Désolée, j’ai mes règles

Je me rappelle précisément du jour où j’ai eu mes règles, ça devait être l’année de mes 14 ans, c’était un 13 mars. Pile cette semaine là ma maman n’était pas à la maison. Je les ai eues au collège et j’étais un peu perdue, ma meilleure amie de l’époque m’a prêté une serviette et ça y est, c’était à moi de gérer ce que j’avais un peu lu dans les livres. Je n’étais pas surprise mais franchement embêtée : j’avais déjà du mal à accepter le fait d’être dans mon corps, avoir mes règles en supplément c’était comme un énième rappel d’une condition qui ne me faisait pas franchement plaisir. Sans pour autant être un sujet inabordé, dans ma famille on parle peu. Tout semble toujours un peu secret, presque tabou. Il y a des familles où l’on parle très librement d’absolument tout, dans la mienne aussi petite soit-elle, pas vraiment. J’étais mal à l’aise et j’aurais préféré qu’elles arrivent plus tard, pour moi avoir ses règles n’était pas une étape que j’attendais avec impatience, bien au contraire. Alors 13 ans, c’est un âge plutôt classique pour les avoir mais tout de même… on s’en passerait bien à un âge où on a déjà beaucoup à gérer !

J’ai commencé à écrire cet article en 2017 et à l’heure où je le continue, on est en 2020 et en 3 ans, les choses ont pour mon plus grand bonheur commencé à évoluer. Tout d’abord, les règles, on commence à en parler de plus en plus et de mieux en mieux et il y a plein de choses à dire désormais, en plus d’avant, à ce sujet.

Car les les règles existent et elles sont bien là. Il est presque impossible, sauf cas particuliers, d’y couper. Les premières règles arrivent de manière générale aux alentours de 12 ans et s’arrêtent près de 40 ans plus tard, autour de cinquante ans. Ce sont donc près de quarante années pendant laquelle chacune d’entre nous devra gérer ce qui dans le meilleur des cas est un peu désagréable pendant une petite semaine et dans le pire, devenir un réel handicap encore trop peu (et mal) pris en charge. Aujourd’hui, près d’une femme sur sept est concernée par l’endométriose, et même si je ne vais pas vous en parler précisément car n’en étant pas atteinte personnellement (en tout cas, aux dernières nouvelles), cela me semble pourtant être un chiffre suffisamment important pour mériter d’y prêter un peu plus attention, notamment lorsque des femmes souhaitent se faire dépister.

Qui, lors d’un moment d’agacement, ne s’est pas vu répondre un « T’as tes règles ? ». Cette réflexion pouvant sembler banale est devenue normale sans même plus être questionnée. Car il est devenu normal d’être de mauvaise humeur chaque mois, d’être irritable, rapidement agacée voire même hystérique s’il fallait que j’use des termes que l’on déteste tant. Mais s’il est presque incontournable d’être atteinte de ces symptômes désagréables — à plus ou moins grande échelle selon les personnes — dans de nombreux cas assurément invivables, ces symptômes là semblent pourtant ne pas être questionnés. Ils sont devenus une petite blague, une phrase que l’on lance lorsqu’une femme est un peu agacée. D’un côté, lorsque cette femme là n’est pas en plein dans sa « mauvaise semaine », c’est alors uniquement la réduire à son statut biologique et mettre complètement de côté ses humeurs, son vécu, son quotidien et de l’autre, lorsque c’est le cas on minimise alors totalement le fait que ces symptômes là peuvent être mal vécus et qu’ils ne sont parfois pas si anodins que ça.

De manière mensuelle, comme beaucoup d’entre vous je me confronte à un vrai calvaire tant je vis mal ces quelques jours qui devraient pourtant être traversés sans trop d’encombre. Et comme je sais que l’on est ô combien nombreuses à se sentir démunie chaque mois, je me suis dit qu’en parler entre nous pourrait au moins nous aider à nous sentir moins seules. Voire même à en parler ensemble pour se donner des conseils. Il y a 5 ans maintenant, je publiais sur le blog un article à propos de mon arrêt de la pilule. À l’époque, je l’avais arrêtée parce que je la suspectais d’être la cause de nombreux effets indésirables : déprime, irritabilité, douleurs… pendant 8 mois environ après son arrêt, tout allait mieux. Je pensais, naïvement, que ça y est, j’étais débarrassée de tout ça et que j’allais enfin pouvoir mieux vivre cette période là. Que j’allais pouvoir reprendre mentalement possession de mon corps. Tout m’est revenu en bloc et même de façon plus accentuée encore. Désormais, chaque mois mon corps suit un emploi du temps bien précis. Pas de place à la précision, je sais exactement par quoi je vais devoir passer et sais aussi que toute la volonté que je mettrai pour prendre du recul ne suffira pas. Peu importe le médicament que je prendrai, rien ne m’aide vraiment et un cachet d’Antadys équivaut à prendre un dragibus = aucun effet. Alors je sers les dents et je profite de l’avantage de travailler de chez moi et pour moi pour aller me coucher sous un plaid, remplir une bouillotte d’eau chaude et attendre que les douleurs passent un peu.

