Comment je suis devenue féministe

Alors que je recherchais dans mes brouillons d’articles si j’avais déjà commencé à écrire quelque chose à propos du féminisme, je suis tombée sur un brouillon à peine entamé datant de 2013. Il commençait par « Je ne suis pas féministe ». J’y disais que je ne me reconnaissais pas forcément dans les luttes actuelles (de 2013) et que je ne les partageais ou que je ne les comprenais pas bien. Force est de constater que 7 ans plus tard, mon avis sur le terme a complètement changé et féministe, je le suis. Je le suis mais pas que : je le revendique et j’en suis fière. Dans ces quelques lignes laissées à l’abandon, j’y vois déjà toute l’évolution et tout le chemin mené durant ces 7 dernières années. Je vous propose aujourd’hui que l’on se penche un peu plus sur le sujet en vous parlant de mon parcours mais aussi de mes réflexions personnelles autour du féminisme.

Mes parents ne sont pas forcément très engagés et la question de l’égalité des genres n’a il me semble jamais vraiment été abordée au sein de notre famille. Je suis issue d’une famille située dans la classe moyenne, pas spécialement aisée mais sans pour autant être dans le besoin, la classe moyenne de base en somme. Ma construction politique ne s’est faite que très tardivement, ce sujet là n’ayant jamais vraiment été abordé au sein de mon foyer. J’ai la chance d’avoir une enfance plutôt neutre au sujet du genre : je portais de jolies robes à l’école mais je grimpais dans les arbres, jouais aux petites voitures, construisais des cabanes et je jouais finalement peu à des « jeux de filles » (j’y mets des guillemets : il faut entendre là des jeux considérés socialement comme étant strictement pour les filles). J’avais quelques poupées mais mon jouet préféré était un tractopelle jaune, j’ai critiqué un cadeau que l’on m’avait offert (une barbie) devant la personne qui me l’avait offerte car de mon point de vue, c’était un cadeau vraiment nul et j’aurais préféré avoir des trucs cool, des voitures ou des jeux de construction. Mon univers d’évolution était vraiment cool : je vivais à la montagne, les mains tout le temps dans la terre, toujours perchée dans un arbre ou à jouer dans la forêt tout en étant très sensibilisée dans mon école primaire à la nécessité de préserver l’environnement. Si c’est assez anecdotique, avec du recul ces petits détails de mon enfance comptent. J’étais une fille, je me considérais comme étant une fille (même si j’aurais vraiment aimé être un garçon tant ça me paraissait plus cool et facile à l’époque) mais je n’ai pas été éduquée pour correspondre intégralement à des clichés et des normes de genre. J’ai été éduquée comme une personne dans son entièreté et pas uniquement comme une fille. Voilà donc pour mes premières années de vie.

En 2013, où en est mon propre féminisme ?

Après ces quelques lignes à propos de mon enfance, remettons désormais un peu de contexte par rapport à ces quelques lignes retrouvées de mon début d’article datant de 2013. En 2013, j’étais dans ma 3ème année d’études supérieures : j’étais en 2ème année d’une Licence en Information et Communication et c’est durant ces premières années que j’ai été confrontée pour la première fois à l’étude de notre société. Ces heures passionnantes passées en amphithéâtre à apprendre les bases de la sociologie ont été pour moi je pense, les bases de mes propres convictions qui deviendraient plus tard du militantisme. Je ne me rappelle plus exactement en quelle année mais j’ai assisté  à un cours (un seul, quel dommage qu’il n’y en ait pas eu plus !) abordant les gender studies. Je crois que c’est à cet instant et également à un même moment où ma vie personnelle et amoureuse notamment était complètement chamboulée que mon regard a changé. Un an avant le début de l’écriture de cet ancien article, l’année de mes 20 ans, en 2012, je me suis inscrite sur TwitterSi c’était assez anecdotique à ce moment là, cela a pourtant joué un rôle indéniable dans le fondement de mon féminisme et de mes opinions à venir. J’étais confrontée à d’autres personnes que celles de mon entourage, j’étais confrontée et soudainement connectée au monde entier (petit encore à ce moment là sur Twitter). Je me retrouvais face à un autre monde que le mien. J’étais encore très brouillon, ma pensée politique était basée sur ce que j’entendais et non sur ce en quoi je croyais. En plus d’être captivée par mes cours de sociologie, ces prémices de ce qui deviendrait mon militantisme m’ont fait changer peu à peu ce regard que je portais sur notre société.

