Mon parcours scolaire et professionnel

Bonjour tout le monde ! Récemment sur Instagram je vous ai proposé de vous parler un peu plus en détails de mon parcours scolaire et professionnel pour enfin vous dévoiler ce qui se cache derrière La Mouette, recevant régulièrement des questions à ce propos parfois par simple curiosité et souvent pour vous renseigner sur votre propre parcours en cours. Alors je vous raconte tout point par point dans cet article ! Attention, c’est long. Préparez-vous une grande tasse de thé peut-être :)

Aussi loin que je m’en souvienne j’ai toujours dessiné et j’ai toujours adoré ça. La phrase un peu bateau que l’on se dit est que lorsque l’on grandit on arrête souvent de dessiner, moi, je n’ai jamais arrêté. À regrets, je n’ai pas dessiné assez à mon goût pour avoir un niveau vraiment exceptionnel aujourd’hui mais tout de même, depuis la primaire où je faisais des dessins pour mes camarades de classe jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours eu un crayon et une feuille pas loin de moi. Arrivée au collège, comme beaucoup d’entre nous il fallait commencer à penser à son avenir. Ce que je trouvais déjà ridicule et que je trouve encore ridicule à présent mais soit, j’en parlerai un peu plus tard dans cet article. J’étais un peu perdue, j’étais mauvaise en mathématiques et déjà à ce moment là être plus tournée vers la littérature était considérée comme être moins bonne. Cela va s’en dire que tout cela est faux, les sciences dures ne sont pas meilleures que les sciences molles ou la littérature mais visiblement, les clichés ont la peau dure et préférer les lettres aux équations fait de nous des personnes moins intéressantes.

Je ne savais donc pas vraiment quoi faire et comptais aller par défaut en section L dans mon lycée de proximité. J’avais toujours eu quelques souhaits de profession mais rien de bien passionnant qui me faisait vraiment vibrer. J’ai longtemps souhaité être journaliste mais vous devez voir de quoi je veux parler, entre l’idée que l’on a de la profession lorsque l’on est adolescent·e·s et ce qu’est vraiment la profession avec toutes les difficultés qu’elle engendre, il y a un sacré gap. Une amie m’a parlé à ce moment là de la section Arts Appliqués d’un lycée un peu plus loin de là et ça a fait tilt. J’en ai à mon tour parlé à mon professeur d’Arts Plastiques qui pendant tout mon collège était toujours derrière moi pour me pousser à faire mieux (et comme je le remercie encore aujourd’hui !). C’était une école publique mais le diplôme (un baccalauréat STI Arts Appliqués à l’époque, aujourd’hui appelé ST2A) était sélectif et pour y entrer il fallait obtenir un nombre de points, écrire une lettre de motivation et avoir un bon dossier. J’ai été acceptée et en septembre 2007 j’arrivais au lycée avec mon grand carton à dessin tout neuf et ma petite malette à outils remplie de pinceaux, de peinture et de marqueurs. Les 3 ans sont passés parmi lesquelles j’ai souvent eu beaucoup de remises en question. Je me rappelle m’être demandée à chaque début d’année si je souhaitais vraiment poursuivre dans cette voix là. Jusqu’à la fin de mes études cette interrogation ne m’a jamais quittée et ce n’est qu’en commençant à travailler que j’ai vraiment su.

Le baccalauréat Arts Appliqués, c’est quoi ?

Puisque cela peut peut-être vous intéresser je profite de cet article pour vous raconter un peu plus en détail en quoi consiste ce diplôme (les matières ont probablement un peu changé depuis mais le socle doit rester similaire d’après les programmes actuels). À l’époque, il s’intitulait bac STI Arts Appliqués (Science et Technologies Industrielles des Arts Appliqués), à présent il s’agit du bac ST2A (pour Sciences et Technologies du Design et des Arts Appliqués). Le bac Arts Appliqués est  très différent d’un bac général avec une option Arts Plastiques par exemple. Il ne s’agit ici pas d’une option mais bien d’une spécialisation en 3 ans, il s’agit effectivement d’un baccalauréat technologique qui comporte un programme général classique (après comparaison avec le programme de mon copain ayant fait S, les mathématiques semblent se rapprocher du programme S en moins poussés), la seule différence est de ne pas avoir eu de SVT pendant mes années de lycée (mon seul regret, j’aurais adoré !). À ce programme classique était ajoutées entre 15 et 20h (je n’ai pas de souvenir exact) de matières telles que de l’Histoire de l’Art, de la Recherche Appliquée (des projets visant à concevoir par exemple un packaging de produit, des premiers croquis jusqu’au produit final en volume), des cours de dessin à proprement parler (par exemple l’apprentissage de la perspective et du dessin plus technique), de l’Étude de Cas qui comme son nom l’indique nous donnait à étudier par exemple une collection de mode, un objet, un œuvre architecturale…

La formation en Arts Appliqués étant générale pour nous préparer le plus possible à la suite, elle visait à couvrir tous les champs de la discipline durant trois ans, à savoir le design de produit, le design de mode, le design graphique et le design d’espace. Ça a été trois années passionnantes tant les sujets et projets étaient variés et formateurs. J’ai conservé tous mes travaux et l’évolution est flagrante tant le programme était concentré. Ça a été trois années particulièrement intenses (je me souviens de toutes ces multiples nuits à travailler dans nos chambres d’internat pour terminer à temps nos projets, assises par terre au milieu de nos planches et de tout notre matériel) et j’en garde un très bon souvenir. À la fin de ces trois années et avant nos épreuves de bac il nous a fallu regrouper tous nos travaux et sélectionner ceux qui nous semblaient être les meilleurs pour les présenter, avoir une note globale sur ceux-ci et passer un oral devant un jury qui sélectionnait un des travaux que nous devions soutenir. Côté bac, il y avait 3 épreuves en plus de nos épreuves classiques : une épreuve de 8h en Recherche Appliquée où il fallait concevoir le packaging d’une marque de chocolat de luxe, une épreuve de 4h d’Étude de Cas où nous devions analyser une robe de papier d’un couturier brésilien présentée à une Fashion Week (je triche, j’ai relu le sujet, je n’ai pas une si bonne mémoire) et une épreuve d’Histoire de l’Art plus classique. Pour les personnes n’ayant pas de bac Arts Appliqués (souvent nécessaire pour accéder à des écoles dans le champ des Arts Appliqués), il y a la possibilité de faire une Mise à Niveau (MANAA) qui en un an regroupe l’essentiel de la formation.

Je ne connais à présent pas le parcours de tous mes camarades de classe, cependant je sais que l’on a tous et toutes des parcours assez différents. Il y a Carla (cette fameuse amie qui était avec moi au collège) qui a monté sa marque Gang de Fesses il y a plus d’un an, Jennifer qui est devenue illustratrice, Emmanuelle désormais tatoueuse, Valentine à présent GraphisteAnne illustratrice et Xavier également, une amie a réalisé son rêve et est devenue costumière dans le sud de la France, un ancien camarade travaille également désormais au Studio Illumination Mac Guff… Les profils et parcours sont comme vous le voyez assez différents les uns des autres et d’après ce que je sais concernant mes ancien·ne·s camarades, la transition scolaire/pro n’a pas forcément été simple dans ce milieu mais une chose est sûre : les parcours sont tous extrêmement variés tant il existe de voies et de spécialisations possibles. Difficile donc de vous conseiller UN parcours particulier pour atteindre tel ou tel métier tant il existe de chemins différents (et cet article va vous le montrer tant mon propre parcours est particulier).

