• No. 11 Lorsque l'on va si mal au point de croire que l'on souhaite que tout s’arrête

    Saison 1, épisode 11 – Cette newsletter qui a mis presque une année à être écrite

    Cela fait tellement longtemps que je veux terminer d’écrire ce texte, j’ai commencé à l’écrire en février et ai repoussé chaque mois sa publication. Hier encore je me suis dit que peut-être que non, que je le publierai plus tard. De peur de ne pas bien raconter, d’en dire trop ou pas assez et aussi de peur qu’à l’instant même où j’en parlerai ce serait fini, que je n’aurai plus aucune chance d’en parler et que j’aurais utilisé ma seule chance de pouvoir le faire ou bien que je ne le ferai pas suffisamment bien. Et puis aussi parce que c’est pas un sujet drôle que je veux aborder et que je ne veux pas du tout que ce texte soit lu comme une plainte. Chaque 10 octobre a lieu la journée de la santé mentale et cette date m’a fait me dire que peut-être qu’il faudrait bien que je me décide à enfin choisir un mois pour y dédier cette newsletter. Ça y est, je m’en sépare enfin pour passer à autre chose et écrire sur d’autres sujets.

    Depuis aussi loin que je m’en souvienne je cohabite avec une partie de moi-même que je n’aime vraiment pas trop et ces derniers temps — si je compte bien cela fait en réalité presque 2 ans alors peut-on vraiment parler de “ces derniers temps” — cette partie-là est revenue et c’est nul. Alors je me suis dit que j’allais en parler et que je verrai bien.

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    Trigger Warning : cette newsletter parlera de dépression, de mort et de suicide. Ne vous forcez pas à la lire si vous n’êtes pas dans une période qui est suffisamment confortable pour vous confronter à ce type de sujets.
    Pendant que j’écrivais cette newsletter j’ai notamment écouté…

    La dépression.

    Il y a des personnes qui sont susceptibles d’avoir des angines fréquemment, d’autres qui ont le bout des pieds tout le temps froid ou bien d’autres encore qui font des otites à répétition… moi mon angine, mes bouts de pied froid ou mes otites, c’est mon cerveau qui parfois court-circuite et décide sans prévenir que la vie est trop courte pour aller bien. Je ne suis pas encore guérie à l’heure où je tapote sur mon clavier mais je peux dire que je vais quand même mieux aujourd’hui. Suffisamment mieux en tout cas pour en parler et avoir un peu plus de jours avec que de jours sans. Je suis bien loin d’en être sortie mais la douleur est un peu plus effacée et si c’est chouette pour moi d’avoir atteint ce nouveau cap, ce texte serait bien moins précis si je n’avais rien écrit avant alors allons-y, je laisse mon moi du passé vous raconter. J’ai commencé à écrire cette newsletter en mars 2023 dernier pour figer en mots toutes les émotions que je ressentais lorsque c’était encore si difficile et je sais que j’ai bien fait de commencer à écrire à ce moment là tout en me laissant le temps de le faire jusqu’à aujourd’hui.

    Depuis début 2022, je vais vraiment mal.

    C’est bien loin d’être la première fois, ce n’est pas une sensation nouvelle : depuis petite je me trimballe ce baluchon bien trop lourd pour mes épaules mais au fur et à mesure j’ai cette sensation désagréable que plus ça arrive et plus c’est difficile et intense, comme si j’étais à chaque fois un peu plus affaiblie et marquée, que la trace se cicatrise de moins en moins bien. Pourtant cette fois je l’ai bien vu : c’est différent. J’ai essayé de toutes mes forces de la faire partir mais elle a et a eu des airs de tempête qui n’a que faire de ce qu’elle fait voler sur son passage et cette fois, elle s’est tellement installée qu’elle s’est peu à peu métamorphosée au fil des mois en dépression sévère pour laquelle j’ai compris que j’allais en avoir pour longtemps, sans même que je ne me rende compte que cette fois ça allait trop loin et que ça allait être vraiment différent de d’habitude.

    J’y suis familière, cette tempête qui gronde et ces marées qui vont et viennent à l’intérieur de mon cerveau ne me sont malheureusement pas inconnues. Pourtant, j’ai toujours eu la presque-certitude qu’elles ne duraient jamais bien longtemps à chaque fois. Je me faisais une confiance une peu naïve en quelque sorte, c’est fascinant comme l’on pense se connaître pour finalement se laisser surprendre malgré soi. Chez moi, jamais bien longtemps jusqu’à il y a un peu plus d’un an c’était quelques mois. Quatre, cinq, six mois au plus. Avec du recul, c’est beaucoup quand même. Mais de mon point de vue “c’était ok, ça passait”, j’avais les épaules suffisamment solide pour serrer les dents, serrer les poings et attendre que la vague passe en regardant mes pieds. Cette fois, j’ignore ce qu’il s’est joué à l’intérieur de moi et pourquoi, cette fois, la marée a refusé de se retirer mais ça n’a pas duré juste six mois. L’eau a continué de monter en tapant à chaque fois plus fort comme les grandes marées sur les remparts de St Malo, engloutissant les pierres et les passages sous leur eau salée qui pique les plaies.

    C’est injuste de perdre à ce point du temps de vie

    À chaque nouvelle grande marée le même sentiment m’habite, une injustice sourde et profonde qui me fait me demander ce que j’ai fait pour devoir encore et encore user de mon énergie au lieu de vivre normalement, pourquoi est-ce que mon cerveau ne peut pas se remettre pour de bon et fonctionner correctement, me laisser aller mal au besoin si vraiment ça lui fait plaisir de temps à autre pour de vraies raisons qui auraient l’air un peu plus crédibles et socialement acceptables : un passage à vide, des soucis financiers, une mauvaise nouvelle… mais pas “comme ça”. À chaque fois je me demande pourquoi est-ce qu’il ne me laisse pas tranquille et pourquoi mon cerveau sera toujours cette petite barque au bois un peu pourri qui se fait trimballer par les vagues sans parvenir à regagner la terre ferme pour de bon.

    Cette fois différemment des fois précédentes, après une énième thérapie entamée j’ai compris pourquoi je me trainais ce baluchon et même si je ne sais pas vraiment pourquoi cette fois précisément c’est pire que d’habitude et ce qui a déclenché son intensité, je sais que si je ne parviens pas à reconstruire correctement mon tout petit bateau je n’aurai pas d’autres choix que de serrer les dents à peu près toute ma vie et que la tempête reviendra toquer quand elle s’en sentira l’envie. C’est un peu dur de se dire ça, que c’est pour toute la vie, ça a des airs de fatalité et en même temps, en avoir conscience c’est ne plus se mentir à soi-même et ce n’est pas non plus baisser les bras, au contraire. Que ce n’est pas juste passager, lié aux saisons, à une période qui est extérieure à nous… si c’était le cas ça ne serait pas forcément plus simple mais je me dis qu’au moins la cause de la tempête ne serait pas enfouie en moi depuis petite et que j’aurais des options un peu plus concrètes pour trouver comment faire. Et en même temps, ça m’a fait à certains moments ressentir tellement de culpabilité et de honte parce que l’on sait bien que dans l’inconscient collectif, une dépression ça n’a pas vraiment de valeur parce que ce n’est pas palpable. Que l’on a moins le droit de se plaindre parce que ça pourrait être pire, que ça pourrait être une vraie maladie (ça en est pourtant une), de celles dont les diagnostics sont donnés par des scanners, des IRMS, des prises de sangs ou tout autre examen médical un peu plus sérieux. Et même en sachant que c’est une vraie maladie, je me suis sentie incroyablement illégitime et de trop.

    À la place je fouille, je me débats comme je peux et fais du mieux que je peux. Malgré cette satanée tempête je suis de nature à avoir de l’espoir et à être optimiste, cet optimisme est souvent terni parce que parfois forcément, c’est un peu dur de prétendre chaque jour sans fléchir que tout va bien pour ne pas avoir l’air d’être de trop mais j’essaye autant que possible d’en prendre soin, comme une petite casserole de cuivre polie de temps à autre pour lui redonner tout son brillant. Mais cette tempête est certaines fois un labyrinthe sans sortie et il faut y trouver des coins pour reprendre son souffle le plus longtemps possible et retaper comme il faut mon tout petit bateau, ou bien polir ma petite casserole selon ce que vous préférez, je vous laisse le choix ! Comme je culpabilise à me répéter sans cesse que ça pourrait être pire, que c’est “juste” une dépression alors que je sais bien que c’est déjà bien assez et qu’être dure avec moi-même n’est en rien une solution pour aller mieux, que je n’ai pas à être en plus mon propre bourreau, que ma tempête le fait déjà bien toute seule et n’a vraiment pas besoin d’une stagiaire dans ses pattes.