Si je mentionne ma vie amoureuse c’est parce que je crois qu’elle a eu un impact fondamental sur la façon dont mon esprit s’est modifié et modelé. Pour vous la faire courte, l’une de mes relations a duré 3 ans. Trois années qui m’ont profondément meurtries et qui encore aujourd’hui reviennent parfois à mon esprit dans certains de mes réflexes. C’était l’archétype même de l’homme macho ne faisant pas grand chose avec en toile de fond sa copine — moi — qui fait tout : le ménage, la vaisselle, la cuisine, les courses… je me rappelle avoir tant culpabilisé d’avoir mon premier salaire lorsque j’ai décroché mon premier contrat en intérim et que j’alternais des semaines avec un rythme de travail par quarts. Bref, l’image même de la charge mentale1, bien que ce terme là à ce moment n’avait pas encore été tout à fait popularisé et que je n’en avais aucune idée. Je ne souhaite pas en parler réellement en détails car ce n’est pas le sujet mais c’était une relation abusive en tout points et sur tous les champs.Je n’avais aucun point de comparaison, pour moi, cette relation là c’était ma normalité, je pensais que c’était normal de souffrir et d’avoir ce rôle là alors je ne parvenais pas à m’en détacher et je continuais. Avec du recul, souffrir dans une relation n’est pas normal, pourtant à à peine 18 ans (peu importe l’âge d’ailleurs) avoir du recul sur sa propre situation n’est pas le premier réflexe nous venant à l’esprit. Est-ce que j’aurais mieux réagi aujourd’hui ? Je ne peux pas le dire, mais ce qui est certain c’est qu’à l’époque je n’avais pas les clefs qu’offrent le féminisme sur les rapports sociaux et la domination induite d’un genre (masculin) sur l’autre.

J’avance un peu dans le temps : j’ai ouvert les yeux lorsque j’ai eu ce fameux premier job en intérim et que j’ai été confrontée au monde extérieur. Tout d’un coup je découvrais que je pouvais avoir une vie à moi, que je pouvais être indépendante et que l’argent que je gagnais m’appartenait et que je n’avais pas à culpabiliser d’exister en tant que personne. Que je pouvais même plaire à d’autres personnes ! Ça m’a fait l’effet d’un électrochoc. À ce moment précis, mon chemin vers mon propre féminisme commençait sans que je ne m’en rende compte. On était en 2014, j’ai tout d’un coup réussi à ouvrir les yeux, j’ai décidé de déménager et je suis retournée vivre seule dans un petit studio où il n’y avait plus que moi et mon chat.

Après ça, j’ai redécouvert ce qu’était être sa propre personne : je faisais les choix que je voulais, je n’étais plus jugée par une personne vivant à mes côtés et je me sentais soudainement libre. Si ces 3 années ont été difficiles, j’en tire un peu de reconnaissance (avec beaucoup de mesure cependant, je me serais bien passée d’une telle relation) car en partant, j’ai grandi. J’ai grandi et j’ai appris que je pouvais compter sur moi-même, que je pouvais être indépendante et que j’avais le droit de faire mes propres choix. Cela allait même jusqu’à des choix d’apparence tout bêtes : j’écoutais ce que je voulais, mangeais ce que je voulais, prenais soin de moi juste pour mon propre plaisir et redécouvrais le plaisir de mettre des vêtements que j’aimais et que j’avais envie de mettre pour moi uniquement ou bien pour peut-être même plaire à n’importe qui d’autre, mais uniquement de ma propre volonté. Je ressentais de nouveau le fait d’avoir le droit d’être féminine, de porter des robes et de me séparer peu à peu de tous les vêtements que je n’avais en réalité jamais vraiment aimés pour moi-même. Ce moment où l’on se retrouve nouveau seule après une relation difficile est un moment où l’on affirme ses choix, ce que l’on est et que l’on prend à mon sens conscience de la place que l’on a dans la société. Et c’est d’autant plus le cas lorsque l’on est une femme.

Je ne me rappelle plus exactement de la suite de manière claire, mais cette même année en 2014 j’ai rencontré Flavien mon copain-conjoint-partenaire de vie actuel. Il me laissait être moi et m’aimait pour ce que j’étais dans mon entièreté et encore aujourd’hui, si c’est pourtant normal, je n’ai pas à changer qui je suis pour lui. Être consciente de cet aspect là, l’aspect d’être libre de ses propres choix est un marqueur important à mon sens : c’est plus qu’une liberté, c’est la conscience d’avoir accès à cette liberté qui fait se rendre encore plus compte de la nécessité de la préserver et de se battre pour la conserver, pour soi comme pour les autres. Si ça a déjà fait l’objet d’un autre article il y a 5 ans et si cela fera également l’objet d’un futur article, mon féminisme a éclot réellement en même temps que ma sensibilisation à la cause animale. Les deux se sont entremêlés et si l’écoféminisme vous est inconnu, c’est précisément de cela que ce courant du féminisme parle : du lien intrinsèque entre l’impact du patriarcat sur l’écologie et la place des femmes dans le monde et de la façon dont la domination d’un groupe envers l’autre se traduit de la même manière. Pour moi cela faisait sens, si je n’avais pas posé les mots et si je n’avais pas encore de littérature entre les mains qui allaient me montrer en quoi faire le parallèle entre végétarisme et féminisme n’avait rien d’insensé, il y avait quelque chose. Devenir féministe a pour moi été une manière de me réapproprier mon Moi. Je vois le militantisme comme une vieille grange que l’on retape : l’image est peut-être un peu étrange mais à mon sens, elle explicite plutôt bien ce que je veux vous faire comprendre. À l’image d’une vieille bâtisse pleine de poussière et un peu passée, le militantisme la dépoussière, nous fait requestionner nos propres biais, dépoussière nos croyances et nous fait y ajouter briques par briques un peu plus de finesse. Pour ma part, aux bases du féminisme se sont ajoutées progressivement l’écoféminisme, le fait que spécisme et patriarcat soient liés, et le féminisme intersectionnel : la nécessité de ne pas uniquement voir le féminisme sous mon propre prisme, à savoir celui d’une femme blanche hétérosexuelle qui ne se heurte « qu’au sexisme » (et vous savez à quel point c’est déjà bien trop, pourtant je n’ai que ça auquel je dois faire face au quotidien) et non aux questions de racisme ou bien encore d’homophobie.

