici tous les prix sont indiqués hors taxes, il faut donc compter environ 15% en plus du prix affiché, cela vaut pour les magasins comme les bars, restaurants, musées… bref, tout ! Dans le cadre d’un endroit où l’on vous offre un service (un restaurant par exemple), il vous faudra automatiquement ajouter 15% à la note finale pour tipper. Ne rien donner est très mal vu et est très rare : vous ne donnez aucun tip quand vous avez vraiment eu une très, très mauvaise expérience et que vous comptez ne plus jamais revenir. Généralement si vous avez une mauvaise expérience vous donnez simplement un pourboire moins conséquent (10% environ). Pour ma part, je donne rarement le pourboire le plus bas (15%) et préfère plutôt donner 17 ou 18% quand je suis contente. Les salaires sont assez bas et les pourboires font vraiment partie de la paie des personnes en face de vous, même si la méthode est très discutable (l’idéal serait de relever les salaires et d’inclure les pourboires aux prix affichés plutôt que de soumettre les personnes à une « note » à propos se leur service) donc ayez bien en tête ça : donnez toujours un pourboire. Généralement lorsque vous payez par carte le TPE vous propose d’entrer votre propre pourboire (à vous de calculer et de donner ce que vous jugez être cohérent par rapport au service donné) ou bien de directement choisir un pourcentage, pas de panique donc ! Et si vous avez du mal, regardez votre facture : en bas vous verrez affiché les taxes (TPS et TVQ), additionnez-les et vous aurez directement les 15% à donner. Dans un bar si vous ne consommez qu’une seule boisson qui ne coûte pas très cher, l’usage est de donner 1$.

On récapitule :

0% si vous vivez une expérience désastreuse
1$ dans un bar lorsque vous consommez très peu
10% si le service n’est pas fou mais que ça ne mérite pas pour autant de ne rien donner
15% le pourboire classique
17-18% chouette service : la personne a été agréable, à l’écoute, rapide…
+ de 18% quand vous êtes très très content·e·s et que vous avez passé un super moment

Est-ce facile de trouver un logement ?

Pour cette question, je vous parlerai plus en détails de toutes les façons dont vous pouvez trouver un logement ici à Montréal mais en attendant je vous redirige vers l’épisode 2 de mon Journal d’Expatriation dans lequel j’ai raconté toute notre recherche jour après jour ! Mais est-ce facile ? Oui et non : c’était compliqué pour nous parce qu’on a deux chats et un chien mais c’est très certainement bien plus simple si vous n’avez aucun animaux avec vous. La grosse majorité des logements sont gérés entre particuliers alors pour vous aider, cherchez Kijiji et Craiglist par exemple.

Et alors, tu t’y plais ?

So far, so good! Je dirais que oui, vraiment. Montréal est une super ville, les environs sont parfaits et il y a tant de choses à faire que notre liste d’endroits à visiter n’est pas prête d’être terminée.. D’ailleurs, fin février on va à New York !

Il y a sûrement plein d’autres questions auxquelles je n’ai pas répondu : je suis en train de rédiger les articles un peu plus « techniques » pour vous raconter/expliquer comment se passe une expatriation/immigration. J’espère que celui-ci comme les prochains sauront déjà vous éclairer !

10 commentaires sur “Journal d’expatriation #4 : 3 mois à Montréal

  • Repondre Emilie Tam

    Ah j’aime les longs articles comme ça :)
    J’ai plein de choses à dire mais je vais sûrement en oublier ! Déjà je suis à Montréal depuis deux ans et demi, pour situer un peu. Pour le plus simple : tu ou vous, personnellement je tutoie généralement sauf dans « s’il vous plaît » qui est genre une expression à part entière ici. Tu peux te faire tutoyer et dans la même phrase te faire dire « s’il vous plaît ». Après personne ne se formalise si tu tutoies et vouvoies alternativement. Au début je butais un peu là dessus et finalement je relaxe bien la dessus :)
    Pour les amis, j’avoue que je ne suis pas d’accord. Je vois assez peu de différence entre les québécois et les français finalement. J’ai autant de questions sincèrement intéressées ici, des échanges très chaleureux sans toutefois devenir tout de suite amis, mais vraiment comme en France. C’est pas si facile de se faire des amis à plus de 30 ans finalement ! Où qu’on soit. Bon moi j’ai un joker : un petit garçon de 5 ans qui fait que je rencontre facilement d’autres parents ! (Puis bon je suis pas très bonne en sociabilisation alors j’ai besoin de faire des efforts donc je suis finalement pas une référence ! Haha !)
    Allez je finis en te disant qu’on prend un café ensemble quand tu veux !

    • La Mouette
      Repondre La Mouette

      Je vis l’expérience sans doute un peu différemment : je suis freelance et travaille essentiellement de mon domicile, d’où le fait que je précise que mon expérience soit un peu biaisée (ça + le fait que je sois vraiment très introvertie et assez silencieuse lorsqu’il y a du monde, ça change un peu tout par rapport à ton expérience je pense) ! Et puis c’est un peu comme partout, Québec, France ou ailleurs, les gens ne répondent pas à un schéma classique et sont tous différents ! Pour les québécois que j’ai pu rencontrer c’est un peu comme ça que j’ai pu le ressentir (mais il y en a peu, les québécois rencontrés dans les cafés ou autres ne comptent pas puisqu’il n’y a pas de vraie interaction !) Merci pour ton ressenti en tout cas, ce qui est chouette avec l’expatriation c’est que toutes les expériences sont hyper différentes ! Et avec plaisir pour le café ! :)

      • Repondre Emilie Tam

        Oui c’est tellement lié à une expérience personnelle en fait ! D’ailleurs j’ai vécu un an au Japon où les règles pour rencontrer des gens sont tellement complexes, ça influence forcément le reste de mes expérience :)
        Cool pour le café ! On se contacte sur IG !