    C’est nul de se sentir nulle, c’est comme se sentir pas assez et trop à la fois

    On se dit souvent que l’on a le contrôle sur la façon dont notre cerveau est fait, qu’il suffit de faire les bons choix, de faire du mieux que l’on peut. Que c’est un peu une recette magique de réussite de la vie : si je fais ça, ça et ça, rien ne pourra m’arriver de nul et tout se passera comme sur des roulettes. Si seulement ! Sans doute pour se rassurer et se dire que non, ça ne peut pas nous arriver à nous. Et en même temps, on sait bien que tout le monde a sa vie alors on se sent un peu égoïste d’avoir un si lourd bagage à emporter chaque jour avec soi sans trop savoir si on peut l’ouvrir ou pas. C’est dur à expliquer car lorsque l’on évoque le fait que notre santé mentale s’est vraiment cassée la gueule bien souvent en face il n’y a plus qu’un silence assourdissant comme celui ressenti après un coup un peu trop violent. Comme si aller mal était contagieux, qu’il ne faut surtout pas en parler parce qu’en parler rendrait la possibilité de souffrir à ce point bien trop réelle et éclabousserait le reste du monde d’une marée noire. Tout le monde marche sur des œufs, n’ose trop rien dire sans se rendre compte que ne rien dire est pire, que cela nous fait nous sentir encore plus invisible et que l’on mérite encore moins d’être là, qu’on se sent comme un poids bien trop pesant, même pour les personnes qui nous aiment et nous soutiennent et que l’on s’effondre constamment sitôt la porte de la salle de bain fermée parce que l’on se sent pas assez et trop à la fois sans bien savoir comment faire pour trouver l’escalier nous permettant de remonter la pente.

    Je crois vraiment qu’il vaut mieux dire quitte à faire preuve de maladresse plutôt que rien dire de peur de mal dire. Le silence est bien souvent infiniment plus blessant qu’un mot mal choisi.

    On entend souvent qu’il faut se défaire des personnes trop négatives, de celles qui n’ont pas suffisamment la force d’aller bien comme s’il ne s’agissait que d’une question de volonté, qu’il ne faut ne s’entourer que de positif et mettre tout le reste sous un tapis. Comme si l’on décidait que l’on avait envie d’accueillir la dépression chez nous, lui préparer un bon plat chaud et lui proposer des pantoufles confortables et que toute la souffrance qui tournoie autour n’est finalement pas grand chose ou bien que l’on s’en délecte. Et même si à certains moment j’ai eu l’impression qu’aller mal était mon identité, ce n’est au fond pas le cas. C’est nul de se demander si c’est ça l’image que l’on renvoie à l’extérieur alors ma seule solution était de faire illusion pour me convaincre que j’étais encore capable. Si vous saviez à quel point personne ne souhaite souffrir à ce point.

    C’est un sujet qui je sais est compliqué parce qu’il y a mille raisons d’aller mal et aussi mille raisons d’aller bien… mais parfois, ces mille dernières raisons ne suffisent pas vraiment. La dépression est une maladie et il ne suffit pas seulement de prendre un bain et de prendre soin de soi pour qu’elle s’en aille. Imaginez tout l’argent que j’aurais économisé si c’était le cas, une boule de bain Lush contre des milliers de dollars dépensés en thérapie et médicament. Je ne souhaite vraiment à personne de connaître la dépression et aurais vraiment aimé ne pas la connaître non plus, tout ce temps perdu que j’aurais pu utiliser ailleurs !

    À quel moment est-ce que je n’ai pas vu que ça avait vraiment commencé à dégénérer ?

    L’an dernier, mon cerveau et mon corps se sont mis de mèche pour atteindre une nouvelle étape que je n’avais encore jamais connue jusqu’alors. Je n’arrivais plus à manger, chaque aliment ingéré me causait instantanément des vertiges, de la nausée et des maux de ventre qui ont fini par m’effrayer, me faire me rendre compte à quel point la marée était devenue noire et gagnait du terrain pour m’empêcher de plus en plus de respirer correctement. Que c’était dans ma tête et que ça commençait à être dans mon corps aussi. Ma peau s’est marquée, mes cheveux ont commencé à tomber par poignées et continuent parfois de tomber par mèches entre mes doigts et cette fois ce n’était plus juste à l’intérieur, je le voyais bien dans mon reflet. Tout allait bien dans mes examens sanguins, c’est ma tête qui clochait.

    La dépression fait peur — et je le comprends, si vous saviez à quel point elle fait peur lorsqu’elle s’empare de nous — et j’ai l’impression que lorsque l’on ose en parler il faut parvenir à le faire avec humour pour rassurer. Parce que l’on ne veut pas croire au fait que ce soit réellement une maladie contre laquelle on ne peut pas grand chose lorsqu’elle décide de venir puis de s’agraver. Qu’il faut ponctuer nos récits d’un “mais ça va hein, t’en fais pas !” alors que tout le récit raconté précédemment prouve le contraire. Pas tant pour rassurer à propos de notre état mais bien plutôt rassurer à propos de la capacité d’autrui à encaisser la possibilité que l’on puisse aller suffisamment mal au point que ce soit possible de vouloir que la douleur s’arrête pour toujours. Je le vois bien lorsque des personnes relativement connues en viennent à décider de mourir à la suite d’une dépression : les réactions sont au moins aussi violentes que la souffrance qu’elles ont pu subir pour en arriver là. À travers ces réactions, celles que l’on entend le plus souvent : quel égoïsme, jamais je n’aurais fait ça, c’est ne pas penser aux personnes qui restent… Et si la souffrance doit être indicible de perdre un proche de cette manière là, à quel point celle de la personne qui a décidé de partir était telle que plus rien n’était assez. Comment juger lorsque l’on ignore tout de la puissance qui se joue dans ces moments où l’on se sent engloutie par cette marée qui nous étouffe ?

    On est en novembre 2023 et il y a pile un an j’en étais arrivée à un stade si douloureux que je pensais constamment au fait que je n’allais pas pouvoir tenir si ça durait encore avec autant d’intensité. Que j’étais forte mais pas à ce point, que personne ne peut l’être à ce point. Je m’effondrais en larmes lorsque je pensais à la venue de mes meilleurs amis quelques mois plus tard parce que je ne savais pas si j’en étais capable. Je ne pensais qu’à ça, je n’arrivais plus à me projeter à un, deux, sept jours, un mois, une année dans le futur. Je ne savais pas que c’était possible de souffrir mentalement à ce point et si cela fait maintenant plusieurs mois que je ne l’ai pas ressenti pendant aussi longtemps mais que c’est devenu désormais bien plus ponctuel, j’ai encore en mémoire l’effroi que me procuraient les moments où je n’arrivais plus ni à parler ni à bouger et où songer à la fin de journée me paralysait. Alors pendant ces mois là, je comprenais les personnes qui ont fait le choix de partir parce que parfois la souffrance est tellement insoutenable que ce n’est tout simplement pas possible de réussir à continuer d’avancer. Qu’il n’y a aucun autre choix possible à nos yeux et que la seule solution possible est d’arrêter de vivre, que l’on ne souhaite pas mourir mais que tout ce que l’on souhaite est simplement d’arrêter de souffrir. C’est infiniment dur de se battre pour rester, de dealer avec nous-mêmes chaque jour, de prendre sur nous, d’accepter la souffrance pour parvenir à tomber sur un terrain d’entente entre une seule et même personne. Pour trouver des compromis entre nous et nous-mêmes.

    Et à côté de ça j’avais honte, je ne me sentais pas légitime parce que je ne correspondais pas aux images qui sont données de la dépression. Parce que la plupart du temps je me levais chaque matin, que je me douchais, que je souriais lorsque j’étais à l’extérieur de chez moi et que même si aujourd’hui je sens bien que je suis épuisée par le travail et de ne pas avoir pu faire de pause, je continuais de m’assoir chaque jour devant mon écran (il y aurait un deuxième pan qui pourrait être écrit en réponse à cette newsletter pour vous raconter à quel point notre société nous interdit d’aller mal tant financièrement ce n’est bien souvent même pas une possibilité mais ça ferait de trop.)

    Je vous écris alors qu’aujourd’hui je vais mieux parce que je suis sous traitement depuis 7 mois et que ce traitement me sauve la vie. Je n’utilise pas de grands mots, j’en suis convaincue et purée, comme je suis reconnaissante que la médecine existe. Tout comme l’on a parfois besoin de prendre des antibiotiques pour terrasser une bactérie récalcitrante, ma bactérie à moi c’est la dépression et elle ne peut pas partir seule. Ce n’est pas une preuve de faiblesse mais le moyen que j’ai trouvé pour reprendre le contrôle pendant le temps qu’il faudra. Malgré mon tout petit cachet blanc pris chaque matin je sens bien qu’en dessous de cette couche médicamenteuse la marée ne s’est pas encore retirée et qu’elle continue de gronder, qu’elle continue de taper contre les remparts qui ont depuis été renforcés et que je ne peux pas me permettre de baisser ma garde. Malgré mon tout petit cachet blanc pris chaque matin, chaque journée où je recommence à me noyer est plus violente que toutes les autres fois où cela pouvait m’arriver. C’est comme si cette fois, avec le temps, l’âge et toutes les fois où la tempête est revenue, cette fois j’étais moins forte qu’avant, plus fatiguée et vulnérable et moins capable d’être solide. Que parfois être en vie est tellement plus difficile que de mettre un pied devant l’autre.