Cette longue progression est passionnante et également mêlée de colère. Le 8 mars dernier j’écrivais à propos de ce sentiment, j’y évoquais le fait que si ce sentiment peut être néfaste et usant c’est aussi en même temps un sentiment qui fait évoluer et se questionner sans cesse. Se rendre compte peu à peu de toutes les inégalités que l’on subit ne peut que mettre en colère et je la vois comme un fil conducteur qui nous fait nous remettre en question sans cesse pour remettre en question les biais qui nous ont été inculqués tout au fil de notre enfance par notre milieu social, que ce soit voulu ou non.

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui, mon regard a bien changé depuis 2013. Je suis devenue féministe et je ne vois plus aucun problème à le revendiquer. À l’époque je ne comprenais pas tout à fait la nécessité de devoir faire retirer la mention Mademoiselle sur les formulaires administratif : c’est un point clef qui marque à quel point mon esprit s’est complètement modifié car maintenant, je ne comprends pas pourquoi est-ce que ce même terme peut encore être présent sur ces mêmes formulaires administratifs. Il y a quelque chose que l’on ne nous apprend pas lorsque l’on est petites et plus encore lorsque l’on est adolescentes : que la sororité existe, que la fraternité n’est pas le seul marqueur de solidarité de notre société et que ce terme, sororité, existe et bien qu’il soit encore souligné de rouge lorsqu’on le tapote sur les touches notre clavier, si on réussissait à s’en emparer et à le porter fièrement cette sororité là serait toute aussi cool que la fraternité des bandes de potes un peu cool qui pour ma part, m’ont toujours semblé être un idéal impossible à atteindre. Sans que cela soit explicité de manière claire, personne ne nous amène dans un coin, nous fait nous assoir pour nous dire « sois en compétition avec les autres filles pour exister », mais ce bout de phrase, cette idée insidieuse est pourtant toujours là. On l’a intégré : mettre en valeur les autres filles puis les autres femmes c’est comme se retirer soi-même un bout de notre espace qui est déjà très restreint. C’est faux. Oui, mettre tout le monde sur un même pied d’égalité (d’équité plutôt) c’est forcément prendre un peu de la place aux autres (si les femmes accédaient à plus de postes hauts placés, les hommes auraient automatiquement moins de facilité à y être directement placés) mais cette équité là n’est possible que si l’on prend en compte le fait qu’il y a déjà une inégalité. Et cette inégalité se traduit dans notre propre quotidien, lorsque l’on pense à tort qu’il faut se battre pour se faire une place parmi un groupe qui subit les mêmes inégalités que nous alors même que le problème se situe plus haut : que si l’on se bat c’est parce qu’au dessus du plafond de verre, un groupe dominant est là et nous empêche insidieusement de faire preuve naturellement de sororité.

C’est particulièrement vicieux, on apprend sans s’en rendre compte et sans même le vouloir à ne pas se soutenir les unes et les autres, peu importe la relation que l’on a avec elles. On soutient nos amies les plus proches mais ça s’arrête là. Je ne parle ici pas de moi mais de Nous au sens général pour prendre en compte toutes les subtilités qu’un Nous représente : la sororité, ce n’est pas un terme qui fait partie de notre vocabulaire. C’est un affront fait à nous même qui ne devrait pas être. Et lorsque l’on s’en empare enfin — de mon côté cela fait peut-être peut-être 2, 3 ans que je m’efforce du mieux que je peux à faire réellement entrer ce terme du mieux dans ma propre construction — il ne s’intègre pas naturellement à notre façon d’agir, de penser et de nous soutenir mutuellement. Sans être jalouse des personnes en tant que telles, je suis parfois jalouse sans le vouloir de leur accomplissement (ou est-ce de l’envie ? Les deux sentiments s’entrecroisent aisément et son parfois difficiles à différencier) et je trouve ça malsain, ce n’est pas quelque chose qui me correspond et que je souhaite en encourager. Alors faire entrer la sororité dans notre quotidien c’est une tâche à ajouter à toutes les autres, déconstruire pour reconstruire, rajouter une brique à notre grange un peu poussiéreuse qui au fil des années devient belle, repeinte d’une peinture nouvelle et merveilleuse. Depuis que je fais plus attention à cet aspect là, depuis que j’accueille la sororité dans mes habitudes, je me sens mieux. Je me détache de ce ressentiment que j’ai toujours détesté sans le comprendre et sans savoir d’où il venait pour le mettre dans un carton, dans ces choses à remiser au grenier et à oublier. J’essaie tant bien que mal de me détacher de cette forme de jalousie un peu malsaine, d’être contente que d’autres réussissent parce que ces réussites là sont le socle de notre propre avenir.