Et après le bac ?

Durant tout mon lycée j’ai été assez hésitante quant à la suite. Je souhaitais au tout départ plutôt me diriger vers du design d’espace, puis j’ai fini par plutôt me rapprocher du design graphique. Comme beaucoup d’élèves en Terminale on est allé à toutes les portes ouvertes des grandes écoles Parisiennes, à savoir Duperré, Boulle, Olivier de Serres et Estienne. J’ai été fascinée par Estienne qui est une école excellente plutôt spécialisée en print, en illustration et en arts du livre, le recrutement ultra sélectif ne m’a à l’époque même pas donné envie d’y postuler (ça + le fait que ce soit à Paris, la vie là bas ne m’a jamais donné très envie) tant je savais que mon niveau en illustration n’était pas suffisant pour y prétendre. J’ai donc postulé à deux écoles à Lyon dans deux BTS Communication Visuelle option Print (il existe également le même BTS en France mais option Multimédia) : l’École Bellecour, une école privée à laquelle j’ai été prise après entretien ainsi que La Martinière Terreaux qui était mon premier vœux et dans laquelle j’ai également été prise et que j’ai choisie. À partir de là, patatras ! Dès les premières semaines je savais que je voulais partir. Pas parce que je n’aimais pas l’école et la formation (qui sont toutes deux excellentes) mais parce qu’une fois encore j’étais perdue. Après 3 années intensives, j’avais la sensation d’être épuisée et je n’étais plus certaine de vouloir travailler dans ce milieu. Je n’arrivais plus à dessiner, mes notes excellentes en arts appliqués pendant tout le lycée ont complètement chutées tant je n’arrivais plus à produire et à apprécier ce sur quoi je travaillais. J’ai tenu plusieurs mois avant de poser ma démission quelques mois avant que l’année se termine puis de quitter l’école.

Si je devais le refaire, je ne sais pas comment j’envisagerais la situation, les mois de transition entre la fin et la rentrée d’après ont été très compliqués : aucune expérience professionnelle me permettant de trouver un petit boulot (Mc Donald’s compris !), je n’ai donc rien fait durant toute cette période et l’ai très mal vécu. J’ai déprimé de long mois et ai broyé du noir pendant tout ce temps, partagée entre la culpabilité d’avoir quitté une école excellente dans laquelle j’avais été prise et le soulagement d’avoir pris la décision d’arrêter quelque chose qui me rendait vraiment malheureuse. Je suis allée consulter un conseiller d’orientation qui après discussion et à la vue de mon profil et de mes préférences m’a indiqué que le journalisme était fait pour moi. Sauf que… non. Et c’est là que je ne suis pas d’accord avec la façon dont on nous/s’oriente : un goût particulier dans une matière ou dans un secteur précis ne le fait pourtant pas être une potentielle piste professionnelle. Le manque de vision d’ensemble pendant toute notre scolarité nous fait parfois complètement louper le coche et heureusement qu’il n’est pas essentiel d’avoir un parcours tout tracé « parfait » (même si c’est aussi très chouette de savoir ce que l’on veut faire dès le début !) pour trouver sa voie. Je ne connais pas les autres systèmes scolaires dans les pays autres que la France cependant ce que je peux reprocher au système français est de caser les élèves dans un seul parcours généraliste puis de leur demander de se spécialiser (mais pas trop pour ne pas trop sortir de la normalité) une fois presque au début de leur vie professionnelle lorsque l’on débute nos études.

Choisir de se réorienter

Toujours perdue, j’ai donc choisi de me réorienter et d’aller voir ailleurs en dehors domaine des Arts Appliqués ce que cela pouvait m’apporter. Sans trop savoir où j’allais et pourquoi, je me suis inscrite dans une Licence Information Communication à l’Université de Rennes 2. J’étais de nouveau motivée, curieuse de voir ce qu’allait donner la fac et si j’allais aimer cette ambiance de travail. Sans dire avoir adoré ma licence, je l’ai pourtant vraiment beaucoup aimée. J’y ai découvert la sociologie, ai ouvert mon esprit et ai appris à confronter mes propres opinions pour faire grandir mon argumentation et ma vision du monde et de la société. C’est cette même année que j’ai créé mon blog, l’été 2011 juste avant d’arriver à la fac. Je remercie mon moi de l’époque d’avoir osé ouvrir mon blog car sans lui, toute la suite ne se serait sans doute pas déroulée de la même façon. Ne pas avoir su quoi faire après le bac m’a servi de leçon en bien : nous n’avions aucun stages obligatoires à faire (et j’en suis toujours très étonnée !), j’ai donc choisi d’en faire deux durant ma licence, le second ayant débordé sur ma première année de Master puis un troisième s’étant transformé ensuite en alternance pendant mon année de Master 2. Toutes ces expériences me paraissent aujourd’hui essentielles et c’est souvent ce que je le conseille lorsque l’on me demande des conseils : faites des stages, n’attendez pas que votre école vous donner l’expérience pour trouver un travail. C’est à vous de vous créer votre expérience pour que votre profil sorte du lot. À la fin de ma licence, j’ai postulé à un Master spécialisé dans les stratégies et pratiques de communication digitale.

Pour être complètement sincère, ce dernier a été complètement inutile. Je m’étais toujours fixée en tête que je voulais aller jusqu’au Bac +5 sans raison particulière, une Licence ne me semblant pas suffisante à ce moment là (cette vague idée que les diplômes sont importants…). J’ai détesté ma dernière année de Master : j’ai encore fait face à une longue période de remise en question, me suis rendue compte que le secteur de la communication ne m’allait pas et que mon tempérament réservée ne collait pas avec le peu que j’avais pu voir du domaine. J’ai séché énormément de cours pendant cette année là pour avoir le temps de faire autre chose en parallèle de mon alternance et tout en recommençant à broyer du noir quotidiennement, je culpabilisais beaucoup par rapport à mes camarades de promo : j’essayais de créer mon entreprise, de me faire connaître, de créer (c’est en janvier de cette dernière année que j’ai créé la marque Atelier Mouette)… et ces cours séchés ressemblaient de l’extérieur à une simple flemme de ne pas aller en cours et de me tourner les pouces en pyjama chez moi. J’avais recommencé à dessiner et à publier ce que je faisais depuis quelque temps et pendant toute mon année d’alternance j’étais chargée de créer du contenu visuel (illustré, photographique, vidéo…) pour l’agence où j’étais. Cette mince expérience m’a permis de me rendre compte au fil du temps que finalement, ça y est, je retombais enfin sur mes pattes. Ce que j’avais quitté au début de mes études était au final ce que j’aimais le plus et j’avais simplement eu besoin de faire une pause de 5 ans pour m’en rendre compte et grandir.