    Et puis lorsque l’on ne ressent plus rien c’est pire

    Et pourtant, il y a pire que la tristesse et le malheur, il y a ces moments où cette tempête devient si forte et violente qu’elle nous assourdit pour se transformer en un Rien. En une apathie telle que l’on ne se souvient plus de ce qu’est la joie ou la tristesse et où l’on ne souhaite qu’une seule chose, de parvenir à pleurer pour au moins s’assurer que malgré tout notre cerveau est encore capable de ressentir, que là dedans tout n’est pas complètement foutu ou au moins pas pour toujours. Je me rappelle si distinctement de la première fois que ça m’est arrivé. J’étais encore toute jeune lorsque j’ai ressenti ce vide et la panique qui m’a habitée, de cet espoir que ça allait revenir, qu’il y avait juste un grip dans la machine. Je ne savais pas à l’époque ce que c’était : que c’était normal sans vraiment l’être.

    Aujourd’hui, je vais un peu mieux mais je n’ai pas envie de tirer des leçons de ma souffrance, je me sens plus apaisée de savoir qu’il y a un peu plus de journées + que de journées – tout en sachant que ce n’est pas terminé. Je n’ai pas du tout envie d’en tirer du positif pour rassurer et correspondre à ce que l’on attend des personnes qui ne vont pas bien. De lancer un programme de développement personnel, d’écrire un livre qui aurait un titre accrocheur indécent “Comment faire de votre dépression une force”. Ce qui ne tue pas rend plus fort il parait. Oh punaise Nietzsche, tu aurais mieux fait de te cogner le pied contre une table ce jour là que de nous pourrir la vie et donner au développement personnel une phrase aussi incroyablement bidon que fausse. Je vous assure que je suis une bien plus chouette personne lorsque je suis heureuse et joyeuse que lorsque je suis malheureuse au point de me demander comment je tiens. Tout ce temps perdu ne sera jamais regagné alors si “ce qui ne tue pas rend plus fort” cela nous tue tout de même à petit feu et nous détruit la santé. Ces derniers mois m’ont retiré de la concentration, de l’efficacité au travail, la capacité de réussir à lire un livre ou à terminer une série et il me tarde de réussir à regagner tout ça.

    Aujourd’hui, je sais que je vais bien mieux qu’il y a quelques mois et si je sais que je dois faire attention, qu’il faudrait que je trouve le moyen de ralentir un peu pour ne pas finir en burn out, aller mieux aujourd’hui me donne tout de même plus de force et plus d’espoir pour savoir que si cela peut revenir, le soleil vient après la pluie et qu’il me faut profiter pour le moment le plus possible de ces rayons qui réchauffent.

    Que peut-on dire à une personne en dépression ?

    J’avais écrit il ya quelques mois ce petit paragraphe et je ne savais pas vraiment si j’allais le conserver. Et finalement je me dis que c’est une bonne conclusion, comme ces paragraphes mis à la fin d’un film tiré d’une histoire vraie qui raconte ce que sont devenus les personnages principaux de l’histoire. Et que vous raconter c’est bien pour faire comprendre mais que peut-être je pourrais préciser un tout petit passage qui n’est pas souvent évoqué depuis l’intérieur. Car je sais à quel point c’est dur pour l’entourage de ne pas savoir quoi faire pour aider et pour faire en sorte que ça aille mieux et à destination de l’entourage, je suis sincèrement désolée que vous deviez traverser le fait de vous sentir aussi impuissants.

    La dépression est une réelle maladie qui est particulièrement compliqué à décrire et à comprendre. Elle n’est pas si bien comprise encore par la médecine et la façon dont elle fonctionne n’est pas encore parfaitement expliquée tant les raisons diffèrent : dérèglement chimique, lésions au niveau des cellules cérébrales, connexions rompues des neurotransmetteurs qui font habituellement le lien entre les neurones… La dépression, c’est comme si le pont que vous deviez prendre pour faire le lien entre deux rives venait à être rompu. Plus aucun passage n’est possible et pour le refaire, la médicamentation (couplée d’une thérapie) est une solution pouvant dans beaucoup de cas travailler à recréer ce pont. Il ne s’agit donc pas d’une question de volonté comme ce que l’on peut souvent entendre mais bel et bien d’un dysfonctionnement majeur qui peut malheureusement dans beaucoup de cas laisser des séquelles. Pour ma part, beaucoup de fatigue quotidienne, une perte majeur de concentration, une peur constante que cela revienne et des insomnies à répétition depuis la fin de mon enfance. Elle fait tout remettre en question y compris ce que vous croyez être stable, le cerveau est vicieux et fait peur dans ces moments là car il fait disparaître toutes vos émotions et sentiments, y compris vos sentiments amoureux et vous fait songer à des décisions que jamais vous n’auriez souhaité prendre en temps normal. Il est primordial de se souvenir dans ces moments là que malgré tout le réalisme de vos pensées, ce que votre cerveau essaye de vous faire croire n’est pas réel et qu’aucune décision ne doit être prise lorsque vous allez mal, excepté bien sûr lorsque la raison de votre souffrance y est liée.

    La dépression a plein de sources différentes, il n’y a pas de niveaux de valeurs, il prend des multitudes de formes différentes et si j’ai eu et ai toujours beaucoup de mal à ne pas être trop dure avec moi-même, réussir à se lever le matin ne rend pas la souffrance moins valide et rester dans notre lit toute une journée n’est pas non plus de la faiblesse. Dans ces moments là on a à la fois besoin de savoir que l’on est entouré mais lorsque c’est de trop, devoir gérer notre entourage nécessite à certains moments trop d’énergie puisque l’on n’arrive même plus vraiment à se gérer soi-même. Ce n’est pas contre notre entourage, c’est seulement un état qui nous empêche de mobiliser de l’énergie ailleurs tant on essaye de la concentrer absolument sur le fait de réussir à continuer.

    Durant ces deux dernières années j’ai eu tendance à très facilement me mettre à pleurer lorsque l’on me demandait si ça allait. Cette question était violente sans le vouloir car elle nous ramène au fait que ça ne va pas. Elle peut être si souvent posée de manière vraiment sincère, mais de l’intérieur et en tout cas à mes yeux elle me faisait ressentir comme une pression, une attente voire un espoir de la part de la personne la posant d’entendre un “je vais bien”. Répondre que ça ne va pas c’est comme rater encore et encore un examen et se dire malgré nous que l’on ne vaut pas grand chose parce que l’on n’arrive pas à répondre que ça va. Je le vivais vraiment comme un échec et la peur qu’en face on soupire et que l’on se dise “olala elle va encore mal, qu’est-ce qu’elle est chiante elle pourrait pas faire des efforts”.

    Alors plutôt que de demander comment va une personne, demandez peut-être plutôt comment s’est passée sa journée, comment elle s’est sentie pendant sa journée ou bien tout simplement, demandez lui si elle a envie de parler ou de se confier. Ce sont finalement des questions dérivées puisque le “Comment ça va” suggère toutes ces autres questions mais elles ouvrent la parole et sont moins chargées de l’attente et de la pression d’entendre que la personne va bien. Préparez-lui un panier réconfortant : des chaussettes, le lien d’une playlist que vous voulez lui faire découvrir, autant de choses qui soient les plus faciles possibles à consommer et qui fassent du bien sans qu’il y ait dedans quelque chose qui attende de la personne qu’elle réussisse à le faire.


    Enfin, n’attendez pas d’être au plus bas pour demander de l’aide et même si vous demandez de l’aide, vous n’avez pas à respecter un délai pour aller mieux. Vous vous sentirez peut-être illégitime mais tout ça et même si ce sont des ressentis réels, ce sont des ressentis qui ne sont créés que par votre mal-être et qui ne sont pas vrais, il vaut mieux en demander que de ne plus exister. Prenez soin de vous, faites-vous passer en priorité si ça ne va pas, le monde continuera de tourner et a encore besoin de vous. Ne cherchez pas à être plus fort·e, être sous médicamentation n’est pas une preuve de faiblesse, n’écoutez pas les discours des personnes qui ne savent pas ce que ça fait car je sais qu’ils ont tendance à toujours réussir à s’infiltrer un peu dans nos têtes et à avoir plus de valeur qu’ils ne devraient avoir. Prêtez attention à votre entourage, la dépression ne se voit pas toujours et si je n’en avais pas parlé je ne suis vraiment pas certaine que mon entourage aurait pu s’en apercevoir.

    Parfois je sais que c’est long mais le soleil continuera toujours de se lever le matin, tout finira par s’adoucir un tout petit peu ❤️

    En vous écrivant, j’ai aussi écouté…

    Merci beaucoup de m’avoir lue, je sais que cette newsletter n’était vraiment pas la plus joyeuse publiée ici depuis janvier dernier mais je la trouvais importante alors j’espère que ça a été. Le mois prochain devrait être un peu plus joyeux, Décembre c’est mon mois préféré de l’année : c’est celui de mon anniversaire et de Noël alors promis, la prochaine newsletter sera bien plus scintillante que celle-ci !

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  • #003 Tout le monde passe par la phase du "not good enough"

    Est-ce que ça ne serait pas une bonne idée de se juger avec un peu moins de sévérité ?

    Hello !