Aujourd’hui, 7 ans après les mots d’une personne — moi — qui a tant évolué, j’ai envie d’être fière de nous, de ce que l’on fait, d’être heureuse pour nos accomplissements, que ce soit ceux d’une amie très proche comme ceux d’une femme que je ne connais pas ou peu. J’ai envie de relayer, de partager, de mettre en valeur ce que l’on fait et de participer moi aussi à agrandir cet espace de parole que l’on ne nous accorde pas naturellement. J’ai envie d’écouter, d’approuver, de contester parfois mais toujours en sachant pour quelles raisons je le fais. Parce qu’avec tout nos vécus, comment nier cette force incroyable qui nous lie ? Cette colère liée à cet espace de parole restreint alimente ma volonté de faire mieux et d’être fière de qui l’on est. Car je n’ai pas — plus — envie d’envier les hommes pour ce à quoi ils ont droit. et certains jours c’est vrai, je les déteste, pas pour ce qu’ils sont mais pour ce qu’ils représentent. Ce féminisme m’a amené à traverser certains jours en en voulant au monde entier de ne pas être un monde dans lequel on peut s’épanouir en tant que personne sans se soucier de l’identité de la personne près de nous. Si je préfèrerais ne pas devoir me soucier de cette colère je suis fière de porter haut mes opinions et d’avoir ces convictions fortes dans ma vie. Et je suis heureuse chaque jour de savoir qu’à mon échelle je déconstruis ce en quoi la société nous fait croire : que notre place est celle que l’on nous a donnée et que ça ne changera jamais.

C’est certain que je regrette certains jours que ce soit difficile, que l’on ne nous laisse pas le choix et que peu importe nos convictions, féminisme ou non, notre genre ou bien toutes les nuances de ce que l’on est nous rappelleront toujours que quoi que l’on fasse, au dessus de nous se tiendra toujours un large plafond de verre au dessus duquel ceux qui s’y placent placent toute leur énergie à le faire rester là sans lui accorder la moindre cassure. Mais si j’aimerais consacrer mon énergie à autre chose, c’est cette même énergie qui me fait me consacrer à tant de chose et qui me fait créer. Bon, je ne vais pas non plus remercier le sexisme de me faire créer, mais je remercie ces luttes anti-sexistes, et toutes les autres également tant tout découle toujours d’une même domination, de m’animer au quotidien et de me faire me sentir utile.

Est-ce que je regrette parfois, d’être féministe ?

Je trouvais important d’aborder ce point, si la question n’a à mes yeux qu’une seule réponse : non, je ne regrette pas, j’ai tout de même envie de nuancer un peu cette réponse parce que l’on en parle peu. On lit souvent beaucoup de choses à propos du regard des gens sur les personnes ayant une opinion politique progressiste (de gauche majoritairement) mais on ne donne pas beaucoup la parole aux personnes concernées (étonnant ?) sur ce qui peut être dit à leur propos. — Pourtant, disons le, l’avis des personnes qui n’en ont que faire des luttes sociales et qui au contraire préfèrent s’atteler à les faire ralentir, je m’en fous. L’avis d’une personne lorsqu’il est opposé au mien et qu’il n’a pas un semblant de construction n’a à mes yeux aucune valeur : ça ne veut pas dire que je ne suis pas intéressée par le fait de débattre, bien au contraire, mais s’il s’agit de quelqu’un persuadé que tout le monde est égal et que tout est noir ou blanc, là par contre, j’aurais tendance à y accorder très peu de valeur (= et donc d’énergie). — Et honnêtement ça m’embête. Devenir militante ou militant , peu importe la manière dont ce militantisme est construit et mis en scène (dans la rue en manifestant, en écrivant sur internet, en illustrant, en relayant…), met en marge. Plus ou moins selon votre degré de militantisme dévoilé et également selon le degré de militantisme de votre propre entourage (disons donc que c’est un peu la roulette russe : soit vous avez de la chance et votre entourage est plutôt alerte sur ce type de sujet, soit vous creusez votre propre trou pour vous y sentir très seul·e et votre entourage militant devra se faire via le biais d’autres plateformes) mais tout de même. De mon côté j’ai ressenti très fort cette solitude lorsque j’ai commencé à sérieusement m’informer, m’éduquer et déconstruire mes propres biais sexistes (et en parallèle lorsque je suis devenue végétarienne) : 90% de mon entourage (= beaucoup) n’en avait pas grand chose à faire et si j’avais dû me reposer uniquement sur ces ressources là, sur mon propre entourage (amis proches et moins proches) je n’aurais pas vraiment évolué. Débattre à l’oral ce n’est pas une compétence dont je dispose : je perds mes moyens, je tremble, j’ai envie de pleurer… même si je connais pourtant mon sujet et ce en quoi je crois, et si je sais que j’ai raison, défendre mes opinions au tout début m’était impossible. Ça a un peu changé depuis, avec 7 ans de ressources lues et écoutées je commence à avoir suffisamment de connaissances pour pouvoir répondre, et heureusement !