C’est là que je rebondis sur ce que je disais en début d’article : demander à des adolescents en fin de collège de savoir ce que l’on veut faire plus tard n’a pas de sens. Beaucoup de personnes ont été dans mon cas : à arriver en fin de Master en n’ayant toujours aucune idée précise de la suite. C’est les expériences qui nous apprennent ce qui nous va ou non, ce que l’on aime ou non et ce qui nous convient… ou non. Ayant déjà le statut de micro-entreprise depuis quelques années et avant même de terminer mon Master et mon alternance j’ai commencé à avoir quelques demandes professionnelles en terme de graphisme. (J’ai d’ailleurs appris cette même année que j’aurais pu éviter de faire une alternance puisque j’avais déjà ma propre entreprise, vous avez la possibilité de transformer un stage obligatoire de fin d’étude en une longue période pour créer votre entreprise, pour ma part l’alternance m’a aidé à savoir ce que je voulais faire mais j’aurais aimé que l’on nous communique cette information pendant notre formation) Ça m’a en quelque sorte mis le pied à l’étrier et mon copain qui était en CDI à l’époque m’a proposé d’essayer pendant un an de travailler à mon compte et de voir si ça m’allait et si ça fonctionnait. Si ça ne fonctionnait pas au bout d’un an, tant pis, j’aurais au moins essayé ! J’ai eu cette vraie chance à ce moment là de pouvoir essayer et d’avoir au besoin mon copain ou mes parents si vraiment ça n’allait pas. Je suis complètement consciente de ce privilège et les remercie sincèrement d’avoir été derrière moi pour me soutenir au besoin pendant les premiers mois, pendant toute mes études mon domaine d’étude (je sais que cela diffère parfois selon les domaines d’activité) j’ai été rémunérée au minimum légal et sans le soutien de mes parents, jamais je n’aurais pu me créer ces expériences (puisque j’aurais dû avoir un job alimentaire m’empêchant d’avoir le temps d’avoir des stages à temps plein) qui ont conduit à mon statut de Freelance d’aujourd’hui. À ma grande surprise, ça a fonctionné. Je n’ai que très peu démarché et aujourd’hui encore, tous mes clients viennent d’eux-même et c’est au fur et à mesure exponentiel : plus je travaille et plus j’ai de travaux à montrer et plus j’ai de clients qui me contacte. Grâce à mon blog et à Instagram j’avais déjà de côté suffisamment de contacts me permettant de dénicher des missions et peu à peu j’en ai eu de plus en plus.

(…) il est nécessaire de parler, partager, comparer et prendre de la distance par rapport à une situation qui de l’intérieur parait parfois inextricable.

Avec du recul, tu aurais fait autrement ?

Aujourd’hui, avec du recul je peux aisément faire le point et le bilan de toute cette période qui quand je la vivais me paraissait parfois compliquée, parfois floue. Pendant ma dernière année de Master je me rappelle m’être levée chaque matin en larmes, perdue de ne pas savoir quoi faire, où aller, de réaliser ne pas aimer le domaine dans lequel j’étudiais depuis 5 ans… en somme, définitivement pas la meilleure période de ma scolarité. Pendant cette période cependant, ce qui m’a permis de prendre du recul, de réfléchir et d’ouvrir un peu les yeux sur ce dont j’avais besoin a été d’en parler. Je parlais constamment avec mon copain qui m’a aidée à regarder ma situation sous un nouvel angle. Je suis encore tellement reconnaissante de toute l’aide qu’il m’a apporté car c’est certain, sans les longues heures passées à en parler, je n’aurais peut-être pas décidé de sauter le pas de l’entreprenariat. Être seul·e pendant ces périodes ne donne selon moi jamais rien de bon, au contraire il est nécessaire de parler, partager, comparer et prendre de la distance par rapport à une situation qui de l’intérieur parait parfois inextricable. À ce moment, en parler m’a montré que si je voulais faire autre chose c’était possible, qu’avoir fait 5 ans d’études en Communication ne m’obligeait pas à poursuivre dans cette voie là et qu’il n’était pas forcément nécessaire de passer par une agence, un poste fixe pour ensuite être Freelance. Ce que je veux dire par là, c’est qu’il n’y a pas de voie toute tracée et qu’il n’y a surtout pas de parcours parfait mais des parcours multiples qui correspondent à ce que vous êtes. Ce que je vois de l’extérieur aujourd’hui est qu’avoir un parcours tout tracé dans un même champ (artistique pour moi) n’aide pas forcément à trouver du travail dans ce domaine. C’est la pluralité de mon parcours qui à terme m’a permis d’avoir du travail et c’est la diversité de mes compétences qui ont fait que le parcours que j’ai aujourd’hui est ce qu’il est. Ouvrir un blog, me former seule à côté des études… tout ça a fait, j’en suis sûre, que j’exerce le métier que j’aime. Mes 4 années en Arts Appliqués ont été complètement complémentaire à mes 5 années en Communication et même si lorsque j’ai quitté mon BTS je l’ai pris à l’époque comme un échec, aujourd’hui je le vois plutôt comme une force.

Est-ce que pour autant j’estime que mes études ont été inutiles ? Non, mile fois non ! Aujourd’hui j’ai un bac +5 et mis à part mon lycée et ma première année de BTS qui m’ont vraiment fournies des compétences et un socle artistique solide, le reste ne m’est foncièrement pas utile en terme de compétences professionnelles aujourd’hui, par contre tout ce reste m’est utile en terme de compétences personnelles. La faculté m’a ouvert l’esprit, m’a permis d’approfondir des sujets qui m’intéressaient vraiment à l’inverse d’un parcours tel qu’un BTS qui a le défaut (ce que je considère personnellement comme un défaut et qui a en partie fait que je n’ai pas aimé ma propre expérience) d’être très scolaire sans permettre d’approfondir et d’aller plus loin.

Comment as-tu su que tu souhaitais être Freelance ?

J’ai l’impression ne pas avoir forcément le profil type d’une personne Freelance : je n’aime pas particulièrement la compétition, je suis facilement stressée, je suis vite très mal à l’aise en groupe… et pourtant j’ai plein d’autres traits de ma personnalité qui y correspondent. J’aime mener des projets à bien, je suis organisée, durant toute ma scolarité j’ai toujours aimé diriger des travaux (complètement incohérent par rapport au fait d’être mal à l’aise en groupe), je travaille efficacement et j’ai toujours terminé tous mes travaux dans les temps voire largement en avance. Je n’ai pas LE parcours type de la personne dégoûtée du salariat puisqu’à part mes stages, mon alternance ainsi qu’un été en Intérim, je n’ai pas d’expérience professionnelle réelle ni d’expérience du salariat en tant que telle. Cependant, ces quelques expériences assez variées (lorsque j’étais en Intérim je travaillais dans un centre qui traitait toutes les contraventions automobiles : il fallait produire, produire, produire et respecter des chiffres tout en étant soumis d’une façon que je trouvais particulièrement ridicule à une hiérarchie très peu souple). Peu à peu au fil des années, sans pour autant remettre en cause les différents seuils de la hiérarchie — je n’ai jamais eu de soucis particuliers avec celle-ci — j’ai vite été lassée par ces différentes couches et par le malaise que je ressentais en travaillant pour quelqu’un sans avoir l’assurance suffisante pour oser réellement donner mon avis et prendre des initiatives. Et ma volonté de devenir Freelance s’est aussi faite en parallèle avec ma conscience politique qui a de plus en plus évolué. J’ai commencé à trouver ça ridicule, toutes ces strates, ces façons de travailler qui ne correspondaient pas à ma propre vision des choses et la manière dont notre société fonctionne de manière générale. Le travail est au cœur de tout et ce que l’on fait professionnellement définit toujours qui l’on est, comme si réussir professionnellement faisait de notre vie une vie réussie. Et qu’à part le travail, il n’y avait rien, que du vide. Que prendre des vacances étaient parfois accompagné d’un « Ah… » inquisiteur. À ce jour il n’y a pas encore de solution pour ça, j’avais un jour abordé le sujet du travail et du bonheur dans un ancien article et le chemin est long encore avant que l’on ne change la façon dont notre société fonctionne. La solution trouvée pour s’en défaire pour être épanouie était de travailler pour moi. C’était ça : travailler à mon rythme, sur des projets qui me plaisent vraiment et finalement être un peu égoïste de ne pas vouloir travailler pour des gens ou des choses en lesquelles je ne crois pas. Ne croyez pas que je travaille depuis uniquement sur des projets que j’aime, parce que non, pas du tout ! Au tout début j’ai photographié une compétition de camions (oui, oui, de camions !) et puis j’ai surtout fait beaucoup boulots mal payés parce que trop junior pour avoir la confiance nécessaire en moi pour oser être payée correctement. Aujourd’hui cela fait presque 3 ans que je suis à mon compte et si vous vous demandez si j’en vis, la réponse est oui. Mon activité principale n’est pas celle de blogueuse (je sais que beaucoup d’entre vous le pensent et je suis toujours étonnée de lire ça !) mais celle de graphiste-illustratrice. Je crée également du contenu photo pour des marques à quelques occasions étant aussi passionnée de photographie depuis toute jeune adolescente. J’ai à côté l’Atelier Mouette sur lequel je travaille désormais avec Victoria depuis presque 2 mois et enfin, mon blog est ma troisième source de revenus. Suis-je riche ? Non, je gagne bien ma vie et je suis surtout épanouie, ça c’est certain !

