Journal d’expatriation #3 – Les premières semaines

Voilà déjà 1 mois, 1 mois tout pile que l’on est arrivés à Montréal et que notre vie a complètement changé. Avant d’aborder toute la partie plus technique et répondre (enfin) à toutes les questions que vous pouvez vous poser sur notre expatriation, voici la partie 3 de mon Journal d’Expatriation où je vous raconte les premiers jours passés ici et surtout, le déroulement de notre longue journée de notre départ !

Mardi 30 octobre 2018 :
6h20, le réveil sonne et après une très courte nuit à m’être tournée et retournée et à n’avoir dormi tout au plus que 3h, c’est enfin le jour J. Les yeux un peu embrumés, on se prépare, on boucle nos dernières affaires et on installe tous nos animaux dans leurs sacs pour les chats et dans sa cage pour Newton. Ce voyage va être très long pour nous et encore plus pour eux trois, j’ai déjà hâte d’être à ce soir quand on sera enfin arrivé dans notre nouvel appartement. Étrangement ce n’est pas la douane qui me stresse mais notre appartement, on ne l’a vu qu’en photos et en vidéos et j’ai vraiment peur qu’il ne nous plaise finalement pas en vrai !

On arrive à 9h pile à l’aéroport de Nantes, comme prévu et c’est le moment de commencer notre long périple. Toutes les valises sur un chariot, les animaux sur un second et on file enregistrer tout le monde. Avant ça, des photos souvenirs devant l’aéroport avec nos parents pour se rappeler de cette grande journée un peu particulière. Après avoir déposé nos valises, c’est Newton que l’on doit à présent quitter. On cherche l’endroit où les colis spéciaux sont déposés, là où les animaux en soute doivent aller, et c’est l’heure de lui dire au revoir. J’étais certaine que je me mettrais à pleurer à ce moment là et ça n’a pas raté, il part dans sa grande cage en nous regardant silencieusement avec ses grands yeux noirs et la scène est si triste que je ne parviens pas à retenir mes sanglots. Si j’aime d’habitude prendre l’avion, cette fois ci je déteste l’idée de ne pas savoir comment il se sentira pendant toutes ces longues prochaines heures. Et puis c’est l’heure de quitter nos parents aussi, on les accueillera dans quelques mois pour leur faire découvrir notre nouvelle vie lorsque l’on sera bien installés ! On prend l’escalator et cette fois on n’est plus que tous les deux avec nos deux chats, chacune dans leur petit sac de transport. Il est tôt encore, notre avion ne décolle qu’à 12h45 mais il fallait que l’on vienne en avance pour nos animaux, on file passer l’embarquement et on attend devant la porte d’embarquement. Deux amis vivant à Montréal prennent le même vol que nous pour rentrer chez eux et c’est chouette de les savoir avec nous, c’est comme si c’était un petit bout de famille qu’on avait déjà sur place.