    Pardonnez-moi pour le retard (et pour le doublon si vous avez déjà reçu cette newsletter, un bug s’était invité et avait empêché l’envoi à toutes les personnes abonnées à cette version payante, j’espère que tout fonctionne à présent !), je comptais vous envoyer ce nouvel épisode bien plus tôt dans la semaine et puis une sinusite s’est invitée à la fête (quelle fête ?) et m’a dit : hehe NON, tu vas passer ta reprise du travail clouée au lit. Bref, j’espère que vous vous allez bien, de mon côté je commence à aller mieux alors allons-y pour le sujet du jour !

    Si il y a bien un sujet qui touche tout le monde, que vous exerciez un métier dans un champ artistique ou non, c’est cette petite voix qui nous souffle parfois à l’oreille que l’on n’est pas assez bien… alors que c’est quoi, “être assez bien” au juste ?

    Lorsque l’on ne vit pas dans la tête de quelqu’un, c’est-à-dire tout le monde (à moins d’avoir à la fois le don d’ubiquité ET d’être omniscient), on s’imagine souvent que les gens savent complètement ce qu’ils font, que leur vie est complètement maîtrisée et qu’en tant qu’artistes (puisque c’est tout de même la base de thématique de cette newsletter) leurs choix sont réfléchis et leurs productions toujours à la hauteur de ce qu’iels avaient en tête. En vrai, tout ça ça n’arrive pas vraiment dans la réalité.

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    J’ai l’impression de manière générale, corrigez-moi si je me trompe, que lorsque l’on est enfant on a l’impression que tous les adultes savent complètement ce qu’ils font et de quoi ils parlent et qu’une fois adultes nous-mêmes, on se rend compte qu’à peu près tout le monde patauge, essaye et se loupe et que finalement, c’est ça la vraie vie d’adulte. Qu’en réalité on est juste une bande de gens qui tâtonnent, que l’on fait mine d’être à 100% en confiance de ce que l’on fait (ok parfois, c’est le cas) alors qu’à certains moments on rame dans une grande mer de nuage en croisant fort les doigts pour ne pas tomber sur un rocher ou pire, un iceberg (espérons que si ça arrive, la planche soit suffisamment grande cette fois).

    Je vous parle de tout ça en préambule parce que j’ai un sujet en tête que je trouve important à aborder, l’idée de ne pas être “assez bien”, ce fameux “not good enough” que l’on s’auto-martèle lorsque l’on se juge un peu trop fort, un peu trop fréquemment et ce encore plus dans des métiers créatifs qui ont pour principale problématique de nous faire nous comparer visuellement à d’autres personnes.

    En écrivant cette newsletter j’ai écouté…

    Tout le monde débute à un moment

    Attendez, quoi ? On ne nait pas en sachant parfaitement jouer de la harpe, en écrivant un best-seller de bout en bout sans aucune corrections ou bien en peignant le plafond de la chapelle Sixtine ? Je crois que cette idée de talent est vraiment à bousculer car dans les faits, le talent je n’y crois pas vraiment et à mon sens, il n’existe pas non plus vraiment.

    D’abord c’est quoi ne pas être assez bon·ne ? Tout le monde commence une nouvelle activité en débutant complètement, vous avez l’envie de bien faire, vous avez votre vision mais le résultat n’est parfois pas immédiatement à la hauteur de ce que vous espérez. Je sais à quel point c’est frustrant et surtout, ça varie complètement au fil de l’année ! Et vous savez quoi ? C’est normal et cette normalité doit être rassurante. Le talent et l’expertise ne sont pas innés, tout ça se travaille et je sais que parfois on aimerait “avoir ça dans le sang”, mais les dessins que je faisais lorsque j’étais petite (et même en étant illustratrice aujourd’hui je me dis quand même à peu près 3 jours sur 7 que ce que je fais est “vraiment pas ouf”) étaient les mêmes que tous les enfants : c’était des bandes de ciel bleu en haut de la feuille, un soleil dans un coin, une bande d’herbe en bas et des petites maisons carrées avec un toit en triangle. Parfois, on se rend compte que nos maisons dessinées sont un peu plus chouettes que celles de nos camarades et on se met à en faire plus et à pousser nos compétences en dessin mais dans l’ensemble on est relativement au même point. Et surtout, notre regard évolue au fil du temps.

    Et justement, cette absence de don inné est une bonne chose : ça ne veut pas dire que tout le monde réussira à apprendre une nouvelle compétence puisque pour que cela fonctionne il faut réussir à y mêler un autre élément très important appelé “la passion” qui nous permettra de réussir à pratiquer sans se lasser, mais cela veut dire que puisque tout le monde débute, tout le monde peut également s’améliorer et progresser pour peu d’avoir cette passion qui se mêle à l’équation.

    On a bien trop souvent une fausse image de ce que l’on aimerait être et souvent une image un peu trop sévère de ce que l’on est vraiment.

    Il y a quelques semaines juste avant de partir en vacances en France je manquais un peu d’inspiration et j’étais tellement occupée par un projet client en cours (l’illustration de ma toute première histoire pour enfants ! J’aurais l’occasion de vous en reparler puisque je suis passée de “je n’ai aucune idée de comment on fait” à “ok maintenant je sais comment ça fonctionne” et c’est un super processus de travail à aborder je pense) que pendant mon temps libre je ne savais absolument pas quoi dessiner.

    J’aurais pu ne pas dessiner puisque s’accorder des pauses c’est au moins aussi important que le reste, mais j’avais envie de dessiner. J’étais donc ✨hyper-frustrée✨. Je vois parfois passer des illustratrices refaire des anciens projets personnels et je trouve l’idée super ! Lorsque l’on manque d’inspiration c’est une bonne solution pour se passer de cette frustration de ne pas savoir quoi faire et surtout, c’est hyper chouette pour faire le point et voir notre propre évolution.

    Ci-dessous donc, c’est une illustration qui date de 2017 et qui est l’une des rares qui « passe-encore-le-contrôle-de-mon -jugement-personnel (= que j’aime encore bien)

    Depuis ma technique a vraiment évolué, à l’époque je travaillais toujours sur Photoshop sur mon ordinateur tandis que depuis je suis passée sur iPad avec Procreate, j’utilise d’autres couleurs, je ne dessine plus vraiment de la même façon… forcément les années sont passées et voilà donc la nouvelle version updatée !

    C’est un exercice que j’ai vraiment apprécié et je vous invite vraiment à le faire de temps en temps, c’est une bonne technique pour vous faire un auto-check perso, comme un bilan de compétences visuel un peu qui vous permettra de vous faire vous rendre compte que si, vous avez progressé et ce que vous faisiez il y a quelques années est bien différent de ce que vous faites aujourd’hui. Que l’évolution soit drastique ou non, il y aura forcément une différence car entre temps, même si une seule année est passée, vous avez eu d’autres expériences qui vont forcément influencer ce que vous faites. C’est d’ailleurs valable pour l’illustration mais pour à peu près toutes les pratiques créatives également !

    De mon côté, j’ai déjà hâte de la refaire dans quelques années pour voir les progrès que j’aurai fait d’ici là ! Ça ne veut pas dire que c’était moins bien : c’est juste différent et mes/vos compétences se sont enrichies depuis !

    Mais alors, lorsque j’ai fait cette illustration pour la toute première fois, si je l’ai postée et que je l’ai même proposée à la vente c’est bien qu’à mes yeux elle passait en quelque sorte mon test personnel du “ça c’est ok, c’est suffisant” et si j’ai pu être capable de la refaire dernièrement mais de manière complètement différente c’est bien qu’entre les deux j’ai évolué ? Entre ce premier moment T et ce deuxième moment T j’étais en quelque sorte deux Moi différents mais pour autant, je n’étais pas moins bonne en 2017 par rapport à aujourd’hui, juste à un niveau de mes compétences différents, non ? Si je devais retourner voir mon Moi-de-2017, je ne me dirais certainement pas “bouh quelle nullos !” (parce que c’est pas très gentil) même si effectivement j’ai progressé depuis.

    Par ce paragraphe un peu fouilli, ce que je veux dire c’est de rappeler que l’on est bien trop souvent trop sévère avec nous-mêmes. Je le sais : je le suis tellement au quotidien ! Il y a plein de nouvelles personnes qui se lancent dans l’illustration, qui ont à peine 18 ans et qui ont un talent fou (ce fameux talent…) et je ne peux pas m’empêcher de m’y comparer et de parfois me sentir un peu nulle (carrément nulle, en fait). Pourtant les personnes entre guillemets meilleures que vous ne vous font pas être pas assez bons. Je sais qu’on aura tendance à dire qu’il y a toujours meilleur que soi, et oui factuellement c’est vrai, mais est-ce vraiment bénéfique de se le répéter en boucle (je me pose la question à moi-même en même temps) ? Si il y a meilleur, il y a aussi moins bon mais dans le fond, est-ce que l’essentiel n’est pas d’apprécier l’endroit où l’on se trouve ? Cela s’applique à n’importe quel domaine d’ailleurs, qu’il soit créatif ou non et qu’il soit aussi dans un champ professionnel ou non !