Pour illustrer ce début de militantisme et les sentiments que j’avais, je faisais à ce moment là partie d’un coworking très fortement masculin lorsque je vivais à Rennes. Si j’aimais beaucoup toutes les personnes qui constituaient ce coworking, j’ai été très déçue de voir que les deux seules femmes du coworking (une camarade-collègue de coworking et moi) n’étaient pas prises au sérieux et moquées lors de toute évocation de sujets d’actualité touchant au féminisme (et pas que, mais c’est le sujet principal de mon article). C’était le cas dans ce cas de figure là mais également lors de toutes les autres interactions que je pouvais avoir ailleurs avec d’autres personnes. C’est particulièrement rageant de voir que même avec toute la bonne volonté du monde et toute la patience dont on pouvait faire preuve (et de la patience, il en faut), nos propres convictions que l’on jugeait valables puisque tirées d’un vécu qui nous était propre (= le vécu d’une femme) n’étaient pas vraiment prises au sérieux et régulièrement challengées. Malgré tout ce que l’on pouvait lire et malgré tout le socle militant que l’on avait pu se construire, toutes ces sources et toutes ces ressources dont on disposait, cette éducation que l’on avait, n’avait aucune valeur. On retrouve le même type de confrontation lorsque l’on devient végéta*ien·ne : de la même manière, soudainement toutes les personnes à qui vous parlerez de vos choix seront expertes en nutrition. Ici, c’est la même chose, soudainement, même sans avoir une seule référence basique en sciences sociales et plus particulièrement en sociologie ou en étude du genre, toutes les personnes à qui l’on peut parler à la foi d’un vécu propre (comment remettre en cause ce qu’une personne dit lorsqu’elle évoque quelque chose qu’elle a expérimenté, que ce soit du harcèlement de rue, du sexisme ordinaire ou plus grave, des expériences d’agression sexuelles ?) auront cette même réaction : non, ce que tu dis est faux, tu exagères, tout le monde n’est pas comme ça (#NotAllMen). Et cette expérience là se vérifie partout et dans n’importe quel cercle : auprès de personnes proches comme de connaissances plus lointaines. Je ne peux pas en vouloir à d’autres personnes de ne pas forcément s’intéresser à un sujet qui nous intéresse, c’est là tout l’intérêt de s’intéresser à plein de sujets différents et de tout mettre en commun ou bien d’échanger, de débattre parfois… par contre j’ai le droit d’en vouloir aux personnes qui ne s’intéressent pas à un sujet en particulier mais qui viennent en plus mettre des bâtons dans les roues à celles qui en plus de s’y intéresser mettent de l’énergie dans le fait de faire évoluer ce même sujet. Ce sont ces personnes là qui « déservent la cause », pas celles qui font autant d’efforts que possible au sein de leur propre militantisme. Revendiquer son féminisme c’est accepter de se mettre dans une case (une case dont on est fières !) et accepter aussi de se mettre en marge en se sentant parfois très seules. Lorsqu’une moitié de la population qui a l’habitude d’avoir la vie facile (ça semble être un raccourci pourtant, c’est aussi vrai que notre vécu est valable) refuse d’accepter que l’autre n’a pas un quotidien aussi aisé, les dialogues entre les deux finissent toujours par être électriques.

Certains jours lorsque je suis fatiguée de voir que tous les efforts faits pour faire avancer le mouvement ne semblent être que de vagues coups d’épée dans l’eau, je me dis que ce serait plus simple de ne rien savoir. Ce n’est pas un jugement de ma part, toute personne a le droit de choisir de s’informer à propos de n’importe quel sujet… ou de ne pas le faire. Mais, d’un point de vue personnel je trouve qu’il est plus aisé de ne rien savoir. Parce que ne rien savoir est reposant et donne la possibilité d’éviter d’être en colère constamment, d’être triste et d’avoir l’impression d’avancer contre le vent.

En 2013, je disais que je ne comprenais pas les luttes qui se tenaient devant mes yeux. Ne pas comprendre quelque chose et ne pas réussir à le comprendre sous un autre prisme c’est d’un côté s’en protéger. 7 ans plus tard et en pesant le pour et le contre sans forcément le vouloir, je sais à présent que je préfère savoir, quitte à être triste et souvent en colère, que de fermer les yeux. Dès lors que l’on commence à se renseigner à propos d’un sujet aussi capital que les violences sexistes quelles qu’en soit leur teneur il me semble impossible (ou au moins très difficile ?) de faire marche arrière. Certes, ce militantisme me coupe de plein de choses : il y a plein de séries que je ne regarde pas ou plein de séries adorées qui pour moi posent problème et ne me font pas passer de bons moments tant je suis biaisée par mes propres convictions (Friends, par exemple), de films que je ne regarde pas, de blagues qui ne me font vraiment plus rire, je suis aussi parfois déçue d’entendre des personnes plus ou moins proches croire et tenir des propos qui sont à mon sens choquants. Si c’est effectivement rageant certains jours de se dire « mais pourquoi est-ce que tant de personnes refusent de voir le problème en face » il y a tout de même un équilibre à tout ça puisqu’il y a une infinité d’autres personnes qui ont les mêmes opinions que nous et qui expérimentent tout autant cette tristesse et cette colère. C’est le principe même de voir le verre à moitié vide ou à moitié plein : selon l’humeur de notre journée, on aura certains jours plus tendance à voir tout le chemin parcouru plutôt que tout le chemin à parcourir. Le plus important est de réussir pour sa propre santé mentale à éviter l’écueil du burn out militant en ayant bien conscience que tout le chemin ayant déjà été parcouru paraissait aussi très long auparavant et que, malheureusement, les avancées sociales prennent et prendront toujours beaucoup (trop) de temps.