Apprendre à se connaître

Alors chaque mois j’ai mon petit calendrier mental : étape 1, la peau. Elle se brouille un peu, tout doucement, c’est le signe que les galères arrivent. Étape 2, les tensions dans la peau. Je sens que tout mon corps devient plus sensible, comme si c’était le signe annonciateur que mon esprit allait se tendre tout autant. Étape 3, l’autodépréciation, l’irritabilité, la fatigue, l’épuisement mental…. Là c’est le moment où tout bascule. Étape 4, les douleurs. Cette sensation terrible de ne plus rien contrôler et au mieux d’être bloquée sous un plaid, au pire de ne pas pouvoir me lever sans risquer de vomir ou de faire un malaise. Ces chaque étapes viennent mensuellement de manière méthodique, toujours dans le même ordre, parfois accompagnées d’autres symptômes qui eux changent au gré de leurs envies.

Se sentir nulle lorsque l’on exerce un métier créatif c’est dur, car je sais que pendant ces 3, 4, 5 jours, je serai encore plus dure avec moi-même : rien ne trouvera grâce à mes yeux et mon travail s’en retrouvera directement impacté. Et puis avec la sensation d’être nulle vient l’état dépressif. C’est une sorte de cocktail que je trouve particulièrement difficile à gérer et qui mois après mois me semble ne jamais vraiment bouger. Durant une année à tout ce joyeux cocktail est aussi arrivé une baisse massive de mes défenses immunitaires qui s’est résultée en une sorte d’angine. Une angine qui n’a duré à chaque fois que 3 jours mais juste assez pour me faire me sentir encore un peu plus au bout du rouleau : j’ai mis quelques mois à comprendre que ces symptômes n’avaient rien d’une vraie angine mais c’était suffisant pour rajouter tout ça par dessus une pile déjà bien compacte de désagrément. Néanmoins, avoir réussi au fur et à mesure à pointer du doigt chaque symptômes pour à force savoir qu’ils sont tous liés ensemble permet de mieux les comprendre.

Se faire cette petite liste mentale et connaître sur le bout des doigts chacune des étapes aide pourtant énormément : c’est sûr, avoir mal au point d’avoir la sensation d’être poignardée ou être si déprimée que rien ne trouve grâce à nos yeux n’est pas forcément agréable, mais je trouve qu’avoir réussi à identifier chacune de ces étapes permet de relativiser et de prendre un peu de recul. À chaque fois je me dis « ok, c’est pas toi, tout va bien, lâche du lest et sois un peu moins dure avec toi-même, c’est ton corps tu n’y peux rien et non tu n’es pas aussi nulle que tu le penses ». Ce genre de discussions avec moi-même aide et si je peux vous donner un conseil si vous aussi vous vivez mal ces périodes (au delà de : allez consulter et/ou changer de médecin si le/la vôtre ne vous écoute pas, si vos douleurs sont insupportables il peut être vraiment judicieux de creuser et d’en chercher la cause), prendre du recul et fonctionner de manière très pragmatique, quitte à noter sur du papier vos propres étapes permet de mieux visualiser et de mieux vous comprendre. Depuis 4 ou 5 ans je note précisément tous mes symptômes sur l’application Clue (il existe désormais une version payante mais la version de base me convient très bien) pour pouvoir y revenir dès que j’ai quelque chose qui ne va pas : douleur au ventre, plus irritable qu’à l’accoutumée, un changement d’humeur qui survient sans raison apparente ? Si je vois que cela correspond avec les dates précédentes indiquées sur mon calendrier, je sais immédiatement à quoi c’est dû et je trouve ça bien pratique à avoir toujours sous la main. Mon cycle est particulièrement précis et cela me permet surtout de savoir à quel moment mes règles vont arriver pour pouvoir comme « m’y préparer » et ne pas être surprise. Je trouve hyper important de mieux se connaître pour réussir à mieux appréhender ces périodes et réussir à un peu mieux les vivre, j’ai arrêté d’écouter les médecins en qui je n’avais pas forcément confiance : entendre sans arrêt la rengaine du « mangez bien, dormez bien, buvez suffisamment » lorsque l’on dit à un médecin que l’on a mal à en pleurer n’aide en rien et n’aide surtout pas à se faire confiance.