Si cela peut vous intéresser et pour compléter cet article, j’ai d’ailleurs parlé de mon ressenti quant au fait d’être introvertie face à l’entreprenariat dans l’excellent podcast de Julie Être Soi : lien de l’épisode ici.

Quelles études faire pour devenir illustratrice ?

Si vous avez lu avec attention mon article, vous aurez compris que je n’ai malheureusement pas de réponse à apporter à cette question puisque je n’ai pas fait d’études pour devenir illustratrice. À l’instar des études pour devenir graphiste, le métier d’illustrateur·trice est je crois plus compliqué à apprendre au sein d’une formation. Il est utile je pense de suivre des cours pour avoir des bases (de couleurs, de perspective, d’anatomie, de maitrise de logiciel de PAO…) mais c’est ensuite à vous de vous faire votre propre formation pour avoir votre propre style. Je me suis perfectionnée en dessin particulièrement durant mes 3 années de lycée mais après ça, plus rien n’a été en relation avec cette activité là et comme beaucoup de personnes exerçant ce métier je me suis formée seule au fil des années et je suis en perpétuelle formation tant l’illustration est un métier qui se pratique, s’améliore et évolue. Cette réponse ne vous conviendra probablement pas alors ce que je peux par contre vous conseiller est de pratiquer le plus possible. Il n’y a pas de secret, c’est en pratiquant que votre niveau évoluera et c’est en publiant les travaux que vous estimez pouvoir promouvoir votre travail que vous pourrez par la suite (peut-être, là encore ce secteur est tellement aléatoire qu’il n’y a pas de solution miracle) décrocher des contrats. Dessinez le plus possible, pratiquez, montrez, échangez et faites vous connaître ! Jouez des réseaux sociaux pour peut-être vous créer un compte Instagram dédié à vos travaux, créez-vous un portfolio en ligne… bref, montrez ce que vous souhaitez montrer pour avoir une présence en ligne et surtout essayez le plus possible de croire en vous !

Pour conclure

Si je devais vous faire parvenir un message ce serait de vous faire confiance et de ne surtout pas vous renfermer sur votre situation. C’est dur quand on ne sait pas où l’on va et qu’on a la sensation d’être bloqué·e dans une situation qui ne nous convient pas mais ce qui est certain c’est que toutes vos expériences sont enrichissantes. Il existe probablement des personnes qui avaient une vocation et qui ont suivi un parcours tout tracé mais il existe aussi plein d’autres personnes qui ont arrêté, changé et modifié leur parcours pour atteindre un nouveau point de leur vie. Une situation n’est pas meilleure qu’une autre, elles sont juste différentes. Il n’existe pas de parcours idéal et parfait mais plein de parcours qui correspondent à plein de profils uniques. Faites vous confiance et soyez bien entouré·e. L’idée n’est pas non plus de vous jeter dans une impasse et de vous enfermer dans quelque chose qui ne vous convient pas mais d’avoir aussi conscience des écueils dans lesquels vous pouvez vous trouver et des potentielles erreurs que vous pourrez faire, ces erreurs n’étant pas non plus forcément négatives !

Et vous, je suis curieuse, quel est votre parcours, que faites-vous maintenant ? Si vous aviez une seule chose à dire à votre moi de 17 ans, ce serait quoi ?

16 commentaires sur “Mon parcours scolaire et professionnel

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    Repondre Aurore

    Merci pour ce bel article ! Pour ma part je siis actuellement en première année de master achats dans le but de devenir responsable achats sur un site de production. Passes une douce journée ✨
    Aurore

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    Repondre Mélodie

    Merci pour cet article, c’est vraiment super de lire d’autres parcours scolaires ! (Surtout quand on est aussi dans le métier haha). Pour ma part j’ai commencé à faire une année de bac pro Métiers de la Mode (je voulais absolument devenir styliste et je n’avais pas été acceptée en Arts-Appliqués) et là, catastrophe, la formation me plaisait mais j’ai eu des relations plus que compliqués avec mes camarades de classe (j’étais la plus jeune et la plus âgée m’appelait cochon… parce que j’ai la peau rose). Après une année j’ai su que je ne pourrais pas rester 3 ans là-bas, j’ai donc retenter l’Arts-Appliqués mais avec une seconde professionnelle je ne pouvais être prise ni en seconde ni en première (ils prenaient chaque année autant de nouveaux que ceux qui avaient choisi d’arrêter). J’étais donc partis pour un an de seconde générale afin de pouvoir postuler à nouveau. Et cette fois c’était la bonne ! J’ai donc fait le Bac Arts-Appliqués un peu plus tard que toi, le STD2A du coup (Et oui, D pour Design et 2A pour Arts-Appliqués, petit Eratum ). Ensuite j’ai fait une année de BTS Métiers de la Mode à la Martinière à Lyon parce qu’une prof m’avait dit «c’est fait pour toi». Grave erreur, là encore échec total, après un bac avec 20h d’AA par semaine c’était vraiment un BTS technique avec 2h d’AA par semaine et 20h de cours techniques. J’ai détesté et j’ai démissionné après la première année. Mais j’ai profité du stage de fin d’année pour essayer le Design Textile (j’étais aussi très perdue, je ne me voyais pas faire autre chose que de l’art appliqué mais je ne me sentais pas assez douée pour plein de chose…). J’ai aussi consulté un conseillé d’orientation qui m’a dit «vous êtes faîtes pour des études longues». Ah bien merci beaucoup. Au final j’ai postulé pour un BTS Design de Mode Textile et Environnement option Textile Matériaux Surface (bonjour le nom à coucher dehors) à Roubaix. Alors autant j’ai adoré le design textile, les motifs autant le stress de la formation a été très dur à vivre… J’ai perdu toute confiance en moi. Cette année je suis en Erasmus à Leeds en Angleterre. Les profs sont tellement plus ouverts ! Ils te laissent vraiment libre de créer ce que tu aimes, de faire ce que tu souhaites, d’expérimenter. C’était ce qu’il me fallait. J’ai repris confiance en moi, j’aime à nouveau le design textile et plus important encore j’aime ce que je fais. Mais maintenant j’ai peur de retourner étudier en France, je ne veux pas revivre mon BTS… Du coup je suis à nouveau perdue, un Master à l’étranger ? Un Master pro pour travailler à moitié ? Rester dans le textile ou essayer le graphisme qui m’intéresse aussi ? En tout cas pas de DSAA, je laisse tomber le cursus standard des études de Design. Je ne regrette aucun de mes choix, ils m’ont permis de grandir. En revanche je regrette que le système français ne soit pas plus à l’écoute. Voilà un (très) long message pour un parcours (très) cahotique. Merci à toi de partager tout ça !