    De mon côté, lorsque je fais un peu le point, c’est un peu cliché mais je remarque que tous les moments où j’ai pu percevoir une réelle progression dans mon travail ce n’est absolument pas des moments où je me suis dit “allez Florence, aujourd’hui je vais m’améliorer et devenir meilleure !” mais des moments où, spoiler alert, j’ai mis du cœur dans des projets qui me faisaient vraiment plaisir. J’ai progressé pendant le challenge de l’Inktober 2021, je m’étais bien amusée pendant un challenge appelé Joy in Spring que j’avais co-organisé… et au final, le lien c’est ça : passer du bon temps pour finalement progresser sans s’en rendre compte et sans faire en sorte que ce soit une fin en soi. Si on progresse c’est cool c’est du bonus mais le but initial ce n’était pas du tout ça.

    Parmi ces deux projets, le dénominateur commun c’est le challenge : j’en fais rarement car ça a souvent tendance à plus me stresser qu’autre chose mais parfois ils ont vraiment du bon lorsque les thématiques me parlent. Je me dis que ce serait chouette d’en organiser un petit prochainement entre nous, qu’en dites-vous ? Y aurait-il des thèmes qui vous feraient envie ? J’aime toujours beaucoup aborder le quotidien car sous ses airs un peu banal il y a en réalité une infinité de choses à faire autour de cette thématique ! Je vais y réfléchir de mon côté et vais voir pour organiser ça prochainement, je vous en reparle, n’hésitez pas à me donner vos ressentis à ce sujet en commentaires en dessous !

    Tout ça pour vous dire que vous n’avez pas à atteindre un niveau particulier pour vous sentir enfin “good enough” parce que malheureusement, ça n’arrivera pas vraiment à l’image de ce que vous souhaitez. Ou que vous vous sentirez à la hauteur pendant un moment (quel bonheur quand ça arrive !) mais ça a tendance à ne jamais durer sur des périodes infinies. On s’imagine souvent que les compétences sont un peu formulées comme dans les Sims : que l’on accumule des traits de compétences pour remplir une jauge jusqu’à atteindre un maximum et maitriser ladite compétence. Alors que dans la réalité ça ne marche vraiment pas comme ça. On apprend tout le long, parfois on change de chemin, on fait autre chose, différemment, on arrête même complètement… mais la somme de vos actions ne détermine certainement pas votre valeur et si effectivement, dans un champ créatif le résultat final visuel vous place forcément plus ou moins sur une échelle par rapport à d’autres, apprécier faire sera toujours mieux que de se forcer, que ce champ créatif soit relatif à une activité professionnelle ou non (si je passe du bon temps sur un projet client le résultat sera toujours bien meilleur que si je travaille sur un projet qui m’emballe bien moins parce qu’il faut bien payer les factures).

    Bref. On se dit qu’on essaye d’être un peu moins sévères et d’accepter que l’on ne parviendra jamais à atteindre une image fictive idéale mais qu’à la place, c’est bien plus chouette de juste profiter le plus possible de ce que l’on fait, peu importe le résultat ?

    Je vous dis à très vite pour une nouvelle newsletter, je vais travailler sur des plus petits formats plus visuels pour ponctuer ces plus grandes épisodes et varier un peu. J’en profite pour vous remercier de nouveau pour votre soutien puisque quelques personnes se sont inscrites depuis le précédent épisode. Mille mercis, vraiment ! Pour retrouver tous les épisodes j’ai intégré une catégorie sur ma page Substack pour pouvoir lire uniquement cette formule payante et retrouver facilement chaque sujet abordé.

    Les thèmes sur lesquels je travaille pour de prochaines newsletters…

    Pour vous tenir un peu au courant de ce que j’ai envie de vous proposer pour la suite, voilà trois des thèmes qui feront partie des prochaines newsletters :

    • Une newsletter-exercice pour vous aider et vous donner des astuces pour vous créer des palettes de couleurs à utiliser dans vos illustrations.

    • Une newsletter-conseils destinée à vous donner tout ce que j’ai pu accumuler comme conseils pour créer et améliorer son portfolio.

    • Puisque tout le monde ne dessine pas, j’aimerais aussi beaucoup vous parler de photographie et de vous donner des conseils tout bêtes pour vraiment améliorer vos clichés, qu’ils soient pris avec un appareil photo ou votre téléphone !

  • No. 3 – Que faire lorsque l'incertitude prend trop ses aises

    Saison 1, épisode 3 – Ou quand l’incertitude devient un peu trop reloue à gérer au quotidien.

    Avant le début de cette newsletter, je souhaitais vous signaler que je vous parle un peu plus bas d’un projet que j’aimerais mettre très prochainement en place et pour lequel j’ai besoin de votre avis. N’hésitez donc pas à bien lire jusqu’à la fin et si vous en avez la possibilité, à me laisser un commentaire pour me donner votre avis ! Merci d’avance ❤️

    Pendant que j’écrivais cette newsletter j’ai notamment écouté…

    Incertitude : nom féminin.

    1. État de ce qui est incertain. L’incertitude du lendemain, de l’avenir.➙ précarité.

    2. État d’une personne incertaine, qui ne sait pas ce qu’elle doit faire.➙ doute, embarras, indécision, perplexité. Être dans l’incertitude.

    L’incertitude c’est une notion qui revient beaucoup à mon esprit ces derniers temps et que j’évoque parfois (souvent ? Je ne sais plus) durant mes sessions hebdomadaires avec mon psychologue. Je ne suis pas de ces personnes qui savent à l’avance ce qu’elles vont faire, qui ont des rêves ou des plans établis pour le futur, qu’ils soient précis ou non. L’incertitude c’est quelque chose qui est inhérent à notre quotidien : à moins de lire l’avenir, personne ne sait exactement de quoi sera fait demain. Il est possible de se projeter parfois sur quelques jours, quelques semaines, quelques mois si vous venez à prévoir un voyage ou un projet particulier (et encore, si comme beaucoup, moi y compris, en 2020 vous aviez prévu un voyage mettons, au mois de septembre, ce genre de plans peut tout à fait se retrouver aisément remis en question) ou d’avoir des envies un peu floues pour l’avenir mais rien n’est jamais certain finalement.

    Alors quand à certains moments de nos vies ce manque de certitude vient se métamorphoser en une vraie incertitude profonde, la nuance est telle qu’elle en devient tumultueuse.

    L’incertitude est un moteur : elle est celle qui nous conduit à avancer et à mener notre vie en la mêlant de curiosité pour voir de quoi demain sera fait. C’est elle qui nous fait par exemple essayer une nouvelle coupe de cheveux en se basant uniquement sur des photos d’inspirations trouvées sur Pinterest sans être sûre et certaine qu’elle nous ira ou bien celle qui nous fait faire nos cartons, prendre un avion et partir vivre dans un autre pays (et toute une foule d’autres possibilités entre ces deux écarts). Rien ne nous dit que cette nouvelle coupe nous ira (mais au moins, les cheveux repoussent) ou bien que ce nouveau pays sera une réussite, pourtant c’est la confiance en nous-mêmes et en nos choix qui nous font sauter le pas malgré l’incertitude. C’est la curiosité, l’excitation et cette once d’inconnu qui nous font essayer. Trop de certitude nous empêche de remettre en cause ce que l’on sait et devient une forme de fierté malsaine lorsqu’elle n’est pas contrebalancée, pensez à n’importe quel homme politique médiocre (j’en ai un en tête, si vous avez envie de faire un petit jeu en devinant qui c’est. Voici quelques indices : il a une petite tête bouffie qui me fait penser à Droopy, des petits sourcils qui le font ressembler à un pauvre petit chien triste et une tête d’enfant qui n’a pas eu le droit d’avoir du rab de frites à la cantine et qui a une grande section controverses et affaires judiciaires sur sa page Wikipédia. C’est, c’est, c’est ?), ce trop plein de certitude et d’estime d’eux-mêmes les font être incroyablement mauvais et leur font croire qu’ils avancent quand ils sont en réalité aussi statiques qu’une enclume dans l’océan.

    L’incertitude et la certitude sont deux notions qui se nourrissent entre elles et qui nous font avancer par le biais d’un équilibre parfait. Cependant, cette incertitude là fonctionne lorsque tout va bien. Il est aisé de se dire “ça va aller » lorsque l’on se trouve dans un environnement stable et sain, il l’est bien moins lorsque ce n’est pas le cas.

    On en revient à cette fameuse zone de confort dont je vous parlais dans ma précédente newsletter : il est bien plus facile d’en sortir lorsque l’on va bien et que l’on part d’un socle solide et agréable que lorsque l’on va mal, que ce soit à cause d’une dépression (je réserve une newsletter à ce sujet mais c’est un sujet compliqué à aborder et je veux le faire le mieux possible) ou d’un passage à vide temporaire.

    Mais donc : quand l’incertitude se métamorphose et devient paralysante, qu’elle se mue en souffrance, comment faire pour parvenir à avancer lorsque le moteur même de nos vies se bloque ? Comment relancer et trouver comment huiler ce moteur qui ne tourne plus bien ? Peut-on tenir sur le long terme lorsque cette incertitude nous embrume un peu trop l’esprit ?