Me voilà donc 7 ans plus tard. Regarder le chemin qui a été parcouru aide à faire le point et à constater que si au quotidien tout semble aller lentement, en réalité tout se construit peu à peu. J’ai appris à me déconstruire, à « checker mes privilèges » et à en avoir conscience sans en avoir honte de telle sorte que je chercherais à les renier. Ils sont là et c’est prendre conscience de ces privilèges qui participe aussi au fait de vouloir faire mieux. Je n’ai pas choisi d’être blanche ou bien d’être née en France, par contre je peux choisir à mon échelle comment je me sers de ces privilèges et comment ces mêmes privilèges impactent le reste du monde. Depuis 2013 plein de choses se sont passées, positives comme négatives, je pense notamment au fait que le droit à l’avortement soit revenu au sein des débats et que ce droit qui devrait être acquis et indiscutable est encore discuté et même refusé dans certaines régions du monde. L’an dernier en 2019 certains états des États-Unis ont ainsi reculé en adoptant des lois interdisant les avortements ou bien les restreignant. Mais entre 2013 et aujourd’hui, le mouvement #MeToo débuté en 2007 a pris une ampleur incroyable en 2017 à la suite de l’affaire Weinstein. Le mouvement a encore plus ouvert la discussion, permis à des femmes victimes de viols et d’agressions sexuelles de réussir à oser parler et au delà du fait de parler, de se sentir moins seules. En 2019 l’affaire autour de la Ligue du LOL éclate et met en lumière le cyberharcèlement subit au sein de rédactions journalistiques qui s’il n’était pas un mouvement uniquement tourné envers des personnes de genre féminin prend ses sources dans un schéma d’oppression fréquent et expérimenté à travers le sexisme ordinaire (et ses dérives). Ces affaires mises en lumière, qu’elles soient liées à des luttes féministes ou non, sont de manière invisible liées les unes aux autres : on retrouve les mêmes schémas, les mêmes façons de fonctionner. Depuis 2013 plein de termes ont été rendus moins méconnus : celui de la culture du viol, ouvrant encore un peu plus le débat sur le sexisme ordinaire, les agressions sexuelles et les croyances erronées autour de ce qu’est un viol dans la vraie vie, on parle plus et on permet de prendre la parole. L’évolution est lente, il est encore très difficile d’oser parler de son expérience tant le backlash derrière peut être particulièrement violent (je pense notamment à la violence des raids menés par exemple par le 18-25 de JVCOM), mais ne perdons pas espoir, 7 ans finalement c’est peu et l’Histoire du féminisme est longue et multiple. Car le féminisme s’il est nécessaire de le rappeler ne vise pas qu’à donner plus de droits aux femmes et à rabaisser tout le reste. Il vise à lutter pour une égalité des genres mais pas que : toutes les oppressions sont liées à ce même type de structure, s’attaquer au patriarcat par le féminisme c’est participer à déconstruire peu à peu une société fondée par un groupe se considérant comme étant à la fois majoritaire et plus puissant et donc fondée uniquement par les personnes constituant ce groupe : des hommes cisgenre, blancs et hétérosexuels. Agrandir ce cercle, inclure et travailler à inclure plus de diversité : des femmes, des personnes transgenres, des personnes racisées, des personnes non-binaires, homosexuelles, handicapées… c’est travailler pour une réelle égalité

On est en 2020 et lorsque je regarde les jeunes adultes de 20 ans d’aujourd’hui je suis impressionnée et si fière de voir tout le chemin déjà parcouru. Le militantisme et l’éveil féministe se fait de plus en plus tôt et je trouve ça incroyable. Je vous parlais de sororité plus tôt : c’est vrai que l’on pourrait éprouver un peu de jalousie de voir des personnes bien plus jeunes que nous être déjà tant averties à ce sujet, pourtant je crois qu’il faut voir les faits différemment et se réjouir de voir qu’à 18 ans, 16 ans ou même encore moins, tant d’adolescent·e·s sont déjà au courant des enjeux de notre société et de la façon dont il est possible de jouer un rôle pour faire bouger les lignes (même si j’aimerais aussi qu’iels ne s’épuisent pas trop trop vite et pensent à leur propre santé mentale) ! Je n’ai pas envie que les années passent trop vite, mais je suis curieuse de voir toute l’évolution et le chemin parcouru, mon propre chemin comme celui de notre société, dans 7 ans et après encore.