Comme je le disais plus tôt, au moment du décollage, ce moment que j’adore d’habitude a été cette fois détesté tant je m’inquiétais de savoir comme nos animaux le vivaient. Newton probablement dans le noir, en dessous de nous, et nos chats à nos pieds en boule dans leur sac. Pour une fois j’ai réussi à dormir un peu et ai pu voir cette fois les côtes acérées et glacées du Groenland, je crois bien que la dernière fois il y avait trop de nuages pour les voir. L’avion a vraiment quelque chose de magique ! À l’atterrissage, c’est là que tout commence : d’abord, aller aux services d’immigration, prendre un ticket avant d’y entrer, spécifier que des affaires à nous arriveront plus tard en cargo puis attendre. Flavien est pas mal stressé : il craint que je n’obtienne pas de permis de travail. De mon côté, je ne vois pas de raison pour laquelle je n’en aurai pas et suis confiante. C’est un peu long mais ça va. On passe enfin au guichet et la froideur de façade de notre interlocuteur contraste avec la gentillesse habituelle des québécois. On repart attendre assis après lui avoir expliqué la raison pour laquelle on est là et donné les papiers justificatifs pour prouver que l’on est bien conjoints (papiers nécessaires pour que j’obtienne un permis de travail, celui-ci étant lié au permis de travail de mon copain qu’il fallait simplement valider et officialiser). Puis je suis rappelée pour aller dans une petite salle à l’arrière, sans un mot, pour faire mes empreintes digitales et me prendre en photo. 340$ plus tard (environ 225€), mon permis est fait et ça y est, on sort ! Dans un premier temps on va récupérer nos valises puis Newton qui nous attend, toujours dans sa cage au niveau des colis spéciaux. Je suis un peu étonnée de voir qu’on peut le récupérer aussi facilement sans prouver qu’il est à nous. Il est vraiment content de nous voir mais boudera quelques instants plus tard, pourtant on ne peut toujours pas le faire sortir et il faudra qu’on attende encore un peu, le temps d’arriver chez nous, pour le libérer ! On règle les 50$ de frais d’entrée sur le territoire des animaux auprès de la douane puis on repart, persuadés que cette fois c’est bon. Mais il faut encore que l’on passe par un double-check, j’ai l’impression que l’on ne va jamais réussir à sortir de l’aéroport et commence à être fatiguée, pousser tous nos chariots à deux est compliqué à force et nos pauvres animaux ne sont pas sortis depuis des heures… (heureusement, on avait prévu des alaises données par notre vétérinaire à mettre dans les petits sacs des chats au cas où ce serait trop long pour elle) Le double-check était complètement inutile et nous a fait encore attendre 30 minutes pour seulement montrer les papiers de nos animaux à un agent qui n’en avait pas vraiment besoin. Cette fois, c’est bon, on sort ! Il nous reste à trouver un Uber suffisamment grand pour y caser toutes nos affaires, nos animaux et nous. Celui qui arrive semble un peu tiquer, surtout à propos des poils de nos animaux mais tout rentre et cette fois, cette fois c’est vraiment bon, on part enfin de l’aéroport !

On est déposé à quelques mètres de notre porte, un peu perdus, notre rue est en travaux, on pense qu’on est loin et qu’il va falloir galérer pour tout ramener. Nos amis déjà rentrés sont en train de nous rejoindre pour nous aider quand on se rend finalement compte que l’on n’est qu’à quelques mètres de notre porte, là où le courtier qui a géré notre bail nous attend pour nous donner nos clefs. Pas d’état des lieux, rien ! On est enfin chez nous et j’aime déjà notre appartement que je trouve encore plus chouette en vrai que sur les photos ! On libère enfin Newton dans le jardin qui semble fou de joie de pouvoir enfin galoper autant qu’il veut tandis qu’on laisse les chats dans la salle de bain, le temps qu’on aille à l’animalerie du coin pour leur prendre des litières, de quoi boire et manger. Après ces quelques courses, on file manger une Poutine entre amis histoire de fêter comme il se doit cette nouvelle vie ! On dormira sur un matelas gonflable le temps de recevoir une commande Ikea deux jours plus tard.

Mercredi 31 octobre 2018 :
Notre premier Halloween ici, on est arrivé pile au bon moment ! On se réveille vers 5h du matin mais il va bien falloir que l’on patiente avant de pouvoir se lever pour débuter toutes nos démarches administratives. Au programme de cette journée : faire notre NAS (Numéro d’Assuré Social), la première démarche à faire avant de pouvoir faire tout le reste (ouvrir un compte en banque par exemple). J’avais lu que c’était rapide à faire et c’est le cas, en moins de 10 minutes c’est fait et on peut passer à la suite. On prend rendez-vous pour ouvrir nos comptes en banque le vendredi suivant et on prend également rendez-vous dans la même banque pour être assuré pour notre logement, ce sera fait l’après-midi. En attendant, on ouvre nos lignes téléphoniques mobiles. Pareil, en 15 minutes on a déjà nos deux numéros, j’avais souscrit à une option chez Sosh pour avoir de la data à l’étranger pour nous permettre de pouvoir commander un Uber et avoir accès à internet les premiers jours, je reste donc là dessus pour épuiser mes 3 Go. On mange un bout puis il nous reste un peu de temps avant notre rendez-vous pour notre assurance alors on en profite pour aller ouvrir une ligne internet. En 7 minutes précisément c’est fait, c’est épatant de voir à quel point tout est rapide et simple ! Quelqu’un viendra installer internet le lendemain, déjà ! Un rendez-vous d’une petite heure plus tard avec notre assureur et ça y est, notre programme de la journée est fait et on peut rentrer dans notre appartement qui résonne.