    Quand l’incertitude se métamorphose et devient paralysante (…) comment faire pour parvenir à avancer lorsque le moteur même de nos vies se bloque ?

    Les clefs principales proposées pour réussir à gérer l’incertitude suggèrent fréquemment l’adoption de la pleine conscience ou de savourer (ou bien de juste vivre à défaut de le savourer) l’instant présent. C’est un peu cliché, je dois bien admettre que si l’on me propose ces solutions là pendant un moment où je vais vraiment mal je vais vous regarder un peu de travers, soupirer intérieurement et acquiescer en pensant l’exact contraire à l’intérieur de moi. Pourtant, c’est vrai : l’incertitude sera toujours là et c’est lorsque l’on se focalise un peu trop sur le futur sans savoir de quoi il sera fait qu’il devient trop difficile à gérer. Je crois que c’est un sentiment global, la pandémie dont on n’est pas complètement sorti et la crise climatique qui s’exacerbe ont complètement remis en cause cette idée d’un futur connu, c’est dur à gérer et à juste titre !

    On ne peut donc pas tout savoir, ça c’est certain et ne pas tout savoir, c’est chouette : est-ce que la vie ne serait pas terne si l’on connaissait tout sur le bout des doigts et qu’il n’y avait plus rien de nouveau à lire, plus rien à écouter, plus rien à regarder, plus rien à apprendre ? Pour gérer ces périodes d’incertitudes lorsqu’elles deviennent trop présentes, ce qui fonctionne se matérialise à la fois en prenant du recul pour observer une situation d’un peu plus haut tout en se recentrant sur ce qui est là, devant nous. Prendre chaque chose les unes après les autres est la quasi seule manière de travailler à son niveau pour se sentir moins submergée par l’inconnu. L’incertitude lorsqu’elle devient néfaste est comme je le disais plus haut souvent causée par un manque de confiance en soi ou un manque de confiance en une période que l’on traverse, qu’il soit passager ou non. Comment donc restaurer ou au moins rafistoler un tout petit peu cet état lorsque cela semble être parfois un cercle vicieux ? Le manque de confiance en soi (ou en l’avenir, l’autre, la société, complétez la liste…) nourrit l’incertitude, qui nourrit à son tour le manque de confiance en soi, qui nourrit l’incertitude, qui… bref, vous avez compris !

    Dans ces cas là, de mon côté, ce qui fonctionne c’est me focaliser sur des petites choses à propos desquelles j’ai peu d’incertitude : des plats réconfortants, l’idée d’aller boire un verre entre amis pour passer un bon moment ensemble, ce vêtement que j’adore et que je compte porter le lendemain (on est sur des actes simples mais qui ne procurent aucun inconfort). Je suis très friande de la méthode du déni : masquer une situation inconfortable en m’agitant dans tous les sens pour penser à autre chose. Ça fonctionne à court terme mais sur la durée c’est impossible, agir de cette manière ne peut que mener à l’épuisement. Prendre de la hauteur, distinguer les émotions que l’on ressent et se demander comment l’on agirait si l’on ne se trouvait pas dans cette période d’incertitude sont des possibilités pour pallier à cet état. On prend souvent de meilleures décisions lorsque l’on se pose plutôt que lorsqu’on les prend dans l’urgence et ici c’est pareil. Tout comme l’on donne de meilleurs conseils à des personnes proches de nous, parfois prendre un peu de cette fameuse distance pour avoir un regard plus neuf sur notre propre situation aide à ne pas rajouter une strate de jugement sur nous-mêmes.

    Et surtout, parmi tout ça, se répéter en boucle que l’incertitude lorsqu’elle devient handicapante finira toujours par s’estomper d’une manière ou d’une autre. Tout comme l’hiver finira par se muer lentement pour laisser place à la belle saison.

    L’incertitude fera donc toujours partie de nos vies, car encore une fois c’est elle qui nous fait poser un pied au sol le matin au saut du lit, elle qui nous fait essayer de nouvelles choses qu’elles soient petites ou grandes ou elle encore qui vous fait vous couper les cheveux pour vous faire une frange même si vous savez que c’est une horreur à entretenir et qu’elle ne sera jamais parfaite. On ne saura donc jamais tout et on ne saura jamais exactement de quoi sera fait demain, mais parfois même lorsque l’on n’en est pas complètement convaincus, se dire que ça ira est un bon premier pas pour redonner une place un peu plus confortable à cet inconnu en attendant que l’équilibre se refasse. Alors, ça va aller ?

    Pour poursuivre un peu :


    Le projet que j’aimerais mettre en place : la création d’un abonnement à petit prix pour vous donner accès à du contenu supplémentaire

    Je suis illustratrice à mon compte depuis 7 ans maintenant et je l’avais rapidement abordé dans ma première newsletter mais cela fait environ 3-4 ans que je songe régulièrement à mettre en place une forme d’abonnement payant via lequel je vous proposerai du contenu supplémentaire abordant notamment des sujets plus précis mais généralement en lien avec mon métier.

    Je soutiens moi-même régulièrement selon mes finances du moment des illustratrices (principalement, mais aussi parfois des créateurs de contenus pour les Sims, parce que j’adore construire des maisons dans mon temps libre !) et j’aime généralement beaucoup ce format qui me fait rentrer encore un peu plus dans l’univers de personnes dont j’aime déjà beaucoup le travail tout en les soutenant lorsque c’est possible ! J’ai donc toujours eu envie d’également mettre en place ce format mais c’est toujours resté à l’état d’envie sans aller plus loin.

    Je n’ai également jamais lancé ce format encore car j’ai un peu peur que les personnes qui auraient envie de s’y abonner soient déçues… d’où le fait de vous en parler aujourd’hui ! J’y pense depuis suffisamment longtemps pour commencer à être convaincue que c’est un projet que j’ai vraiment envie de mettre en place et pas une lubie passagère.

    J’aimerais donc avoir votre avis. Est-ce que c’est un format à laquelle vous vous abonneriez ? Je le conserverais ici, ce serait sous cette même forme de newsletter mais payante et en bonus de ce que je poste déjà régulièrement qui serait maintenu sous ce format gratuit. Cette option payante aurait comme but d’à la fois me créer une nouvelle source de revenus mais également permettre que cette partie là de newsletter ait un aspect un peu plus privé qui ne soit donc pas accessible par n’importe qui. C’est également cet avantage là que je trouve intéressant, je me censure parfois à cause de cet aspect public/accessible facilement et le fait de mettre un “paywall” donne cet avantage là d’avoir un espace que je contrôle complètement.

    À quel contenu vous auriez accès via cet abonnement ?

    À l’intérieur je vous parlerais beaucoup d’illustrations, vous donnerais accès aux “dessous de projets clients en cours” (ce que je ne fais actuellement jamais pour des raisons de confidentialité généralement), vous parlerais de points plus spécifiques liés à mon métier et j’aimerais également régulièrement mettre en place ce que l’on appelle dans le milieu des Q&A (Questions & Answers ou Questions/réponses) pour aborder des sujets divers. J’y intègrerais également parfois des goodies, des conseils pour vous aider à progresser en illustration (et pas uniquement si c’est votre métier ! Le but est plutôt de vous ouvrir les portes de ce métier mais sans que ce soit réservé aux personnes qui l’exercent)… ces fameux dessous de projets en cours (comment ça fonctionne d’illustrer un livre par exemple !), comment je crée de A à Z une illustration, comment démarcher… bref, un joyeux mélange le plus riche possible pour avoir un espace un peu plus privé, entre nous. Ce serait disponible à 5€ par mois, sans obligation d’abonnement en continu (ou à 50€ à l’année, ou plus si vous souhaitez personnellement rajouter un peu comme ce qu’il est parfois possible de faire comme sur des plateformes telles que Tipeee ou Ko-Fi).

    Je vais travailler dessus dans les semaines à venir et vous tiendrai dans tous les cas au courant puisque j’aimerais lancer ce nouveau système d’abonnement très prochainement mais en attendant, votre avis et votre possible intérêt m’intéressent !

    En attendant, sans souscrire à l’abonnement payant vous aurez toujours accès à toute la partie gratuite donc vous n’êtes forcés en rien, mon envie ici et de pouvoir vous proposer deux options et deux types de contenus.

    Vous avez également la possibilité ci-dessous de vous préinscrire lorsque je lancerai l’abonnement payant : vous ne payez rien en attendant ça ne sera actif que lorsque le premier épisode sera envoyé et l’option activée de mon côté. Bien entendu il n’y a aucun engagement (hormis si vous optez plus tard pour un abonnement annuel) et la possibilité de se désabonner à n’importe quel moment sera disponible.

    Si ce n’est pas encore le cas vous pouvez vous abonner gratuitement ou bien vous pré-inscrire au futur abonnement payant lorsqu’il sera lancé !