  • Repondre Lilouuuu

    Super intéressant cet article, j’aimerai beaucoup visiter le Canada, ça à l’air magnifique, j’adore les pays froids et puis j’ai envie d’aller voir des grands lacs, des forêts et de la neige !!
    Bisous

  • Repondre Sophie

    J’apprécie beaucoup tes articles comme celui-ci dans lequel tu prends le temps de raconter les choses.
    Et ceux sur ton expatriation me font voyager par procuration ! J’ai vécu dans plusieurs régions françaises avant de revenir à « la maison », en région parisienne. Notre (mon conjoint + nos 2 fils) dernière expérience n’a pas été un succès, alors revenir dans une région que l’on connait était comme une évidence.
    Je pense comme toi qu’une fois passé la 20aine, les rencontres sont moins évidentes. Les enfants, ça aide car tu es amenée à rencontrer régulièrement les mêmes personnes et que le contact peut finalement se faire au fur et à mesure.
    Sinon, sans se mettre la pression, je trouve qu’en faisant un pas, puis l’autre, vers les gens que l’on croise régulièrement, comme les voisins, le facteur ou les commerçants, on finit par commencer à briser la glace avec certaines personnes. Et sans nécessairement se faire des amis, c’est agréable d’avoir ces connaissances autour de soi que l’on prend plaisir à croiser.

    En tout cas bravo d’avoir franchi le pas et de vivre votre rêve. Qu’il ne dure que quelques temps ou que ce soit pour toujours, vous ne regretterez pas cette belle aventure !

  • Repondre Florine

    c’est vraiment intéressant de lire ton recul par rapport à ce début d’expatriation. Tes photos instagram font franchement rêver, j’adore la neige personnellement ! On en a toujours une petite journée à Paris mais tout fond le lendemain. Ce projet d’expatriation, on l’a aussi en tête avec mon copain. Il en a toujours parlé et on se penche davantage sur la question pour début 2020. On regarde un peu les pays et c’est vrai que le canada fait parti de notre liste ! Il y a beaucoup de pays difficilement accessible niveau visa pour y bosser… Merci pour ton retour en tout cas, j’aime lire des témoignages d’expatriées :)

  • Repondre plastic surgeon

    Habitué à la Tunisie, lorque j’ai visité Montréal wow un froid glacial pour moi :/

  • Repondre La Maudite Française

    Quel beau billet, et surtout je suis vraiment étonnée du recul que tu as en seulement 3 mois. Je n’étais pas rendue si loin dans mes réflexions à l’époque de mon arrivée.

    Comme toi, je constate que créer de nouvelles amitiées dans la trentaine est moins « évident » que la vingtaine. Les études, les sorties favorisent pas mal les rencontres. En même temps en vieillissant, même si les rencontres sont moins foisonnantes, on prend plus le temps de les construire et les relations les plus authentiques sont celles qui perdurent, qu’on se voit souvent au non. Ça donne l’impression d’avoir moins d’amis ou de rencontrer moins de nouvelles personnes peut-être, mais est-ce qu’on est moins bien entouré pour autant? Peut-être pas, ces relations-là sont aussi plus profondes parfois que des amitiés de circonstances. Bref, comme tu le dis, c’est trèes personnel. Et comme toi et Émilie le mentionnez, mon expérience personnelle me fait aussi constater que le travail ou les enfants peuvent être un bon moyen de favoriser les rencontres. Mais mon p’tit doigt me dit que ton blog pourrait être un bel outil de socialisation aussi ;)

    Oh et pour a nourriture, Montréal regorge de restaurants en tout genre. Étonnament beaucoup proportionnellement au nombre d’habitants. Beaucoup de bonnes adresses à tester, pour changer du fast food. Mais si on ne cherche pas absolument à trouver les mêmes produits qu’en France (bien qu’on trouve pas mal tout honnêtement), on peut très bien manger et à des prix raisonnables (sauf le fromage j’avoue! haha même si le fromage québécois est pas mal bon et tout de même abordable).

    Bon j’ai écrit un roman, mais je suis ravie d’avoir découvert ton blogue! Au plaisir de te recroiser ici (ou autour d’un café qui sait? – allez l’introvertie en moi se lance aussi), et bonne poursuite dans ton aventure montréalaise. :)

    • La Mouette
      Repondre La Mouette

      Merci beaucoup ! C’est difficile oui, j’ai toujours eu un peu de mal de mon côté avec les interactions sociales alors ce n’est pas forcément quelque chose que je prends négativement ou bien que je prends comme un « but absolu », je chéris mes proches et ne ressens pas le besoin d’avoir plus (quand on est ado on croit que la quantité prime sur la qualité, en vieillissant la tendance finit par s’inverser).

      C’est clair que pour la nourriture il y a tellement de choix ici, mon Mapstr regorge d’adresses à tester de tous les styles je suis ravie !

      Merci pour ton petit (grand) mot en tout cas ! Au plaisir de se croiser également :)

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