Jeudi 1er novembre 2018 :
On s’est levé tôt pour attendre notre commande Ikea et elle arrive un peu après 9h : dedans il y a quelques chaises, mon bureau, des lampes de chevet, nos tables de chevet, un peu de vaisselle (mais pas trop, tout arrivera en container dans quelques semaines) et surtout le lit d’appoint pour la chambre d’amis qui nous servira jusqu’à ce que l’on récupère notre propre lit. Ça va être long alors on attaque le montage des meubles en attendant en même temps que le technicien internet vienne nous ouvrir notre ligne. Internet est installé et tout fonctionne directement, pas besoin d’attendre quelques heures comme en France, je suis toujours aussi fascinée de voir à quel point tout est simple et rapide pour l’instant !

Vendredi 2 novembre 2018
On commence à bien se remettre du décalage horaire et ce matin, on profite du fait de se réveiller encore tôt pour se lever, notre rendez-vous à la banque est à 8h (non mais quelle idée d’y aller si tôt…) alors on file prendre le métro pour arriver à l’ouverture de la banque. Le rendez-vous dure environ 2 heures et la conseillère que l’on a ainsi que notre propre banquier sont à la fois drôles et adorables. Deux heures plus tard, nous voilà repartis avec nos nouvelles cartes bancaires en poche (2 chacun et une troisième, notre carte de crédit, qui arrivera par courrier quelques jours plus tard). Il va falloir que l’on se fasse à cette nouvelle méthode de paiement, au débit et au crédit… ce qui nous semblait un peu étrange a l’air au fur et à mesure bien plus simple que ce que l’on s’imaginait !

Samedi 3 novembre 2018
Plutôt que de reprendre le travail directement, pour bien s’installer et se remettre de toute la fatigue accumulée ces dernières semaines (et se balader aussi un peu) il nous reste encore une dizaine de jours de congés et avec du recul c’est une excellente chose. J’ignore quand est-ce que l’on aura de nouveau des vacances en même temps avec Flavien et il n’aurait pas été sage de se replonger directement dans le bain, au risque de tomber malade.

Mercredi 14 novembre 2018
Jour J : cette fois ça y est, on reprend le travail ! Après un mois sans rien faire (ou presque, j’ai tenu à continuer de regarder et répondre de temps à autre à mes mails), c’est un peu étrange et je me sens à la fois très lente et rouillée. Je n’ai pas eu un moment pour dessiner et ces moments là sont toujours bizarres, comme si mes mouvements étaient un peu raides. C’est tout de même très plaisant de s’y remettre et de recréer un quotidien ailleurs que je souhaite cette fois un peu différent. Ces presque trois dernières années ont été souvent très stressantes et j’ai toujours beaucoup culpabilisé dès que je ne travaillais pas pendant ne serait-ce qu’une heure. Cette fois je veux faire différemment : travailler de façon plus consciente et ne pas hésiter à m’accorder un peu de temps libre pour faire autre chose (même travailler sur mes propres projets) lorsque je sens que j’en ai besoin.

Vendredi 16 novembre 2018
Aujourd’hui la vraie toute première neige est tombée : c’était comme je me l’imaginais. Magique ! Je n’en avais pas vu autant depuis toute petite et j’ai enfilé mes chaussures d’hiver, me suis bien couverte et ai enroulé ma grosse écharpe autour de mon cou pour filer sortir jusqu’au parc pour aller voir tout ça de plus près. Tout était silencieux, blanc, cotonneux, beau et différent. Je n’ai finalement pas travaillé de la journée : trop émerveillée par le paysage qui avait complètement changé, passant de l’orangé de l’automne au doux blanc de l’hiver. La reprise est tranquille et c’est agréable de ne pas trop me presser, m’accorder le temps de faire une pause si j’en ai envie pour aller me balader ou faire autre chose si je vois que je peux me le permettre.