    • La Mouette
      Repondre La Mouette

      Ton parcours et ton ressenti ressemblent beaucoup à tout ce que j’ai pu ressentir : un trop plein de tout et des expériences plutôt variées. Le système français mériterait vraiment d’évoluer dans le sens des élèves plutôt que dans le sens des débouchés qui à mon sens ne veulent rien dire. Choisir une voie « parce qu’il y a des débouchés » sans l’aimer réellement et sans s’y faire des expériences ne veut rien dire. C’est en essayant qu’on apprend et qu’on réussit à savoir ce qui nous convient ! Merci pour ton message c’est super intéressant !

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    Repondre Auriane

    L’aspirante illustratrice qui sommeille en moi et qui lit cet article à 17h un vendredi avant de quitter son boulot d’employée de bureau te remercie pour ce bel article ! ça me conforte dans ma volonté d’y arriver tôt ou tard :)
    Plein de bonnes choses à toi pour la suite de ton activité!

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    Repondre Amandine

    Merci beaucoup pour cette article !

    De mon côté, j’ai 31 ans et je te rejoins complètement sur ta vision du parcours professionnel dans son ensemble.

    Pour ma part, je n’ai su qu’en terminal ce que je souhaitais faire après le bac. Ma passion du cinéma de l’époque m’a dirigée vers une mise à niveau BTS Audiovisuel qui a été mon année d’études préférée puis j’ai intégré le BTS Audiovisuel Option Montage en alternance. Je n’ai jamais aimé l’école et souhaitait travailler le plus tôt possible. Je ne suis pas restée dans mon entreprise après mon diplôme car mon employeur me devait 6 mois de salaire à la fin de mon contrat et je refusais de rentrer dans ce jeu. Pendant 1 an, j’ai donc travaillé gratuitement pour me faire de l’expérience. Puis j’ai commencé à avoir de petites rémunérations jusqu’à en vivre pleinement 2 ans après la fin de mes études.

    Au bout de quelques années et avec du recul, je pense que j’ai fait un burn-out. On a tout vendu avec mon copain et nous sommes partis 1 an en Nouvelle-Zélande. Moi qui avait toujours rêvé de voyager, j’ai réalisé un rêve et surtout réalisé que le voyage (qu’il soit dans un autre département ou un autre pays) était une expérience indispensable. Je n’ai pas trouvé de réponses à mes questions. Mais j’ai découvert qu’il me manquait une expérience humaine.
    A notre retour nous n’avons pas eu envie de réintégrer la vie parisienne et avons choisi de nous installer en Guadeloupe d’où vient mon copain. Je ne désirais même pas continuer le montage mais par la force des choses j’ai continué pendant deux ans et demi.

    Aujourd’hui, je travaille comme vendeuse et continue à faire un peu de montage à mon compte. Je ne sais pas encore vers quoi je vais. Depuis ma sortie du Bac, j’ai toujours été persuadée que je ne serai pas monteuse toute ma vie.
    C’est une période assez difficile puisque j’ai été mon propre patron pendant près de 10 ans. Mais je m’arme de patience, je me dis que j’arriverai à trouver ce qui m’épanouit.

    Merci encore à toi pour tout ce travail qui est si inspirant!

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    Repondre Fanny | Parenthèse Citron

    Ton article est vraiment intéressant et je ne l’ai pas trouvé long, au contraire tu écris bien alors il se lit très vite et avec plaisir.

    Je suis d’accord avec toi sur le fait que les études ne conditionnent pas à un métier, voire même pas à un secteur, et qu’on est globalement assez mal orientés en France.

    Depuis très jeune j’ai deux aspects forts de ma personnalité qui sont le lien social (volonté d’interactions à travers un métier, et de me sentir utile) et une ambition artistique, qui ressortaient à peu près à chaque test que j’ai pu faire de l’école primaire au bilan de compétences d’une entreprise liée à Pôle Emploi quand j’ai fait une pause (non choisie) entre licence et master. Pourtant, comme j’étais plus forte en Français et Langues, je me suis laissée diriger docilement vers un bac L, puis nécessitant à l’époque un bac+3 pour intégrer une école de journalisme, vers une licence en Langues à Poitiers (je suis Rochelaise). Sans trop réfléchir, finalement, du moins il me semble. Durant ma licence j’ai effectué des jobs d’été et un stage en lien avec le tourisme, ça me plaisait donc j’ai demandé un master tourisme à Clermont-Ferrand (que je n’ai pas eu mais où j’ai quand même suivi mon copain qui lui, avait eu le sien en Physique). Pendant 2 ans j’ai été assez perdue, j’ai voulu me réorienter vers quelque chose de plus artistique (sauf que je suis une quiche en dessin, pour le coup), j’ai pensé à faire une manaa (mais repartir pour 4 ans quand je venais d’en baver 3 en LEA alors que ça ne me plaisait pas trop, bof), puis j’ai tenté d’être fleuriste (reçue à l’école je n’ai par contre pas trouvé d’employeur pour l’alternance), et j’ai fini par être assistante d’éducation 1 an pour me laisser le temps de réfléchir. J’ai pensé à faire l’iufm de Clermont (quand je dis que j’étais pommée…) et y avais été reçue, mais finalement j’ai réopté pour un master tourisme à Toulouse, et ai eu la chance d’y être acceptée (c’était sur dossier et oral et vu mon cursus en langues et non tourisme et mes notes de licence, je n’en menais pas trop large, j’ai dû montrer beaucoup de motivation). Coup de bol, mon chéri y allait lui aussi pour sa thèse (et le soutien mutuel ça a été juste génial). Au final j’ai adoré ces deux années (genre vraiment) et mes notes l’ont d’ailleurs montré, mais je ne me sentais pas légitime en tourisme (n’ayant pas commencé dès le bts) et pleine de lacunes. J’ai donc décidé (à travers stages + 2 mémoires) de me spécialiser en web tourisme et stratégies digitales (je te rejoins un peu), en me formant beaucoup. A la fin du master, j’ai aussitôt créé mon autoentreprise en Social Media Management, mais n’étant pas très douée pour le démarchage j’ai eu essentiellement un client important pendant 5 ans et de rares autres contrats, pas de quoi en vivre dignement. Je me suis rendu compte au fil du temps (et de la monétisation des RS) que mon manque de motivation venait du fait que ça me plaisait moins et que j’avais besoin de m’avouer vouloir encore me réorienter, je n’étais plus du tout en phase avec moi-même. Il y a un an et demi, j’ai decidé de me lancer comme photographe, donc à nouveau à partir de compétences et connaissances acquises en autodidacte (le Social Media Management n’était pas enseigné durant mon master), sauf que cette fois j’avais pris le temps de bien mûrir et j’étais à l’aise. Le fait est que ça me convient bien, que me sentant plus légitime forcément je me sens mieux en démarchant. Surtout, j’ai davantage confiance en moi (et le blog et insta m’ont beaucoup apporté dans ce domaine) quand il s’agit d’en parler. Mes premiers contrats m’ont confortée dans l’idée que j’ai fait le bon choix (ma seule frustration étant de ne pas avoir le droit encore de travailler aux USA, ce qui complique un peu, mais je ne désespère pas). Avoir des retours positifs et la possibilité d’un vrai recul sur ce que je fais c’était quelque chose qui me manquait avec le Social Media Management. Et puis là je ne dépends que de moi-même, le résultat ne repose presque que sur moi et loin de me mettre la pression, ça me soulage.
    Tout ce (trop) long témoignage pour dire que moi non plus je ne regrette pas mes études même si elles n’ont aucun lien avec mon activité (mais pour le coup vraiment aucun ! :D). J’ai beaucoup appris en méthodes et dans des matières que j’affectionnais (sociologie aussi, marketing, droit) et ai développé des compétences organisationnelles et acquis des connaissances importantes au quotidien, et effectivement comme tu le dis, une ouverture (tes mots résonnent vraiment en moi) essentielle sur le monde.
    Pour autant, il ne faut pas hésiter à tracer un autre chemin que celui des études effectuées (mon erreur de ne pas repartir sur une manaa en 2009 ou 2010, peut-être) ou que celui montré par les psychologues d’orientation des écoles (« tu as des compétences littéraires ? Oublie les sciences ! » ), il faut apprendre à écouter la voix au fond de soi (même si elle est faible parfois quand on est jeune). Ça peut mettre des années et prendre de sacrés chemins de traverse, mais je crois que le secret de l’épanouissement au travail tient dans le fait d’arriver un jour à bien comprendre nos attentes et nos envies et à en tenir compte :) Et la différence entre notre génération et les précédentes, peut-être, c’est qu’on en est très conscients et qu’on accepte bien moins les compromis ou une situation pro qui ne nous apporte rien sur le plan personnel ;)