    En vous écrivant, j’ai aussi écouté…

    En ce moment, je regarde…

    Apple's new comedy “Shrinking” debuts trailer ahead of January 27 global  premiere on Apple TV+ - Apple TV+ Press (CA)

    Shrinking, disponible sur AppleTV+ ! Avec entre autre au casting Christa Miller (qui jouait l’ex femme du Dr Cox dans Scrubs !), Jason Segel, Harrison Ford et Jessica Williams (que j’avais découverte dans Love Life qui est une série que je trouve super, allez hop double recommandation en passant), cette série se base sur le personnage incarné par Jason Segel, Jimmy Laird, un thérapeute qui gère comme il peut son deuil suite à la perte de sa femme en optant pour une approche de thérapie pas très éthique en disant exactement ce qu’il pense à ses patients (si vous n’avez jamais mis les pieds dans le cabinet de psychologue : c’est exactement ce qu’il ne se passe pas, ou rarement). C’est vraiment super et j’attends avec impatience chaque vendredi que le nouvel épisode sorte !

    Comme toutes les séries proposées par la plateforme de streaming d’Apple je ne suis toujours pas déçue et petite recommandation personnelle, si vous regrettez la période où toutes les séries Netflix sorties étaient excellentes et que vous avez envie d’annuler un abonnement et de le remplacer par un autre, peut-être que cette plateforme là pourrait vous plaire.

    Mon dernier livre lu…

    Je suis en train de terminer le deuxième volume de “Before the coffee gets cold” (Tant que le café est encore chaud en français), un recueil de petites histoires se déroulant à Tokyo dans un café appelé le Funiculi Funicula qui offre la possibilité de voyager dans le temps par le simple fait de boire un café assis sur un tabouret précis. Plusieurs règles cependant : il fait uniquement voyager dans le temps dans ce même café, il n’est pas possible de changer le présent et cela ne dure que le temps que le café reste chaud…

    J’aime beaucoup ce format d’histoires plus courtes (ce ne sont pas vraiment des nouvelles !) et j’aime toujours beaucoup les thématiques liées au voyage dans le temps. Mon psychologue hier me demandait si j’aimerais voyager dans le temps et je lui ai répondu que non, pas tellement je pense. Mais vous, c’est quelque chose qui vous ferait envie ?


    Comme d’habitude, merci beaucoup de m’avoir lue ! On se retrouve tout bientôt et j’espère également lors de la mise en place de ce fameux projet de nouvelle formule de newsletter ! N’oubliez pas de me donner votre avis à ce propos ❤️

    La section surprise !

    Un fond d’écran par mois à télécharger et enregistrer pour votre téléphone.

  • No. 1 – Le bon moment

    Saison 1, épisode 1 – Se lancer au lieu d’attendre l’occasion parfaite (qui ne sera jamais vraiment la bonne)

    Pendant que j’écrivais cette newsletter j’ai notamment écouté…


    Comment on commence une newsletter ? Et d’ailleurs, pourquoi commencer une newsletter ?

    Cela fait quelques mois maintenant que cette idée me trotte dans la tête : je sens que l’écriture manque à ma vie depuis un temps mais je ne trouvais pas comment lui redonner une place dans mon quotidien. Je lis beaucoup, je dessine beaucoup (c’est même mon métier de dessiner donc forcément), j’écoute beaucoup de musiques ou de podcast mais l’écriture là-dedans n’est pas aussi présente que ce que je souhaiterais. Vous me direz, si vous me connaissez un peu (et si ce n’est pas le cas ce n’est pas grave et au contraire, enchantée et bienvenue si vous me découvrez à travers cette newsletter !) : mais Florence, et ton blog alors ? Et tes interminables légendes sur Instagram, elles ne comptent pas non plus ? Et… c’est vrai. Mais vous savez bien que ce n’est pas pareil ! Je ne compte pas écrire ici comme j’écrivais sur mon blog et je ne compte pas non plus écrire ici comme j’écris sur Instagram. Vous voyez ce que je veux dire ?

    Merci de lire Les mots de Mouette ! Si vous souhaitez recevoir les prochaines et me soutenir, vous pouvez vous abonner :)

    Alors cette newsletter j’y pensais, je me prenais un peu la tête dans mon coin (rien de bien méchant non plus, rassurez-vous) et je ne faisais rien. J’ai créé mon profil sur Substack — la plateforme qui permet de venir m’inviter dans votre boîte mail — il y a environ 2 ans et puis rien. Je me suis abonnée à d’autres newsletters que je lis depuis avec attention tout en me disant “j’écrirai la mienne un jour, mais pas tout de suite : ce n’est pas le bon moment encore !”.

    Mais le bon moment, qu’est-ce que c’est au juste ?

    À chaque fois donc, j’avais cette sensation que ce n’était pas le bon moment. Qu’il fallait que je vous propose une newsletter aboutie, quelque chose de bien construit, de complet et riche, un truc hyper intéressant qui ne vous fasse pas vous dire “meh, pas ouf quand même cette newsletter, où est-ce qu’on se désabonne ?”. Pas forcément quelque chose de parfait mais quelque chose “d’assez”, quelque chose de suffisant. Ce n’était donc jamais le bon moment puisque je pense que vous le savez mais quelque chose peut être parfaitement suffisant un jour et plus du tout le lendemain (ou incroyable après 2 verres de vin et parfaitement médiocre le lendemain au réveil, mais ça, c’est une autre histoire). C’est la magie de la vie : nos attentes peuvent varier de jours en jours au gré de nos humeurs et de nos réflexions ! (Et heureusement, imaginez si on n’évoluait jamais et qu’on restait les mêmes personnes que celles qu’on était à 18 ans ? L’enfer ! À part pour le mal de tête du lendemain… enfin bref, ça c’est une autre histoire on a dit.)

    On attend donc bien trop souvent le bon moment pour commencer quelque chose : un début d’année, un début de mois, un début de semaine, un début de journée… mais je vous le demande à nouveau : qu’est-ce vraiment qu’un bon moment ? Qu’est-ce que LE bon moment ? Faut-il vraiment que ce soit associé au début de quelque chose pour que ce moment soit parfaitement décidé et… parfait ?

    La réponse n’est pas très compliquée à mes yeux malgré le fait qu’on la rende souvent bien plus obscure qu’elle ne devrait l’être : en réalité, des bons moments il n’y en a pas vraiment — ou pas complètement — et c’est à mon sens juste une manière un peu détournée de ne pas oser se lancer (mais pas dans le mauvais sens du terme hein ! Je suis pro rester-dans-sa-zone-de-confort-autant-de-temps-que-nécessaire-en-attendant-de-faire-le-grand-saut mais, ça ça fera l’objet d’une autre newsletter) et d’avoir un peu trop peur que ça ne soit pas suffisamment bien.

    Le mieux est définitivement l’ennemi du bien et si vous deviez tirer une minuscule leçon de ce tout premier épisode des Mots de la Mouette (oh wow, elle se prend pour qui ?) ce serait bien de faire ce que je dis et surtout pas ce que je fais : de vous lancer si vous en avez envie et de ne pas attendre le bon moment.

    Sinon, vous attendrez à peu près deux ans (ou plus, ou moins, c’est à votre convenance !), comme ce que j’ai attendu pour me décider à enfin paramétrer cette newsletter (alors que c’est juste une newsletter, pas non plus l’ascension de l’Everest !). Ne vous jetez pas non plus des petits cailloux : parfois l’attente est bénéfique et nous permet de murir sans nous en rendre compte un projet ou une envie que l’on a en tête. D’où cette fameuse expression qui nous fait dire que l’on va “dormir là dessus”. S’accorder une nuit de sommeil ou une plus longue période de réflexion est parfois d’une grande aide pour éviter de potentielles décisions un peu trop spontanées qui mèneraient à des regrets. On sait donc que si on attend c’est que l’on sent que ce n’est vraiment pas le bon moment pour des raisons un peu plus précises, que ces petits cailloux, au lieu de se les jeter on a besoin de les semer pour se créer son propre chemin… vers un moment particulier.

    Le bon moment, c’est celui où vous sentez que ça y est, l’envie de faire dépasse la crainte de ne pas faire assez bien.

    Alors voilà, ce matin — ce lundi 2 janvier 2023 à l’heure où j’écris — j’ai décidé que si j’attendais le bon moment pour enfin recommencer à écrire, ce bon moment n’arriverait jamais. Et finalement, une première semaine de janvier ça me semble vraiment pas si mal, pas vrai ? Mais ça aurait été tout aussi bien une autre semaine à un autre moment de l’année ! Le tout était juste que je sente que ça y est, mon moment était là, je pouvais écrire. J’espère que cette newsletter va au moins vous aider à vous lancer dans quelque chose que vous gardez dans un coin de votre tête sans oser vous y mettre.

    Pour ma part, le dernier truc que j’ai commencé (je commence rarement de nouvelles choses) c’est l’escalade ! Exactement comme cette newsletter j’y pensais depuis des mois en me disant que tout de même, grimper sur des murs ça avait l’air bien cool (alors que dit comme ça… c’est sacrément chelou) mais je n’avais jamais poussé encore la porte de la salle d’escalade où je vais (enfin, j’y suis allée une seule fois pour le moment donc ne nous emballons pas trop encore, j’aurais dû y aller avant Noël mais le Covid s’est invité à la fête dans mon appartement, super ambiance, bye bye le Réveillon). J’ai fait une heure d’essai juste avant les vacances de Noël… et j’ai adoré ! J’y retourne cette semaine (pour une histoire d’accréditation me permettant de passer un examen pour que je puisse ensuite assurer d’autres personnes, dit comme ça c’est flippant mais ça va aller) et je me pousse encore un peu à le faire et je sais que je vais devoir me forcer à y aller avant que je me sente un peu plus confortable mais je sais que c’est le bon moment. En plus, l’escalade ça va être un générateur d’analogies liées à la vie et rien que pour ça franchement j’adore. Si il y a bien un truc que j’aime dans la vie c’est mon café de 10h et les analogies. Je vous en reparlerai en tout cas !