Écoutez-vous, prenez des notes et si vous sentez qu’il y a quelque chose qui cloche, cela peut vraiment valoir le coup de consulter des spécialistes si vous suspectez par exemple une endométriose. Vérifier quitte à se tromper vaut bien mieux que de rester dans l’inconnu.

Trouver la protection qui nous convient

Je trouve génial d’avoir de plus en plus d’alternatives depuis quelques années, de pouvoir avoir réellement le choix et de trouver ce qui nous convient à nous et à notre quotidien. Pour ma part, je n’ai jamais utilisé autre chose que des serviettes hygiéniques depuis ce fameux 13 mars et c’est quelque chose qui me convient très bien. Même si ça a ses défauts dont le fait de ne pas pouvoir se baigner, j’ai fini par m’y adapter à défaut d’avoir autre chose de mieux. C’est donc ce qui m’a toujours à peu près convenu et je crois qu’il est nécessaire de vous écouter et de ne pas culpabiliser si vous n’utilisez pas quelque chose de plus écologique ou de potentiellement plus « pratique ». Avoir ses règles vient déjà avec un lot plutôt conséquent de désagréments, la dernière chose que l’on souhaite c’est s’ajouter des injonctions supplémentaires qui nous feront culpabiliser de ne pas faire assez bien. Et puis la Cup est arrivée il y a quelques années, on parlait beaucoup à ce moment là des chocs toxiques pouvant survenir lorsque l’on porte des tampons.

Si vous n'en avez jamais entendu parler, le syndrome du choc toxique est une infection qui se propage par la libération de toxines entrant dans la circulation sanguine. Il arrive et est notamment favorisé par le port de tampon sur une trop longue durée, d'où l'importance d'en changer très régulièrement et de ne pas en porter notamment la nuit

L’arrivée de cette nouvelle alternative a commencé à permettre de parler un peu plus aisément de toutes les solutions présentes sur le marché, de proposer de nouvelles marques, de Cup comme de protections plus classique, comme pour les serviettes lavables par exemple, constituées de manière plus respectueuse à la fois pour le corps et l’environnement. Tout comme le tampon, j’ai ressenti cependant une très forte pression à l’égard de la Cup. J’ai trouvé assez désagréable cette sorte d’injonction qui nous poussait à culpabiliser si l’on ne changeait pas nos habitudes, comme un dialogue semi-assumé nous suggérant que si l’on n’optait pas pour la Cup c’est que finalement, on ne portait que peu d’attention à notre corps et surtout à l’environnement. Pourtant, là encore peu importe votre choix. Il est tout à fait personnel et ne pas utiliser d’alternative plus zéro déchet ne fait pas de vous une mauvaise personne. Le principe le plus important est de surtout avoir le choix et de faire ce choix en âme et conscience. À cette nouvelle possibilité s’ajoute également les serviettes jetables : je n’ai jamais eu l’occasion d’essayer mais j’aime l’idée d’ajouter une nouvelle solution et d’étendre pour chaque catégorie de nouvelles possibilités dans lesquelles des personnes pourront tout à fait se retrouver.

Les culottes menstruelles

Et puis sont arrivées ce qui pour moi semblait être la solution idéale : les culottes menstruelles. Depuis leur apparition je n’ai eu l’occasion de tester qu’une seule marque : Fempo m’avait envoyé leur première version, et pour moi c’est une solution plutôt idéale. Je les trouve particulièrement confortable, elles sont composées à 100% de coton pour l’intérieure et j’aime le fait qu’elles remontent un peu sur le ventre. Les tissus sont certifiés Oeko Tex et pour les avoir testé en début de cycle, je les ai trouvées particulièrement imperméables même en cas de gros flux. Elles se lavent ensuite tout d’abord à l’eau froide à la main avant de pouvoir être passée en machine (je lave tout à froid habituellement mais si ce n’est pas le cas de votre côté, veillez bien à ne pas les laver pendant un cycle trop chaud pour ne pas les abimer prématurément et impacter leur imperméabilité).