    En tout cas, bravo pour cet article, ça me conforte encore plus dans mes choix récents et à venir ! ❤️

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    Repondre Camille

    Merci pour cet article, même si je n’ai pas le même parcours que toi, il fait écho en moi.

    N’ayant aucun intérêt pour les sciences et n’étant pas très bonne en littérature, j’ai fait un bac ES, pour rester dans le moule et plaire à mes parents. Mais j’ai toujours été moyenne parce que ça ne m’intéressait pas plus que ça. En terminale, au moment des vœux à formuler, je n’avais pas de vocation. Je savais que je ne voulais pas faire d’école de commerce ou science po. Mais concrètement je ne savais pas ce que je voulais faire. J’ai fini en fac de psychologie, je m’y étais inscrite parce qu’à ce moment-là quelqu’un de ma famille allait mal et la psyché a commencé à m’intéresser.

    La première année de psycho est assez déroutante mais de manière générale la licence en elle-même m’a beaucoup plu. Moi qui était une élève moyenne, j’ai vu mes notes remonter parce que les matières m’intéressaient. Arrivée en Master, année de la spécialisation (oui on se spécialise très tard) j’ai fait face à plusieurs déconvenues. Au point que j’ai fini l’année complètement déprimée et au bord du burn-out. J’ai décidé de lâcher mes études, complètement dégoutée et étant persuadée que je ne reviendrai jamais sur les bancs de la fac. A cette époque j’ai réalisé que notre système scolaire clochait. On « force » les gens à suivre un parcours général, sans éveiller leur intérêt pour telle ou telle activité puis au dernier moment on leur demande de choisir leur parcours professionnel… Je trouve que c’est mal pensé.

    Ça fait maintenant deux ans et demi que j’ai arrêté mes études. Je ne suis pas restée sans rien faire parce que je travaille chez Picard pour avoir quelques économies. J’ai profité de ce temps pour moi pour voyager, découvrir des activités comme la couture que j’adore. Mais j’avoue que au bout de deux ans, je commence à en avoir marre de mon job alimentaire. J’ai envie de reprendre des études, courtes de préférence, mais dans quel domaine ? Là est la question primordiale. Je suis perdue par rapport à tout ça car je n’ai pas de vocation, il n’y a pas de métier qui fait battre mon cœur plus qu’un autre. Du coup en ce moment c’est le flou complet, je ne me sens pas à ma place dans ma profession mais je ne sais pas particulièrement quoi faire d’autre. Réflexion en cours…

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    Repondre Juliette

    À croire que tu sais exactement quand poster un article. C’est en ce jour que j’en avais besoin, durant cette semaine difficile de retour de vacances passées dans ma famille à une école d’ingenieur où je ne me sens pas vraiment à ma place. Je passe mon bac à 17 ans, je suis perdue, j’hesite Entre la fac de médecine et une prépa scientifique. Puis je finis par opter pour la deuxième, en me disant que ce sera un peu comme au lycée et que le lycée, ça me convenait plutôt bien.
    Finalement, je donne tout pour obtenir une grande école sur concours, j’ai mis ma vie entre parenthèses pendant les six derniers mois (et accessoirement ma santé) pour finalement arriver ici et être déçue des matières, découvrir cette société que tu décris si bien et à laquelle je ne m’étais pas vraiment intéressée depuis ma bulle en prepa. Cette idée de travail qui fait le bonheur, cette société dans laquelle une entreprise ne sert qu’à faire du profit (j’extrapole mais c’est ce que j’ai retenu de ma rentrée en école), tout ça m’a encore plus perdue.
    Aujourd’hui, je ne sais plus quoi faire, continuer mon école, à deux ans et demi du diplôme, et m’assurer un job (mais je déprime déjà en regardant les descriptions des offres d’emploi…) ou bien repartir pour une dizaine d’année d’études et devenir médecin (ce que je souhaitais faire au collège, puis après aussi).
    Bref, ton article m’a parlé de A à Z, m’a redonné espoir et un (petit) peu redonné confiance en moi, alors pour tous ces mots : merci !

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    Repondre marionromain

    Très intéressant cet article, Florence (et sans tasse de thé pour accompagner ma lecture ! ;)
    Il me tardait de le lire, et je note que je me suis reconnue en pas mal de points.
    De mon côté, j’ai aussi pris le risque de quitter la voie pour laquelle j’ai fait 5 ans d’études… pour des broderies et des gravures, un domaine dans lequel je suis parfaitement autodidacte. Et c’est vrai que ça suscite souvent des « Ah… » un peu circonspects quand j’en parle dans mon entourage, qui peut avoir du mal à comprendre ce choix de vie.

    Oui ça me donne le vertige si je m’arrête à réfléchir à ce que j’ai fait, non je ne sais pas ce que je ferai dans 5 ans, dans 10 ans, peut-être que mes envies auront changé, mais ce qui est sûr, c’est que non, si je voulais m’écouter juste un peu, je sais que je ne pouvais pas rester plus longtemps – au nom d’une soit disant sécurité financière – dans la voie que j’avais initialement choisie.

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    Repondre Elora

    Wahou ton article est génial ! Très bien écrit et très intéressant. Je suis en train de me lancer en free lance (graphisme) et j’avoue qu’apres Lecture de ton article ça me donne encore plus envie et plus confiance en moi. J’étais hésitante et je me disais que je n’étais pas à la hauteur alors qu’en faite il suffit simplement de faire le premier pas et le reste suivra ! Si ça marche tant mieux et sinon pas de regrets j’aurais au moins essayé

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    Repondre Juliette B

    Le parcours scolaire et professionnel…
    Une grande histoire !