Vendredi 30 novembre 2018
Un mois. Cela fait aujourd’hui tout pile un mois que l’on est ici et que l’on est arrivé avec nos quatre valises et nos trois animaux. J’ai l’impression que cela fait bien plus longtemps que ça tant le temps a filé à une vitesse folle. Ces derniers mois ont été particulièrement chargés et c’est un peu étrange d’avoir enfin terminé toutes nos démarches de déménagement. Il ne nous reste à présent plus qu’à attendre de recevoir nos affaires qui devraient arriver au port d’ici une grosse dizaine de jours. Je croise les doigts pour que tout arrive vite, cette date a été reculée plusieurs fois déjà et c’est long au bout d’un moment d’attendre. À ce moment là ce sera vraiment terminé et on se sentira complètement chez nous, même si avec le peu d’affaires que l’on a ici on se sent déjà bien chez nous, dans notre nouvel appartement montréalais, son joli parquet et son jardin qui cet été sera tellement agréable ! Mercredi 5 prochain je fêterai mon premier anniversaire ici et c’est une sensation étrange, c’est comme si cette date validait vraiment le fait que tout avait changé.

C’est à présent la fin de cette petite série d’ébauche de mon expatriation ! Les futurs articles concerneront eux toute la partie plus administrative avec la façon dont on s’y est pris pour obtenir des permis de travail, comment notre déménagement s’est déroulé, par quelle entreprise nous sommes passés pour déménager… j’ai déjà mis de côté plusieurs de vos questions mais si vous en avez auxquelles vous souhaiteriez que je réponde dans mes futurs articles n’hésitez pas à me les indiquer dans les commentaires de cet article. Je ne connais que ma propre situation mais je tâcherai d’y répondre au mieux pour pouvoir vous aider.

11 commentaires sur “Journal d’expatriation #3 – Les premières semaines

  • Repondre Paquito

    J’aime beaucoup le format sous lequel tu parles de ton expatriation ! On a vraiment l’impression de le vivre avec toi, c’est sympa pour quelqu’un qui comme moi réfléchit à l’expatriation :)
    Est-ce que tu penses faire un article sur comment vous avez gérer le voyage avec vos animaux (Si vous avez habitué Newton à la cage par exemple)?
    Hâte de lire les suivants !

  • Repondre Djahann

    C’est sympa ce format « journal de bord ». Newton n’a pas été trop surpris par la neige ?

  • Repondre Mathilda

    Comme j’ai aimé te lire… Je suis tes aventures de très près! Et tout sonne un peu comme un conte de Noël, qui commence et finit bien…

  • Repondre Lilouuuu

    Hâte de lire les prochains articles, et d’avoir pleins de photos car Montréal c’est magnifique surtout sous la neige ! J’aurai été aussi stressé que toi de laisser mes animaux en soute !
    Gros bisous

  • Repondre Lucie

    C’est très chouette de suivre ton aventure d’expatriation à Montréal!
    Ce genre de grand changement fait souvent peur, et c’est super d’entendre un récit qui raconte à quel point, au final, tout se passe bien. Tu as bien sûr parlé du stress causé, mais tu montres surtout que vous vous en sortez :)
    Belle suite!

  • Repondre Lolli

    Dommage que tu arrêtes cette série d’articles, j’ai adoré les lire, tu écris tellement bien j’ai l’impression de vivre tes aventures à travers tes écrits c’est génial. j’espère que tu nous raconteras la vie là bas quand même :) Hâte de te lire à nouveau. Bises du Sud Est de la France

  • Repondre Charlene

    Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas pris le temps de venir sur ton blog et je ne savais pas que tu étais, toi aussi, au Canada. Tu vas adorer, nous y vivons depuis 8 ans et ce n’est pas prêt de s’arrêter ! Welcome

  • Repondre Maëlle

    Coucou ! Je vois que ça se passe bien, hâte de te suivre dans tes futures aventures ! Je pars en Nouvelle-Zélande d’ici quelques mois, n’hésites pas à venir me faire un petit coucou (je débute tout juste mon blog). A bientôt !

  • Repondre Amandine

    Hello! Bienvenue au Canada, tu me fais baver avec toutes tes jolies photos! :) J’aurais une question concernant le travail: travailles-tu avec des entreprises canadiennes ou continues-tu exclusivement à travailler pour des entreprises métropolitaines?

    • La Mouette
      Repondre La Mouette

      Hello! Merci beaucoup Pour l’instant exclusivement françaises, surtout parce que j’ai des contrats en cours et que tout mon réseau est basé en France ! Mais je ne suis pas fermée, peu importe au final ! Internet a ce grand avantage de nous permettre de travailler avec n’importe qui n’importe où, c’est pratique !

  • Repondre Lorie

    Tu peux en faire genre plein? :D

    J’ai attendu cet article avec énormément d’impatience il m’a fait beaucoup voyagé!

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