Des culottes menstruelles il en existe depuis plein : Réjeanne, Moodz, Elia, So Cup… De mon côté je n’ai pas encore réussi à switcher à 100% pour cette alternative mais j’y travaille. J’ai l’environnement idéal : je travaille de chez moi, il suffit de traverser mon couloir pour passer de mon bureau à la salle de bain pour pouvoir la laver mais comme je vous l’évoquais plus haut et c’est je pense ce qui est un critère particulièrement bloquant pour moi : mes règles sont douloureuses. Je ne peux certaines fois pas me tenir debout tant la douleur est difficilement supportable alors je ne me vois pas encore pouvoir les changer et les laver facilement durant ce laps de temps. Cette solution bien que parfaite à mes yeux n’est donc pas celle qui me convient complètement et pour l’instant, je vise plutôt à atteindre un 50/50 pour pouvoir alterner entre le port des culottes lorsque je suis en fin de cycle par exemple (le moment où les douleurs tendent à s’en aller).

C’est là que je trouve important de s’écouter : il existe plein de nouvelles alternatives. Plus écologiques, plus respectueuses de l’environnement et plus respectueuses de nous-même. Pourtant tout ne conviendra pas à tout le monde, selon nos habitudes, notre quotidien, notre propre cycle… de mon côté, les culottes menstruelles associées aux serviettes sont ce qui me semble idéal : j’adore le confort des culottes et le fait de ne réellement rien porter d’autre que ça, de pouvoir facilement les laver et de ne jamais être en « rupture de stock » mais je ne peux pas tout le temps les porter. Alterner me convient donc mieux plutôt que de me forcer à complètement changer. À l’inverse peut-être que pour vous, cette solution là ou bien la Cup est exactement ce qu’il vous faut : peu de douleurs, un cycle plutôt facile à vivre… il n’y pas de meilleure alternative, juste des alternatives qui vous correspondront à vous et à vos attentes personnelles ! Pesez le pour et le contre, listez les possibilités qui existent et n’hésitez pas à lire des comparatifs. Pour ce qui est des culottes menstruelles cela reste un investissement : achetez en une ou deux si vous pouvez vous le permettre pour essayer avant de pouvoir au fur et à mesure en rajouter quelques unes et pouvoir aisément les laver et les changer durant votre cycle.

Depuis, Fempo a tout dernièrement sorti une toute nouvelle version : leurs premiers modèles sont très classiques et noirs et cette fois la marque fait entrer des paillettes dans leur catalogue et à mes yeux c’est un argument imparable pour se lancer. Compenser le fait de devoir se coltiner les règles en y ajoutant des paillettes rend la semaine à 5% plus supportable. Comme vous le verrez sur les photos illustrant cet article j’ai opté pour la version rose et taille haute et je l’adore : en plus d’être sublime, elle a une coupe bien plus haute que les précédentes et je la trouve hyper confortable. Elle remonte haut sur le ventre et c’est quelque chose que j’apprécie tout particulièrement, lorsque j’ai mes règles j’aime être très confortable et bien « maintenue », c’est vraiment le genre de coupe que j’aime porter lorsque j’ai des crampes et je me vois déjà la porter l’hiver lorsqu’il fera bien froid dehors ! J’aime le fait de pouvoir avoir des culottes encore un peu plus chouettes qui sortent des modèles plus classiques noirs !

Mon objectif désormais : réussir à progressivement aller de plus en plus vers cette solution plus zéro déchet et réserver les serviettes uniquement pour les moments où je me sens plus à l’aise avec cette solution.

Je suis curieuse de connaître vos solutions à vous, ce pour quoi vous avez opté, quelles sont vos propres astuces pour essayer de parfois un peu mieux vivre cette période ?
Et ne partez pas tout de suite, ou en tout cas pas complètement puisque j’ai deux culottes Fempo à faire gagner à deux d’entre vous sur mon compte Instagram ! Et si vous avez envie d’essayer (je vous conseille de commencer par une ou deux pour voir si ça vous convient puis de progressivement vous en offrir d’autres pour étaler un peu le budget), vous avez 10% de réduction sur tout le site avec le code FLORENCE10.

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