 

Mes ressources, comment enrichir son féminisme

Aujourd’hui il y a un nombre incroyable de ressources accessibles sur le sujet, s’informer, s’éduquer et peut-être même construire son propre militantisme n’a jamais été aussi simple. Tout est à portée de main et ce sans pour autant débourser trop d’argent. Entre les podcasts, les émissions, les ressources écrites et accessibles en ligne… voici quelques ressources que j’aimerais vous conseiller si vous ne savez pas bien par où commencer ou que vous avez tout bêtement envie de découvrir de nouvelles pistes, j’ai tâché de garder la liste courte, cet article est bien assez long et il en faudrait un second rien que pour toutes les ressources à vous partager. J’ai aussi la mémoire courte et ai tendance à vite oublier les titres de ce que j’ai pu lire/écouter/regarder. Si vous avez des ressources à partager n’hésitez pas à les noter dans les commentaires, la liste serait infinie alors je m’en tiens ici à une sélection non-exhaustive.

Les Podcasts

La Poudre — Je l’écoute un peu moins qu’avant mais je trouve que c’est une bonne porte d’entrée pour écouter facilement des personnalités d’univers très différents évoquer des sujets marquants. Parmi ceux que j’avais vraiment aimé écouter lorsque j’étais encore à jour : l’épisode avec Cécile Duflot, celui avec Mona Chollet, celui d’Assa Traoré, et ceux de Pénélope Bagieu ou encore de Najat-Vallaud-Belkacem (…).

Génération XX — Sans se revendiquer féministe, écouter des femmes parler de leur parcours a une valeur très militante, c’est leur faire prendre la place qu’elles ont et montrer qu’on a aussi le droit d’entreprendre et de croire en nous.

Un Podcast à Soi — Chaque mois un thème autour du féminisme est abordé chez ArteRadio : le sexisme ordinaire, la justice, l’égalité et la religion, la maternité…

Les Couilles sur la Table — Deux fois par mois Victoire Tuaillon aborde un sujet autour du thème de la masculinité, veillant à déconstruire des concepts clefs autour de la question du genre et ce qu’on lui attribue tout en s’appuyant sur l’actualité, en témoigne par exemple l’épisode publié à propos de la Ligue du LOL. Le livre du même nom est sorti en octobre 2019 et retrace de la même façon plein de thèmes liés à la masculinité, un chouette livre à offrir autour de vous ou à laisser trainer sur une table !

Kiffe Ta Race — On sort un peu du thème mais pas complètement, j’aime énormément ce podcast tenu notamment par Rokhaya Diallo et Grace Ly qui deux fois par mois abordent un thème autour de questions raciales, apportant une dimension un peu plus large à certaines questions liées au féminisme selon les sujets abordés.

Les Livres

Nous sommes tous des féministes de Chimamanda Ngozi Adichie, un essai très court mais puissant, à lire absolument et à s’offrir et à offrir pour juste 2€ chez Folio. Il est également sorti en version réadaptée jeunesse illustrée, une vraie merveille pour introduire le sujet dès le plus jeune âge (le sexisme et le patriarcat n’attendent pas que l’on soit majeures !)

Bad Feminist de Roxane Gay (en version originale ou française, une collection d’essais écrits par Roxane Gay et réunis en un seul ouvrage abordant la sororité, le fait d’être une femme noire, le manque de représentation dans les médias et/ou dans les livres, films et séries… il se lit très bien et aborde le féminisme de manière très bienveillante, je le trouve idéal comme lecture de transition pour alterner avec de la littérature plus militante et dure et s’économiser un peu.

Beauté Fatale : les nouveaux visages de l’aliénation féminine de Mona Chollet, un livre qu’il faudrait mettre dans les mains de toutes les adolescentes (et les adolescents), Mona Chollet parle dans ce livre de la façon dont la culture (télévisuelle, cinématographique, littéraire, à travers les blogs, les émissions, les magazines…) participe à renforcer le sexisme et la mauvaise perception de soi et de son corps tout en réussissant à induire dans le comportement des femmes le fait que l’on ne puisse pas exister autrement qu’à travers notre apparence. Un essai vraiment passionnant !

Les Culottées de Pénélope Bagieu. Construire son féminisme passe aussi par le fait de réussir à se reconnaître dans les parcours d’autres femmes ou de mieux connaitre notre propre Histoire. Des femmes illustres, on en connait très peu et on nous en montre très peu, notamment au sein de notre cursus scolaire. On ne présente plus vraiment le travail de Pénélope Bagieu à travers ces deux volumes mais si vraiment ça ne vous dit rien, ces deux livres répertorient les portraits de 30 femmes ayant fait l’Histoire mais qui sont pourtant très peu mises en avant. Une merveille graphique que j’aime toujours autant regarder !

Little People, Big Dreams — Cette série de livres illustrés pour les enfants est géniale : elle met en scène des portraits de femmes (et d’hommes) dans chacun de ses livres, racontant succinctement leur histoire et mettant en valeur des parcours de vie de manière très simple. Je n’ai que celui de Frida Kahlo mais dans ma liste de ceux qu’il faut absolument avoir il y a celui parlant de Rosa Parks, de Maya Angelou, (…) et sorti tout récemment cette année, celui sur Greta Thunberg (j’apprends sa sortie en même temps que je l’écris) ! Il existe aussi une version

Women in Sports/Arts/Science — Côté littérature jeunesse illustrée encore, ces 3 livres retracent chacun l’histoire de 50 femmes pionnières dans leur domaine : les sports, les arts et la science. Je n’ai que celui sur le sport (j’ignorais lorsque je l’avais acheté qu’il existait d’autres versions) et je le trouve très bien fait.