    Pour ma part, j’ai eu un parcours assez vallonné, et éparpillé, mais au final, je me demande si ce n’est pas pour le mieux… En tout cas, aucun regret pour ces années de papillonnement parce que j’ai tant appris !

    J’ai commencé par un baccalauréat scientifique parce que « tu verras ça ouvre toutes les portes ». Après ça, un peu perdue dans mes envies, très peu et surtout mal renseignée sur toutes les filières existantes, je me suis lancée dans une licence Anglais / Sciences politiques. Passionnant, mais vraiment, aucune idée d’où ça pouvait me mener. Enfin… en vérité, aucun débouché ne me faisait vibrer.

    Et puis finalement, milieu de L3, l’heure de vraiment se poser pour savoir quoi faire de sa vie est arrivée. Et en discutant avec une vieille connaissance qui était en Arts Appliqués, ça a été le déclic : moi aussi je voulais dessiner des chaussures et fabriquer des animaux en fils de fer !

    J’ai donc entamé ma reconversion en arts appliqués, avec une MANAA, puis un BTS Design Graphique, puis un Master Direction Artistique parce que, pourquoi s’arrêter en si bon chemin !

    Après 8 ans d’études toutes catégories confondues, et quasiment autant à entendre que j’allais galérer une fois arrivée dans le monde professionnel, j’avais carrément peur de ne jamais y arriver et de ne pas trouver le job qui me correspondait.

    Une opportunité de free-lance est apparue, je l’ai saisie… Et j’ai effectivement galéré financièrement pendant un an. Mais grâce au soutien indéfectible de mes parents, j’ai maintenu le cap jusqu’à vraiment comprendre que ce n’était pas pour moi, qu’il me manquait de la stabilité, que la compta c’était vraiment un aspect de la vie d’entrepreneur que je n’arrivais pas à gérer et que je fonctionnais mieux en équipe.

    Donc il a fallu se lancer dans le grand bain de la recherche d’emploi en région parisienne. C’était difficile, parce que globalement, t’es toujours en compétition avec 400 autres personnes, et même si tu fais partie des 10 selectionnés pour passer l’entretien… Et bien les chances sont maigres et on peut facilement se décourager.

    J’étais pile dans cette phase quand une ancienne camarade d’école m’a appelé parce que son agence de communication Genevoise cherchait un Directeur Artistique Free Lance pour quelques semaines. J’étais effrayée à l’idée de m’expatrier même pour quelques semaines, mais c’était justement la peur qui t’indique le chemin à suivre.

    Ca c’était il y a deux ans.
    Je ne suis jamais rentrée à Paris.
    Après 4 mois, ils m’ont offert un poste de DA en CDI, je me suis installée en Haute-Savoie , je suis devenue Frontalière, et ma vie entière a changé.

    Ca fait donc deux ans que j’ai la stabilité qu’il me manquait, et je crois que je suis bientôt prête à me challenger à nouveau, pour une nouvelle étape tournée vers l’inconnu… J’ai terriblement envie de fabriquer des objets, mais je laisse cette idée mûrir et éclore au moment opportun. Et je ne suis pas inquiète, la vie saura m’offrir l »opportunité de bouleverser ma vie à nouveau, il suffira juste de dire ok.

    C’est fou, ça fait du bien de faire le point comme ça sur son parcours !

    En tout cas merci pour ton article :)

    • La Mouette
      Repondre La Mouette

      Hello Juliette ! Merci beaucoup pour ton témoignage ! C’est vraiment trop chouette de lire autant de parcours si différents dont le tien qui montre à son tour que peu de personnes suivent un chemin tout tracé sans se poser mille et une questions à un moment ou à un autre. Je suis ravie pour toi que tu aies réussi à trouver l’endroit où tu devais être et où tu sembles être épanouie. Comme tu le dis, la vie est longue et tu as encore plein d’années pour changer et faire de nouvelles choses !

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    Repondre Mademoiselle Scintille

    Coucou !!! Déjà merci de partager ton parcours avec nous, je suis sûre que ça pourra aider quelques personnes ! Ensuite, je trouve ça cool qu’au début tu galérais un peu beaucoup par manque d’expérience, on y passe tous et les recruteurs l’oublient un peu.. et puis qu’au final aujourd’hui tu fais quelques chose que tu aimes et où tu t’épanouis !!! :) C’est un très bel exemple !

    A très vite :)

    • La Mouette
      Repondre La Mouette

      Hello ! Avec plaisir ! Oui complètement, c’est ce que je reproche à beaucoup de personnes : tout le monde a commencé quelque part un jour et il faut bien passer par le stade débutant pour ensuite évoluer. Merci pour ton message ! :)

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    Repondre Maïlys LD

    Du coup, je me suis réellement préparé une tasse de thé ! ;)

    Je suis comme toi, je trouve ça ridicule de devoir choisir dès le collège ce que l’on veut faire. Même au lycée je trouve ça limite. Bien souvent, tu t’engages dans des études qui finalement ne te correspondent pas toujours ou qui te mènerons à un métier spécifique que tu n’appréciera pas forcément.

    Je trouve aussi que les conseillers d’orientations ainsi que tous les tests possibles ne nous oriente pas réellement. On s’y fie bien trop souvent les yeux fermés, alors que ce ne sont que des pistes et que ce n’est pas en répondant à telle ou telle question, sans prendre en compte notre parcours de vie, nos passions, nos facultés d’adaptation ou non, que l’on peut déduire quel métier est fait pour nous.

    Moi je voulais être photographe, à l’époque c’était mal vu : « pas assez de débouchés ». Hé bien même si je n’en ai pas fait mon métier, la photographie m’a toujours accompagnée quoi que je fasse (et l’année passée j’ai créé mon blog pour partager tout ça !)

    Ce que je trouve important, c’est de savoir que quoi que l’on fasse, quoi que l’on choisisse, on a la vie devant nous. Alors on peut très bien choisir de changer de voie, puis encore et encore jusqu’à trouver LA bonne. Quand on est plus âgé, je trouve cela plus simple. Bien sûr, certains savent de suite ce qu’ils veulent faire et y arrivent et ça c’est vraiment génial !

    Il existe tellement de métiers, y compris à l’international, comment pourrai t’on savoir exactement ce que l’on veut faire à l’âge de 14/15ans ou même 17/18ans ? Nos préoccupations sont toutes autres à cet âge-là !

    Pour ma part, j’ai un début de parcours assez similaire au tien. Je n’ai jamais apprécié le lycée ou le collège mais j’ai toujours su ce qui me passionnait, la preuve : en troisième j’ai fais mon premier stage dans une école maternelle. J’ai redoublé ma troisième, j’ai donc fais mon second stage chez une photographe.

    Je suis allée au lycée, en seconde. J’étais nulle en maths mais le Bac S était tellement le mieux vu. Je voulais être infirmière puéricultrice. Mais j’étais pas douée pour les sciences alors… J’ai opté pour un bac ST2S (un bac sciences sanitaires et sociales). Baccalauréat que j’ai détesté et que j’ai eu au rattrapage parce que les personnes qui m’ont interrogée au rattrapage m’ont clairement aidée et orientée dans mes réponses. J’avais toujours cette idée d’être infirmière de puériculture, mais mes profs m’ont dit que je ne réussirais jamais. J’ai donc décidé de passer par la petite porte et d’être auxiliaire de puériculture. Mes professeurs m’ont de nouveau dit que je n’y arriverais jamais. Je voulais exercer en crèche, je le savais.