    En tout cas ! (Comme on dit au Québec pour ponctuer un début de dernière phrase avant de mettre fin à un échange) Prenez soin de vous et on se dit à tout bientôt ? Je vous parlerai de nouveau d’escalade peut-être et de zone de confort pourquoi pas ? Ou peut-être d’autre chose, on verra !


    Je suis surexcitée en écrivant ce premier épisode et si contente aussi d’enfin m’y être mise. Comme je vous le disais, écrire me manquait beaucoup et j’aime tellement ce format que je suis absolument ravie de me lancer enfin ! J’espère que vous aimerez ces petits rendez-vous dans votre boîte mail, je ne sais pas trop encore à quelle fréquence j’écrirai mais on verra bien.

    En vous écrivant, j’ai aussi écouté…


    En ce moment, je regarde…

    Ça faisait très longtemps que je n’avais pas continué de regarder This is Us, c’est toujours assez pénible de réussir à trouver quelle saison est sur quelle plateforme alors j’avais un peu laissé tomber. Je ne savais pas bien quoi regarder dernièrement et ça y est, j’ai presque terminé la dernière saison (elle est disponible sur MyCanal, avec un VPN si comme moi vous ne vivez pas en France ça se fait très bien) ! This is Us a ce pouvoir de vous faire pleurer à chaudes larmes et je suis contente d’avoir laissé passer un peu de temps, parfois on a besoin de mettre de côté quelque chose pour pouvoir mieux l’apprécier en y revenant plus tard.

    Je vous mets ci-dessous une citation que j’avais écrite lorsque je regardais la saison 3 il y a longtemps, elle est dans l’épisode 18 et est prononcée par Kevin dans un dialogue avec Tess (aucun spoiler dans la citation, vous pouvez la lire sans aucun problème si vous n’avez pas encore vu la série et que vous souhaitez la voir !).

    « I don’t think we figure out exactly who we are all at once, I think it happens over a long period of time, just, like, piece by piece. I think we go through this like slowly but surely, just collecting these little pieces of ourselves that we can’t really live without until, you know, eventually we have enough of them to where we feel whole. » Saison 3, épisode 18

    C’est ce genre de citation un peu toute bête mais qui fait l’effet d’une grande boisson chaude réconfortante, je trouve. Je l’avais écrite parce qu’à cette période, entre 2018 et 2019, j’étais en plein bouleversement et elle m’avait particulièrement marquée alors peut-être qu’elle résonnera aussi chez vous autant qu’elle avait résonné et résonne encore chez moi.

    Côté future série à voir, j’ai pour projet d’enfin me mettre sérieusement à Fleabag, j’ai eu 30 ans le 5 décembre dernier et je pense que c’est le parfait moment pour reprendre mon visionnage de la série, on en reparlera si ça vous dit !


    La section surprise !

    Un fond d’écran par mois à télécharger et enregistrer pour votre téléphone.

    Si il y a bien un truc à savoir chez moi c’est que comme beaucoup de personnes je suis particulièrement friande de goodies. Accolez le mot “collection” à n’importe quoi et je vais me mettre à frétiller comme mon chien quand on lui prononce le mot “biscuit”. J’aime donc les goodies et j’avais envie de vous partager ça en vous préparant un fond d’écran en lien avec chaque thématique de newsletter que vous pourrez utiliser sur votre téléphone si vous en avez envie. Enregistrez juste l’image disponible ci-dessous et c’est bon (à n’utiliser que dans un cadre privé cependant et pas en guise de publication sur votre compte Instagram !) :)


    Voilà pour cette première newsletter ! Il y a plein de sujets que j’ai envie d’aborder et tous les épisodes comme je les appelle ne seront pas constitués sur le même modèle ou n’auront pas la même longueur : cela dépendra de ce que j’ai envie d’aborder, de ce que j’ai à vous partager et de cette envie surtout de ne pas m’obliger à me conformer à un modèle particulier au risque de me brider moi-même. Certaines seront courtes, d’autres plus longues… pas de règles surtout !

    J’hésitais entre Substack et Patreon car j’ai très envie de vous partager un peu de mon quotidien d’illustratrice et je ne pense pas me tromper en disant que cela pourrait vous intéresser ?Les deux sont très différents dans leur approche, si vous ne connaissez pas Patreon c’est une plateforme souvent utilisés par les créatifs pour partager leurs projets en cours tout en étant soutenus financièrement selon plusieurs paliers, en très résumé !

    J’aime particulièrement la plateforme Substack puisqu’elle peut être juste utilisée pour vous permettre de vous abonner gratuitement, ce qui est le cas actuellement, mais elle a aussi un fonctionnement permettant de soutenir financièrement les personnes que l’on suit lorsqu’on le souhaite. C’est quelque chose que je fais de mon côté et que je trouve très chouette lorsque j’en ai la possibilité. Il se peut que certains de mes posts soient protégés et accessibles uniquement aux personnes ayant un abonnement payant (si je le mets en place ce sera à tout petit prix !) mais la majorité sera accessible gratuitement, rassurez-vous ! Pour le moment ce n’est en tout cas activé et tout est donc accessible (et donc gratuit) alors pas de panique, je verrai ça plus tard et vous en parlerai en amont si je songe à réactiver cette option !

    Ici en tout cas, j’ai envie que vous y retrouviez ce qui constitue ma vie : pas les centaines de photos prises de mes animaux tous les jours (quoique…) mais plutôt ce qui meuble ma petite tête. Les milliers de réflexions qui m’empêchent de dormir la nuit, ce morceau découvert sur Spotify qui joue en boucle chaque jour jusqu’à ce que je me lasse et passe à un autre, mes projets illustrés en cours, qu’ils soient professionnels ou professionnels, un livre, un film, une série que j’ai envie de vous partager… en bref, tous ces trucs qui pourraient (peut-être ?) vous intéresser !

    J’adore ce format et j’ai envie que vous y trouviez votre compte aussi. Vous avez la possibilité de la commenter directement sur Substack dans un espace commentaires juste en dessous alors n’hésitez pas si vous avez une réflexion personnelle à apporter ou si vous avez tout simplement envie d’interagir entre vous ! Si la newsletter vous a plu vous pouvez également la partager, en bref vous pouvez la faire vivre comme vous le souhaitez ça me fera toujours très plaisir.

    Merci de m’avoir lue !

  • Offrir des tirages Atelier Rosemood

    Nos mondes ont été particulièrement bousculés ces derniers mois et si de tels bouleversements ne devraient pas nous rappeler que le temps file et que les souvenirs comptes, il a tout de même s’agit d’un rappel particulièrement intense s’étant imposé à nos yeux.  Il y a les grands souvenirs, ceux qui restent et qui sont toujours suffisamment marquants pour rester là, dans un coin de notre tête jamais loin et il y a les plus petits. Ceux qui relient les grands les uns entre les autres à la manière d’un jeux de chiffres à relier. C’est cette crêpe mangée au bord de la Manche, ce joli bout de lumière qui se couchait là tout au bout de l’Écosse dans les herbes, ce restaurant fait entre amis, cette biche aperçue à la lumière dorée d’une fin de journée, ceux qui sur le moment paraissaient être de mauvais moments mais qui après coup, quelques mois ou années plus tard se sont transformés en souvenirs rigolos dont on rit avec un peu de recul parce qu’au fond ce n’était pas si grave et si l’on s’en souvient en riant c’est qu’ils étaient finalement plutôt amusant, ces souvenirs !

    J’avais en tête ces dernières semaines de faire imprimer un livre de tous nos souvenirs récoltés et de toutes les photos que j’ai prises lors de notre dernier séjour en France, fin septembre, pour les garder quelque part sur papier tant ces quelques jours à s’y balader pour voir nos familles et nos amis ont été particulièrement ressourçants. En garder une trace physique rend à mes yeux un moment encore plus vrai, comme ces gravures que l’on croise sur les arbres ou sur les roches avec une date précise inscrite comme un rappel d’un passage fait à un moment donné. J’avais en tête un projet cette année dont je ne parlerai pas ici au cas où je le ferai finalement plus tard (quelle phrase utile !) et ce projet impliquait d’utiliser les services d’impression de chez Atelier Rosemood, sans avoir essayé leurs services moi-même, je savais de ce que j’avais pu en voir que tout était si beau que c’était forcément le bon choix. Et puis quelques mois sont passés et lorsque j’ai reçu un mail de leur part il y a quelques semaines me proposant de créer quelque chose pour les fêtes j’étais si contente que j’ai repensé à ma deuxième idée de préparer un livre de notre séjour français. Le jour J est arrivé, il est temps de vous en parler et de vous montrer toutes les merveilles que Rosemood sait faire !

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