Les Femmes à suivre

Tout est politique : Sophie offre une source infinie de ressources militantes et actuelles, sur le féminisme principalement mais pas que. Elle a créé il y a quelques mois son propre Club de Lecture Féministe et je trouve l’initiative géniale pour trouver de l’inspiration et de nouvelles lectures à ajouter à votre propre bibliothèque militante.

Un Invincible Été : Pauline parle de sa vie avec justesse, partage son militantisme et écrit de la fiction, le tout de manière à la fois très brute et fine, c’est toujours un vrai plaisir de la lire et je vous encourage à la suivre, son compte Instagram est notamment très riche et ses stories toujours très bien amenées. Son essai à propos de la misandrie paraitra notamment au mois de septembre 2020 et est actuellement en précommande !

Sea&Seed/MelleBéné : mêler écologie et féminisme et bien le faire c’est possible (qui en aurait douté ?) et encore une fois, je vous invite à aller consulter chacun des liens de Bénédicte, j’aime toujours beaucoup ce qu’elle partage.

Marie Boiseau : j’aime énormément le travail illustratif de Marie qui s’attache à représenter les femmes et leurs corps en le faisant merveilleusement bien.

Cyrielle : si vous ne connaissez pas encore Cyrielle… il n’est jamais trop tard rassurez-vous ! Au delà de son style que j’adore, j’aime la façon dont elle aborde des thèmes à la fois du quotidien comme des thèmes plus militants.

Maureen : je suis Diglee comme beaucoup depuis ses tout premiers travaux et si je suis un peu moins sensible à tout l’univers plus ésotérique dont elle parle parfois, j’aime son évolution et son travail de mise en lumière d’autrices dont on ne parle pas ou peu.

*Notes de bas de page
  1. Le terme de charge mentale aurait été introduit en 1984 par la sociologue française Monique Haicault qui, en faisant le lien entre les responsabilités et exigences professionnelles et la gestion du foyer fréquemment assurée par les femmes, cette dernière représentant une forme de travail supplémentaire, nommera à ce moment là ce travail supplémentaire en lui donnant le nom charge mentale ménagère. L’autrice et dessinatrice Emma popularisera à travers une note de blog le concept de charge mentale en 2017.

2 commentaires sur “Comment je suis devenue féministe

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    Repondre Elodie

    Coucou Florence,
    Quel article ! J’ai énormément apprécié te lire, découvrir ton parcours dans le féminisme et l’analyse que tu en fais par rapport à l’époque dans laquelle tu étais dans ta vie à chaque « étape ».
    Un énorme merci pour ce partage et également pour toutes les ressources en fin d’articles ! Je connaissais tous les podcasts, mais il y a 2/3 livres que tu recommandes que je vais me procurer !
    Je me reconnais assez dans ton parcours, dans le sens où nous avons à peu près le même âge il me semble, et qu’en 2013 je devais tenir à peu près le même discours que toi, à savoir ne pas vouloir me revendiquer féministe parce que je ne me reconnaissais pas tout à fait dans ces luttes. Et pareillement, j’ai parcouru un sacré chemin depuis et j’assume maintenant cette étiquette cet je l’estime nécessaire et elle fait aujourd’hui partie de mes convictions les plus ancrées !
    J’ai également apprécié tes évocations de la fatigue militante/colère qu’on ressent quand on se plonge dans les luttes féministes, de ces jours où on voit le verre à moitié vide, où notre militantisme n’est finalement qu’une charge mentale supplémentaire…
    Et la clé à ça, tu l’évoques aussi, c’est la sororité, sans aucun doute, et l’intersectionnalité de notre lutte !
    Bravo et merci pour cet article passionnant qui va sûrement résonner pour beaucoup de tes lectrices, et/ou en informer d’autres !
    (je déteste faire ça, tu m’excuseras j’espère, mais je crois qu’une petite coquille s’est glissée dans ta conclusion, quand tu évoques le fait d’agrandir le cercle en incluant les personnes transgenres, homosexuelles etc… Tu as écrit « personnes racistes » mais je suppose qu’il s’agit de personnes ravisé.e.s ?)

    • La Mouette
      Repondre La Mouette

      Merci beaucoup Élodie de m’avoir lue ! C’est quand on commence à comprendre notre place et comment est-ce que l’on veut se servir de ce militantisme au quotidien que l’on se l’approprie mieux, la sororité et l’intersectionnalité sont deux concepts tellement clefs, ils aident à apaiser tout cet aspect plus colérique en temporisant un peu les moments où l’on sent que tout est de trop Savoir que l’on est plein et que l’on se soutient mutuellement aide tant ! Oh merci pour la coquille, mon autocorrect forçait à l’écrire à la place de racisées je n’avais pas vu que ça avait été modifie avant de publier.

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