    Donc j’ai passé un CAP Petite enfance en 1an. J’avais choisi cette voie, elle ne m’avait pas été imposée. J’ai eu 16 de moyenne générale alors que je tournai à 9 au lycée. Mon meilleur exemple du fait que le choix volontaire d’une formation joue énormément ? La biologie, j’avais 5 de moyenne au lycée, j’ai eu 15 en CAP Petite Enfance, on apprenait les mêmes choses, exactement les mêmes, mais d’une approche tellement plus simplifiée ! Cette année-là, j’ai de nouveau passé mon concours pour faire l’école d’auxiliaire de puériculture. Cette fois-ci, je ne voulais plus du tout faire Infirmière puéricultrice, j’avais eu des expériences en crèches, et en école maternelle – des tuteurs de stages incroyables qui m’ont donné une confiance en moi que je n’avais jamais eue auparavant. Mais toujours pas de réussite au concours.

    Tant pis, je ne voulais pas quitter le cursus scolaire, j’avais trop peur de ne pas réussir à reprendre les cours. J’ai postulé sur post-bac en faculté (à Valence pour rejoindre mon amoureux avec qui j’étais déjà depuis 3ans!), j’ai fais une première année en licence de droit. Je savais que je ne validerai pas, ça ne m’intéressait pas, mais j’ai eu la chance incalculable de faire du droit des familles, j’ai adoré ça et c’est la seule matière que j’ai validée !

    Mon chéri a été pris en master à Lyon, on a donc déménagé et j’ai choisi de travailler. Après plusieurs mois de recherche on m’a appelée le vendredi soir pour commencer le lundi matin en crèche. J’y suis restée 4 mois, une expérience horrible. J’ai été engagée en tant qu’auxiliaire parentale, pendant 5 mois (nounou à domicile : http://ldmailys.blogspot.com/2017/12/nounou-domicile.html), j’ai adoré ce job ! Mes employeurs ont été des perles, et mon chéri aussi, ils m’ont tous encouragée à repasser mon concours d’auxiliaire de puériculture, me disant que j’étais faite pour ce métier, que j’étais passionnée et que ça se voyait. J’étais vraiment démotivée mais je l’ai repassé, juste histoire de.

    Et J’AI RÉUSSI !! En liste principale, dans une toute petite école dans le pays de Gex. Hé hop, on re-déménage. Cette année n’a pas été facile mais j’en suis ressortie grandie. J’ai eu de très mauvaises expériences et des excellentes. J’avais besoin de remise en question, je ne me voyais plus exercer en crèche. (http://ldmailys.blogspot.com/2018/02/pourquoi-jai-decide-de-ne-plus-exercer.html) Mais je n’étais pas perdue, je savais que ce que je voulais faire : retourner travailler à domicile !

    J’ai trouvé une famille en OR. Qui m’encourage dans mes projets, me donne une considération énorme, une famille parfaite en somme. Je travaille avec eux depuis octobre/novembre 2017, on est partis ensemble en Californie, et je travaille avec eux jusqu’à la rentrée prochaine.

    Aujourd’hui, j’envisage de retourner travailler en crèche (mais pas en France) et je suis en train de monter un projet complètement dingue avec leur soutien. Puis il y a mon blog qui me prend un temps considérable.

    J’ai gagné tant de choses dans ce parcours, que je ne peux que me réjouir. Puis surtout, du haut de mes 24 ans, j’ai beaucoup d’expériences et j’ai mon amoureux à mes côtés depuis 7 années maintenant.

    Si je devais dire quelque chose à la moi de 17ans ? Que je ne suis pas une moins que rien, que je vaux tout autant que les autres et que ce n’est pas parce qu’on passe son temps à me rabaisser que ça veut dire que tu ne réussira pas. Tu trouveras ta voie, aujourd’hui ou dans quelques années. Et si tu t’accroche, tu réussiras à faire tout ce que tu veux.

    Ce que j’aimerai plus que tout ? C’est montrer à ces gens qui m’ont mise plus bas que terre que j’ai réussi.

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    Repondre Vanessa

    Bonjour et merci pour cet article !
    Je te découvre depuis ton départ pour Montréal qui m’a permis de te connaître et maintenant j’en sais plus sur toi !
    Je ne vais pas être dans la success story…
    Je vais avoir 40 ans et ma vie est un vaste chantier sans maître d’œuvre.
    J’ai en effet passé ma vie à supporter des choses que je détestais sans faire de choix sauf lorsque je ne l’avais plus.
    J’ai ainsi passé un bac S parce que c’était le rêve de ma mère (et je n’ai pas discuté). Moi je rêvais de partir dans du concret (apprentissage, filière technique …). Dessiner ? On ne m’en a pas laissé la moindre chance (à force d’entendre « t’es nulle » ça n’aide pas). Le bac L n’a même pas été envisagé alors que je passais mon temps à lire (bon j’avoue c’était pour oublier ce que je vivais).
    Arrivée au bout des années de lycée, et bien je ne savais pas qui j’étais. Je ne savais donc pas quoi faire. Je me suis donc intéressée à l’unique matière où je me sentais un peu à l’aise : la chimie. Mais là encore, trop loin, pas de moyens, j’ai renoncé sans rien dire.
    Me voilà donc à faire un DUT Carrières Juridiques car ce n’est pas trop loin et pas trop long et qu’à l’issue je pourrais travailler et ne plus être à charge.
    Là encore je me tais, je travaille bien et je rencontre mon compagnon à qui je me raccroche comme une bouée de sauvetage. Je n’ai pas de vie sociale, il ne reste que les jours qui s’écoulent douloureusement.
    A l’issue de ces études je trouve vite un travail (c’était l’idée), je quitte ma chambre chez ma mère et me voilà dans une ville où je ne connais personne à faire un boulot que je n’aime pas – j’ai fait du recouvrement de créances dans un établissement bancaire – (mais je ne le sais même pas, je refoule mes émotions). Cela va durer des années. Je reste dans un couple qui ne fonctionne pas, je fais un travail qui me fait souffrir, je refuse de voir tout ça, croyant que le problème, c’est moi !!!
    Mais je m’égare. Tout ça explose petit à petit, divorce, dépression, je finis par quitter mon poste après 14 ans en croyant que ma vie va changer. Mais je sais pas qui je suis, donc ça n’est pas si simple.
    Après une période difficile à ne pas savoir quoi faire, je me ré-enferme dans un travail encore pire – traiter des réclamations dans la télésurveillance- « Oui, bonjour, je suis là pour que vous puissiez me crier dessus. »
    Cela dure 2 ans et demi et je craque, je quitte une seconde fois un CDI (oulàlà, toi t’as vraiment un problème !). Je reprends un CDD pour ne pas me retrouver sans rien et voilà depuis bientôt 9 mois je suis au chômage sans savoir quoi faire de ma vie.
    Je passe tout ce que j’ai entrepris depuis 5 ans pour briser mes chaînes… Je suis même allée enterrer « la bonne fille » dans une forêt québécoise :).
    J’avoue, je n’ai jamais partagé sur un blog mais là je crois que j’ai besoin d’exister.
    Si j’avais quelque chose à dire à mon moi de 17 ans ce serait qu’elle est précieuse, de ne pas renoncer, de ne pas se laisser enfermer dans une vie qu’elle n’a pas choisie. Il y a des solutions. Cherche de l’aide, demande. Ouvre toi à la vie. Je t’aime ;).
    Merci pour cet espace que j’ai un peu squatté ahaha. Une tasse de thé peut-être ?

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